Octobre Rose
Vanessa : « La recherche n’est pas une activité éloignée du soin »
Directrice de la recherche clinique et de l’innovation au Centre Antoine Lacassagne, Vanessa Vidal œuvre depuis plus de quinze ans pour faire progresser les traitements contre le cancer. Derrière les études, les découvertes et les protocoles, elle rappelle que la recherche est avant tout une aventure humaine et collective, au service des patientes d’aujourd’hui et de demain.
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer en quoi consiste votre rôle à la tête de la recherche clinique du Centre Antoine Lacassagne ?
Je suis directrice de la recherche clinique et de l’innovation au Centre Antoine Lacassagne, où je travaille depuis plus de quinze ans.
Mon rôle est de définir et de porter une stratégie de recherche, en lien avec les équipes médicales, paramédicales et nos partenaires scientifiques. Il s’agit de transformer les découvertes en projets concrets, d’accompagner les équipes et de veiller à la qualité et à la sécurité des recherches menées. Près de 50 professionnels y travaillent quotidiennement.
Notre ambition est de faire progresser les connaissances, mais surtout de permettre aux patients de bénéficier de ces avancées le plus rapidement possible. La recherche n’est pas une activité éloignée du soin : elle fait pleinement partie de notre mission.
Concrètement, qu’apporte aujourd’hui la recherche clinique aux femmes touchées par un cancer du sein ?
Elle permet d’évaluer de nouveaux traitements, mais aussi d’améliorer ceux dont nous disposons déjà, pour les rendre plus efficaces tout en limitant leurs effets indésirables.
Nous avons considérablement progressé dans la compréhension du cancer du sein. Nous savons notamment qu’il existe différents sous-types de cancers, qui ne répondent pas tous de la même manière aux traitements.
La recherche nous permet ainsi d’aller vers une médecine de plus en plus personnalisée, en adaptant les traitements aux caractéristiques de chaque tumeur et à la situation de chaque patiente.
Chaque essai contribue à faire avancer les connaissances. Même lorsqu’un traitement n’apporte pas les résultats espérés, ce que nous apprenons peut nous aider à développer de meilleures stratégies pour demain.
Quelles sont les avancées ou les pistes de recherche qui vous donnent aujourd’hui le plus d’espoir dans la lutte contre le cancer du sein ?
Ce qui me donne le plus d’espoir, c’est que nous progressons sur plusieurs fronts à la fois.
La médecine personnalisée constitue une avancée majeure. En comprenant mieux les caractéristiques des tumeurs, nous pouvons proposer, dans certaines situations, des traitements plus ciblés. Nous cherchons également à comprendre pourquoi certaines tumeurs deviennent résistantes à des traitements initialement efficaces.
L’immunothérapie représente une autre piste importante, notamment pour certains cancers du sein triple négatifs. Les résultats sont encourageants, même si toutes les patientes n’y répondent pas.
Enfin, nous travaillons aussi à réduire les effets indésirables et les séquelles à long terme. Guérir est essentiel, mais préserver la qualité de vie et permettre aux femmes de retrouver une vie personnelle et professionnelle satisfaisante l’est tout autant.
Derrière les études et les protocoles, il y a aussi des patientes, des familles et des équipes mobilisées. Qu’est-ce qui vous touche ou vous motive le plus dans cette dimension humaine de la recherche ?
Ce qui me touche, c’est de voir comment une démarche scientifique prend tout son sens lorsqu’on la replace dans la vie des patientes.
Derrière chaque protocole, il y a une femme, une histoire, une famille, des projets et souvent beaucoup d’incertitudes. Nous ne devons jamais le perdre de vue.
Je suis également très attachée à la force du collectif. La recherche mobilise des médecins, des infirmières, des pharmaciens, des biologistes, des statisticiens et de nombreux autres professionnels. Chacun apporte une compétence indispensable.
Et puis, il y a la confiance des patientes qui acceptent de participer aux recherches. Leur engagement contribue à faire progresser les connaissances pour les femmes qui seront confrontées à la maladie demain.
C’est ce qui me motive profondément : conjuguer la rigueur scientifique et l’utilité humaine. Nous ne pouvons pas promettre que chaque recherche aboutira, mais nous pouvons nous engager à poursuivre nos efforts avec la plus grande exigence.
Demain, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs avant Nice–Rennes. Que représente pour vous cette mobilisation de l’OGC Nice et quel message aimeriez-vous adresser au public ?
C’est un moment particulièrement fort, parce qu’il permet de faire sortir la recherche des murs du Centre Antoine Lacassagne et de porter notre message auprès d’un public très large.
Je remercie chaleureusement l’OGC Nice pour cette mobilisation. Le sport et la recherche partagent des valeurs essentielles : l’engagement collectif, la persévérance, la solidarité et la volonté d’avancer ensemble.
Pour continuer à progresser contre le cancer du sein, nous avons besoin de moyens et de soutien. Et chacun peut contribuer à cet effort, par son engagement ou simplement en relayant l’importance de la recherche autour de lui.
Soutenir la recherche, c’est agir concrètement pour les patientes d’aujourd’hui et celles de demain.
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