Octobre Rose
Océane : « Il ne faut pas attendre d’être touchée pour s’engager »
À 25 ans, Océane Mazzega est responsable de la communication et de l'événementiel dans le domaine de la santé des femmes et récemment devenue bénévole de l'association Rose Azur. Sans avoir été personnellement confrontée au cancer du sein, elle défend une conviction profonde : l'engagement ne devrait jamais dépendre de notre propre histoire. À travers son métier, ses rencontres et les actions qu'elle accompagne, elle souhaite contribuer à faire de la prévention un réflexe naturel, notamment auprès des jeunes générations.
Pouvez-vous vous présenter et nous raconter ce qui vous a conduite à vous engager dans la lutte contre le cancer du sein ?
Je m'appelle Océane, j'ai 25 ans et je suis depuis deux ans responsable de la communication et de l’événementiel dans le domaine de la santé des femmes. Depuis peu, je suis également bénévole junior au sein de l'association Rose Azur. Ce qui m'a conduite à m'engager, c'est avant tout l'envie de donner du sens à mon métier, mais aussi une conviction profonde : il ne faut pas attendre d'être personnellement touchée par une maladie pour s'engager dans la lutte contre celle-ci.
Je n'ai jamais été confrontée au cancer du sein, ni personnellement ni dans ma famille. Et pourtant, ce combat me tient énormément à cœur. Parce qu'il nous concerne toutes, quel que soit notre âge, notre histoire ou notre parcours.
Je pense aussi que nous avons la chance d'appartenir à une génération qui ne s'engage pas uniquement pour les causes qui la touchent directement. Et c'est une immense force.
À 25 ans, j'ai conscience de pouvoir toucher ma génération, et même les plus jeunes. Me dire que les jeunes filles que nous sensibilisons aujourd'hui seront les femmes de demain. Que dans dix, vingt ou trente ans, elles connaîtront les bons réflexes, sauront à qui s'adresser et n'auront pas peur de parler de leur santé.
Il n'y a pas d'âge pour s'informer, pas d'âge pour sensibiliser et surtout, pas besoin d'être concernée pour s'engager.
Vous avez récemment rejoint Rose Azur. Qu'avez-vous envie d'y apporter ?
Je suis encore une toute jeune bénévole au sein de Rose Azur, alors je n'aurais pas la prétention de dire que j'y mène déjà de grandes actions !
Mon rôle est avant tout de communiquer : mettre en lumière les actions menées, réaliser des vidéos de sensibilisation et de prévention, valoriser les engagements et les personnes qui font vivre l'association.
Les actions, ce sont elles qui les portent. Mon rôle, c'est de faire en sorte qu'elles résonnent le plus loin possible.
J'aimerais que Rose Azur soit de plus en plus connue et reconnue, que les femmes aient naturellement le réflexe de se tourner vers cette association, que ce soit pour s'informer, trouver du soutien, participer à un événement ou simplement faire un don.
Et puis, cet engagement m'apporte aussi énormément. Les femmes que j'y rencontre m'apprennent beaucoup sur la résilience, le courage et la solidarité. À 25 ans, ce sont des rencontres et des valeurs qui me construisent.
Y a-t-il un moment ou une rencontre qui vous a particulièrement marquée ?
Dans mon métier, je suis finalement assez peu en contact direct avec les patientes. Je travaille souvent depuis mon bureau, derrière une caméra ou un écran, pour concevoir des actions qui toucheront, je l'espère, bien au-delà des murs de notre centre.
C'est lors des événements organisés que j'ai véritablement l'occasion de rencontrer ces femmes.
Et si je devais retenir quelque chose, ce ne serait pas une rencontre en particulier, mais plutôt des moments de vie. Ces instants où, pendant une soirée, je prends un peu de recul et je les regarde simplement. Je vois une femme rire avec son médecin, une autre raconter son expérience à une patiente qui débute son parcours de soins, ou encore une femme venue avec son mari, peut-être intimidée au départ, mais qui commence doucement à échanger avec les autres.
