Octobre Rose

Danielle : « La vie continue après un cancer »

Il y a sept ans, la fille de Danielle, alors âgée de 36 ans et mère de deux jeunes garçons, lui annonce qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Passé le choc, Danielle entre immédiatement en action : soutenir sa fille, préserver l’équilibre familial et être présente auprès de ses petits-fils. Une épreuve qui a profondément changé son rapport à la vie, à la famille et à la prévention.

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter ce qui vous relie personnellement à Octobre Rose et à la lutte contre le cancer du sein ?

Il y a sept ans, nous étions réunis à la campagne pour un week-end en famille lorsque notre fille, âgée de 36 ans et maman de deux garçons de 4 et 7 ans, nous a annoncé qu’elle était atteinte d’un cancer du sein.
Elle nous a dit très simplement : « Les parents, dans les prochains mois, je vais vraiment avoir besoin de vous, encore plus que d’habitude. »
Le tableau était posé. Il fallait désormais agir. Avec son mari, son frère, ses parents et ses amies, nous nous sommes immédiatement mobilisés autour d’elle. L’objectif était clair : l’aider à traverser cette épreuve tout en préservant au maximum l’équilibre de sa famille.

Comment avez-vous vécu cette période en tant que maman, et qu’est-ce qui vous a aidée à faire face et à vous mobiliser aux côtés de votre fille ?

Il y a d’abord eu le choc, la peur, l’incompréhension et même la colère. Je me souviens m’être dit que l’ordre naturel des choses n’était pas respecté : c’est moi qui aurais dû être malade, pas ma fille.
Puis très vite, il a fallu passer à l’action.
Deux mois de vacances scolaires commençaient et ma fille, qui était chef d’entreprise, souhaitait continuer à travailler malgré les traitements et leur fatigue.
Sa volonté, son courage, sa détermination et sa force mentale ont été des moteurs essentiels pour nous tous. Elle voulait que nous continuions à vivre le plus normalement possible. Alors nous avons respecté son choix : agir, l’aider et rester positifs.

Au quotidien, comment avez-vous accompagné votre fille ? Qu’aviez-vous particulièrement à cœur de lui apporter ?

J’étais déjà très proche de mes petits-fils. Je me suis donc naturellement encore davantage occupée d’eux, pendant les vacances puis à la rentrée, pour que ma fille puisse se concentrer sur elle et sur ses traitements.
J’essayais aussi de la décharger de tout ce qu’elle souhaitait me confier et de l’accompagner dans les moments les plus difficiles.
Je me souviens notamment du jour où elle a dû aller chercher sa perruque. Cela a été très douloureux pour nous tous, et particulièrement pour son plus jeune fils, qui refusait l’idée que sa maman puisse perdre ses cheveux.
Dans ces moments-là, mon rôle était simplement d’être là, de prendre le relais quand il le fallait et de lui permettre de consacrer son énergie à l’essentiel.

Aujourd’hui, qu’est-ce que cette expérience a changé dans votre manière de vivre, dans votre relation avec votre fille et dans les moments que vous partagez avec vos petits-enfants ?

Le cancer est malheureusement une maladie que je connaissais déjà : mes deux parents en sont décédés. Mais lorsqu’il touche son propre enfant, on prend encore davantage conscience de la valeur immense de la santé.
Cette épreuve m’a aussi rappelé combien la prévention et le dépistage sont importants. À mon niveau, j’essaie régulièrement d’en parler autour de moi, à mes amies et à mes connaissances, pour elles-mêmes mais aussi pour leurs filles.
J’ai également essayé de changer mes priorités et de donner davantage de valeur à chaque instant. Certaines relations se sont renforcées, d’autres se sont éloignées.
Et surtout, depuis la maladie, j’ai multiplié les voyages avec ma fille et mes petits-fils. Ce sont des moments de pur bonheur.
Je l’ai aussi soutenue lorsqu’elle a décidé de participer au Rallye Aïcha des Gazelles. C’était un nouveau défi, parmi beaucoup d’autres qu’elle a relevés.
La vie continue après un cancer. Et parfois, on la vit encore plus intensément.

Le 31 octobre, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera aux côtés des joueurs avant Nice–Rennes. Que représentera ce moment pour vous ?

Mon mari et mon fils sont des supporters de toujours de l’OGC Nice, et je les ai moi-même accompagnés au stade du Ray puis à l’Allianz Riviera.
Je suis aussi très fière de voir l’OGC Nice se mobiliser pour cette cause et utiliser sa visibilité pour sensibiliser un public aussi large.
Être sur cette pelouse, dans ma ville, pour cette cause et aux côtés de ma fille sera forcément un moment très fort et très émouvant. D’autant plus que mes petits-fils, mon mari et mon gendre seront dans les tribunes.
J’aimerais surtout dire aux familles qui traversent aujourd’hui cette épreuve de faire confiance aux équipes qui les accompagnent, de préserver autant que possible leur énergie et de rester soudées.
La médecine progresse, les équipes du Centre Antoine Lacassagne sont là, et il faut essayer, autant que possible, de continuer à vivre.
Gardez votre énergie pour les choses essentielles.

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