Octobre Rose

Coralie : « Ce métier est bien plus qu’un travail pour moi »

À 29 ans, Coralie Infante est secrétaire médicale en chirurgie sénologique depuis six ans. Au contact des femmes prises en charge pour un cancer du sein, elle raconte un quotidien fait d’organisation, d’écoute et de rencontres. Une expérience qui a aussi changé son regard sur la vie, sur la santé et sur les moments partagés avec sa fille.

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre rôle dans le parcours des femmes prises en charge pour un cancer du sein ?

Je suis secrétaire médicale en chirurgie sénologique depuis six ans. J’organise et je programme les parcours chirurgicaux des patientes après l’annonce de leur cancer du sein.

C’est un poste qui demande beaucoup de rigueur, mais qui comporte aussi une dimension humaine importante. Je suis au contact des patientes à un moment où leurs repères sont bouleversés et où les inquiétudes sont nombreuses.

Derrière chaque dossier, chaque rendez-vous et chaque intervention, il y a une femme, une histoire et des émotions. Il faut en tenir compte, tout en assurant l’organisation de sa prise en charge.

Lorsque les patientes vous contactent, quelles questions ou inquiétudes vous confient-elles, et comment essayez-vous d’y répondre ?

Elles ont souvent besoin de comprendre ce qui va se passer, quelles seront les prochaines étapes et comment leur parcours va s’organiser. Derrière une question pratique ou une demande de rendez-vous, il peut y avoir beaucoup d’angoisse.

Mon rôle est de leur apporter des réponses claires sur l’organisation et de les orienter vers le bon interlocuteur lorsque leurs questions sont médicales.

Nous ne pouvons pas faire disparaître leurs inquiétudes, mais prendre le temps d’écouter, expliquer calmement les choses ou avoir une attention particulière peut rendre cette étape un peu moins difficile.

Au-delà de l’organisation des rendez-vous, comment se construit votre relation avec les patientes et leurs proches au fil du parcours ?

Au fil du temps, des liens se créent. Il y a des échanges, des sourires, parfois des rires, mais aussi des moments difficiles et des larmes. Chaque patiente nous marque à sa manière.

Ce contexte, malgré la lourdeur de la maladie, réserve aussi de belles surprises. Je pense notamment à la solidarité entre collègues, à l’entraide et aux moments de partage avec les patientes. Ce ne sont pas forcément des choses auxquelles on s’attend en arrivant dans ce milieu.

Il faut garder la juste distance et rester à sa place de professionnelle, mais cela n’empêche pas d’être profondément humaine. C’est cette richesse qui fait que ce métier est bien plus qu’un travail pour moi.

Y a-t-il un échange, une rencontre ou une attention qui vous a particulièrement marquée et qui raconte ce que ce métier représente pour vous ?

Ce n’est pas une rencontre en particulier, mais plutôt tous ces petits moments qui finissent par prendre une grande place : les rires partagés, les mots gentils, les remerciements, les liens qui se créent.

Je n’ai pas eu de proche touché par le cancer et j’ai conscience de cette chance. Pourtant, côtoyer la maladie chaque jour m’a appris à regarder les choses autrement : la valeur de la santé, du temps passé avec ceux qu’on aime, l’importance de prendre soin des autres, mais aussi de soi-même.

Je suis maman d’une petite fille de huit ans. Cela résonne forcément dans ma vie personnelle et me rappelle combien ces moments ensemble sont précieux. Ces six années m’ont fait grandir, bien au-delà de mon expérience professionnelle.

Dans quelques jours, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs avant Nice–Rennes. Que représentera pour vous cette mobilisation du Club, et à qui penserez-vous en entrant sur le terrain ?

C’est une très belle surprise et une grande fierté. Je trouve formidable que l’OGC Nice mette sa visibilité au service de cette cause. Cela permet de sensibiliser le public et de rappeler aux femmes qu’elles ne sont pas seules.

En entrant sur la pelouse, je penserai aux patientes que j’accompagne, à celles qui traversent actuellement la maladie et à celles qui l’ont traversée. Je penserai aussi à mes collègues et à toutes les équipes qui s’investissent chaque jour à leurs côtés.

Et puis, je penserai certainement à ma fille. Je serai fière de lui montrer que le métier de sa maman a du sens et que la solidarité, l’écoute et l’entraide sont des valeurs essentielles.

C’est aussi le message que j’aimerais porter : même dans les moments difficiles, il reste une place pour l’humanité, le partage et l’espoir.
 

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