Et je me dis qu'elles sont là, ensemble, unies.
Ce sont des femmes souriantes, pétillantes, pleines d'énergie. Bien sûr, ces instants ne reflètent pas toute la réalité de leur quotidien et je sais combien la maladie peut être difficile. Mais ce qui me marque profondément, c'est cette solidarité qui se crée presque naturellement. Cette communauté de femmes tellement forte qu'on pourrait presque l'envier, et dans laquelle j'ai toujours été accueillie avec beaucoup de bienveillance.
Je crois que c'est finalement la plus belle chose que ces rencontres puissent apporter : rappeler à chacune qu'elle n'est pas seule et qu'il suffit parfois de rencontrer les bonnes personnes, au moment où l'on en a le plus besoin.
En tant que professionnelle de la communication, comment sensibiliser les personnes qui ne se sentent pas directement concernées ?
Je crois que c'est la question qui résume le mieux mon engagement.
Quand on étudie la communication, on apprend à promouvoir une marque, à lancer un produit ou à mettre en valeur un événement. Mais on nous apprend beaucoup moins à parler de maladie, de prévention ou de dépistage. Et pourtant, ce sont des sujets pour lesquels la communication peut avoir un impact immense.
À l'ère des réseaux sociaux, les informations circulent très vite, qu'elles soient vraies ou fausses. Et lorsqu'on parle de santé, nous avons une responsabilité particulière : transmettre une information fiable, accessible, sans tabou ni jugement.
À 25 ans, je suis un peu une enfant des réseaux sociaux. Alors j'ai voulu en faire une force.
Et ce que j’ai compris au fil du temps, c'est que les femmes attendent avant tout une chose : être informées.
Mais sensibiliser les personnes qui se sentent déjà concernées, c'est finalement la partie la plus simple. Le véritable défi, c'est de toucher celles qui ne le sont pas encore.
Comment intéresser quelqu'un à un combat qu'il pense éloigné de lui ?
Je crois profondément à la capacité de notre génération à s'engager pour des causes qui dépassent notre propre histoire. Et je crois aussi au pouvoir des réseaux sociaux pour transmettre cette information d'une génération à l'autre.
Parce qu'une femme qui ne se sent pas concernée aujourd'hui pourra l'être demain. Et même jeune, il est important de connaître son corps, de savoir quels signes doivent alerter et de comprendre le dépistage lorsqu'il devient indiqué.
Au fond, informer les femmes, c'est aussi leur donner le pouvoir de comprendre, de choisir et d'agir pour leur propre santé. Et ce pouvoir, elles le méritent toutes.
Le 31 octobre, vous ferez partie des 22 femmes qui entreront sur la pelouse de l'Allianz Riviera avec les joueurs de Nice et de Rennes. Que représentera ce moment pour vous ?
Quelle fierté ! À 25 ans, avoir la chance de vivre un moment aussi fort.
Le 31 octobre, j'entrerai sur cette pelouse avec une promesse.
Une promesse faite à toutes les femmes qui se battent aujourd'hui contre le cancer du sein, à toutes celles qui l'ont traversé et à toutes celles qui nous ont montré ce que signifient le courage et la résilience.
La promesse de continuer à informer les femmes de ma génération, les plus jeunes et toutes celles qui, aujourd'hui encore, pensent que cette maladie ne les concerne pas.
Je trouve aussi très beau que l'OGC Nice donne une telle visibilité à cette cause et permette à 22 femmes aux histoires différentes de porter ensemble ce message devant des milliers de supporters.
J'aimerais qu'ils retiennent que la lutte contre le cancer du sein n'est pas uniquement le combat des femmes malades. C'est un combat qui nous concerne tous. Et chacun peut y contribuer, ne serait-ce qu'en parlant de prévention autour de soi !
Soutenez la mobilisation du Gym en participant à la tombola