Octobre Rose

Julie : « Nous sommes tous concernés »

Infirmière depuis vingt ans, elle participe aux projets de prévention du Centre Antoine Lacassagne. Dans les lycées, les entreprises ou lors d’événements, elle va à la rencontre du public pour informer et répondre aux inquiétudes. À l’occasion d’Octobre Rose, elle rappelle l’importance du dépistage et la nécessité de le rendre accessible à toutes.*

Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer en quoi consiste votre rôle d’infirmière en  prévention ?

Je suis infirmière depuis vingt ans et je participe aujourd’hui à plusieurs projets de prévention au Centre Antoine Lacassagne.

J’interviens régulièrement dans les lycées, les entreprises ou lors d’événements pour sensibiliser à la prévention des cancers. Ces rencontres permettent d’échanger, de répondre aux questions et de donner des repères. L’objectif est que chacun puisse mieux comprendre ce qu’il peut faire pour sa santé, sans attendre d’être confronté à la maladie.

Quand vous allez à la rencontre des femmes, quelles questions ou inquiétudes reviennent le plus souvent autour du cancer du sein et du dépistage ?

La question de l’hérédité revient souvent. Avoir des cancers dans sa famille suscite beaucoup d’inquiétudes. Certaines femmes redoutent aussi la mammographie et s’interrogent sur les risques liés aux rayons utilisés.

D’autres se demandent si l’autopalpation suffit, à quel âge commencer à se faire suivre ou quels examens réaliser. Ces échanges montrent qu’il y a un vrai besoin d’explications et de repères adaptés à chaque situation.

Quels sont les réflexes essentiels à connaître en matière de prévention et de dépistage ?

Dès 25 ans, il est recommandé de faire examiner ses seins chaque année par un professionnel de santé : son médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.

Entre 50 et 74 ans, le dépistage organisé prévoit une mammographie tous les deux ans pour les femmes sans symptôme et sans risque élevé nécessitant une surveillance particulière. L’un de ses intérêts est la seconde lecture des clichés jugés normaux, par un autre radiologue. En cas d’antécédents personnels ou familiaux, une surveillance différente peut être nécessaire. Après 74 ans, la poursuite du dépistage se discute individuellement avec son médecin.

Il est aussi important de connaître son corps et de consulter lorsqu’on remarque un changement, sans attendre le prochain rendez-vous prévu. L’autopalpation ne remplace ni l’examen réalisé par un professionnel ni la mammographie lorsqu’elle est indiquée.

Enfin, la prévention passe par plusieurs habitudes : ne pas fumer, limiter l’alcool, pratiquer une activité physique régulière et avoir une alimentation équilibrée. Ces comportements peuvent réduire les risques de cancer, sans les faire disparaître complètement.

Comment toucher les femmes qui se sentent peu concernées, repoussent leurs examens ou rencontrent des difficultés d’accès au dépistage ?

Il faut aller à leur rencontre. Les actions de prévention permettent d’ouvrir la discussion, de répondre aux questions et de donner une place à ces sujets avant même que la maladie ne survienne.

Mais informer ne suffit pas toujours : il faut aussi faciliter concrètement l’accès aux examens. C’est notamment le principe du Mammobile, un camion équipé pour réaliser des mammographies, qui rapproche le dépistage des femmes vivant dans des territoires éloignés des centres de radiologie, notamment dans les vallées des Alpes-Maritimes.

La prévention doit pouvoir trouver sa place dans le quotidien, quel que soit l’endroit où l’on habite.

Le 31 octobre, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs avant Nice–Rennes. Quel message aimeriez-vous faire passer à cette occasion ?

Le cancer du sein touche environ une femme sur huit au cours de sa vie. Mais ses répercussions concernent aussi tout un entourage, une famille. Plus il est détecté tôt, meilleures sont généralement les chances de guérison.

La mobilisation de l’OGC Nice est une occasion de porter ce message auprès des femmes, mais aussi de leurs conjoints, de leurs enfants et de leurs proches. Chacun peut apporter son soutien, être à l’écoute ou encourager une consultation.

C’est ce que j’aimerais rappeler sur cette pelouse : nous sommes tous concernés.

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