Hommage aux victimes du 14 juillet 2016
« Laurence était une vraie niçoise amoureuse de sa ville »
Ce vendredi, à l’occasion de la réception de Rennes, l’OGC Nice rendra hommage à la Laurence Rasteu, disparue lors de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais. Avant la venue de sa famille au bord du terrain, son frère, Guillaume, nous livre un témoignage poignant sur sa grande sœur.
« Comment pourrait-on parler de Laurence ?
C’était ma grande sœur. Elle est décédée il y a 10 ans à l’âge de 46 ans. Aujourd’hui, j’en ai 51… mais ça restera toujours ma grande sœur, même si j’ai passé son âge, ce qui me fait très bizarre. Avec le compagnon qu’elle a eu pendant très longtemps, elle avait passé quelques années au Sri Lanka et au Cameroun, puis elle était revenue à Nice. Elle habitait dans la rue de mes parents. Avant qu’Instagram n’explose, elle s’exprimait par le biais de Facebook, où elle tenait une page et où elle prenait des photos candides, sur l’instant, de Nice. C’était une vraie niçoise amoureuse de sa ville.
Depuis une décennie, il ne s’est rien passé de plus. Si ce n’est que ma mère est décédée il y a 3 ans, emportée par le chagrin. Aucun parent ne devrait voir son enfant partir avant lui. Mon papa est parti il y a 4 mois. J’étais à ses côtés. Juste avant qu’il perde conscience et que les médicaments pour lui faciliter la douleur ne l’emportent dans son sommeil, ses derniers mots ont été pour sa fille. Depuis 10 ans, ça a rongé mes parents. C’est tellement lourd à porter.
Le fait que l’on continue à parler de toutes ses personnes qui sont disparues, c’est une très bonne chose. Je me suis rendu à Nice pour l’hommage du 14 juillet. C’était l’occasion de voir qu’enfin la France prenait la mesure du drame qui a touché notre ville, le pays, la nation. J’ai l’impression qu’on a énormément parlé de tout ce qui s’est passé à Paris et que les évènements de Nice ont été mis de côté jusqu’à récemment. Dix ans après, on prend aussi conscience de l’impact national et international de l’atteinte au symbole du 14 juillet. Au-delà des drames humains, on s’est fait voler une fête. Le fait que perdure la mémoire des disparus, que l’OGC Nice et que ses supporters le fassent, c’est très important.
Ça fait très longtemps que je ne suis pas allé au stade. Mais le soutien populaire reste ancré et va perdurer. Merci à tous. La 86ème minute sera quelque chose dont tout le monde se rappellera à vie. La minute du souvenir. »
UNE ŒUVRE COMMÉMORATIVE EN MÉMOIRE DES DISPARUS
Tout au long de la saison, l’OGC Nice rend hommage à chacun des disparus qui forment le Cœur des Victimes, selon le souhait exprimé par leur famille.
À l’occasion d’une rencontre à l’Allianz Riviera, une séquence particulière leur est consacrée avant le coup d’envoi. Pour accompagner cet hommage porté par le peuple niçois, leur famille reçoit au bord de la pelouse le maillot third, imaginé en mémoire de nos anges, ainsi qu’une œuvre commémorative, façonnée par l’atelier Pignataro.