Conférence de presse
Puel : « Une grosse fierté »
Claude Puel s’est exprimé en conférence de presse après le maintien du Gym, validé par la victoire face à Saint-Étienne en barrage retour à l’Allianz Riviera (4-1).
C’est un gros soulagement ce soir ?
C’est une grosse fierté par rapport à ce qu’ont pu réaliser les joueurs dans cette configuration, dans ces scénarios souvent contraires. Et puis, jusqu’au bout, devoir prolonger la saison et jouer son maintien sur un dernier match, c’est quelque chose de dingue. Voir mes joueurs comme ça, autant unis, et encore une fois dans un scénario qui a été contraire puisqu’on a ouvert la marque, on a perdu deux joueurs sur blessure qu’on a dû changer à la mi-temps, un penalty encore, comme d’autres penalties qu’on a concédés cette saison, et contre le cours du jeu, et puis les voir réagir de cette manière et faire la différence avec une superbe deuxième mi-temps, c’est magnifique. Dans ces conditions, il y a beaucoup d’émotions pour tout le monde. Je voudrais remercier mes joueurs, mon staff, qui ont été hyper solides. On a été beaucoup critiqués à l’extérieur, mais pour vivre une telle saison et ces six mois avec eux, et tous ces vents contraires, c’est hyper costaud ce qu’ils ont réalisé sous pression. On est heureux pour nos supporters, on est heureux pour les salariés et au sein du club, c’est extraordinaire l’unité qu’il y a eu. Personne ne s’est échappé, et ça c’est quelque chose de magnifique. Et quand il y a un scénario comme ça, hyper difficile, une saison complètement dingue qui se finit de telle manière, je pense que ça marque, et ça va beaucoup marquer le staff, les joueurs, le club, les supporters aussi qui ont souffert. Mais je pense qu’il y a beaucoup de joueurs qui vont grandir.
Elye Wahi a été un facteur important ce soir et dans cette deuxième partie de saison…
Elye a été décisif, ça a été notre monsieur plus, encore ce soir. Dès qu’on n’a pas eu Elye, on a vu son absence. À l’aller, on fait un 0-0 sans se procurer d’occasion, je pense qu’Elye était indispensable, il était notre dénominateur commun. Je suis très heureux pour lui parce qu’il recherchait un challenge pour se relancer. Il nous a choisis, on lui a rendu, mais il nous l’a rendu au triple. Et puis le voir maintenant disputer une Coupe du Monde derrière, c’est magnifique pour lui. Je suis très heureux pour lui.

On parlait avec votre capitaine Dante il y a quelques minutes, il nous disait que le match de ce soir faisait partie du top 5 de ses émotions de footballeur. Vous le classez où ce match ce soir ?
Je ne sais pas où le classer, j’ai vécu pas mal de choses, mais je n’étais jamais allé aussi loin avec un club, déjà dans une saison à devoir jouer des barrages. C’est la première fois, et puis devoir affronter autant d’adversité… J’en ai eu dans mes différents clubs, mais là, ça a été costaud, c’était un truc de dingue. Et encore une fois, d’en sortir la tête haute, de sortir de tout ce qui pouvait nous tomber dessus et de tous ces vents contraires, il y a une grande émotion qui est partagée.
Comment avez-vous vécu ce match à huis clos ?
C’était particulier. On savait qu’il fallait prendre la place, d’ailleurs en début de match c’est ce qui avait été dit, parce que tout le banc stéphanois n’arrêtait pas de crier et d’être très présent. Ensuite, au fil de la rencontre, on les a de moins en moins entendus. C’est vrai que c’est très particulier, mais quand on voit le scénario, les buts, la deuxième mi-temps, la qualité qu’on a pu mettre, le fait de ne pas avoir les supporters et de ne pas leur faire vivre ces moments-là avec nous, c’est dommage. Quand il y a un tel spectacle, c’est fait pour être partagé avec les supporters.
Elye Wahi, après la rencontre, a dit : « J’espère que le coach sera conservé l’an prochain ». Est-ce que vous en avez l’envie ?
Sur cette question, je n’ai pas de réponse, parce que quand on est dans l’adversité jusqu’au bout, avec un maintien à aller chercher, on a une tâche et on s’y consacre. On ne se disperse pas, on ne pense pas à l’après. Là, vraiment, je n’ai pas pensé à l’après, je ne sais pas du tout ce que je ferai, j’en sais rien. Là, c’est juste la satisfaction d’être allé au bout du bout et que ça se termine de la meilleure des façons. Je suis très fier encore une fois des joueurs, de mon staff, des dirigeants, de mes deux présidents qui ont été hyper solides, des salariés et des supporters aussi qui nous ont laissé travailler sur cette confrontation après le match de Coupe de France. Ils ne sont pas intervenus et ils en ont été récompensés également. Tout le monde a été à l’unisson pour obtenir ce maintien. Je pense que les joueurs ont donné la meilleure version d’eux-mêmes ce soir en termes de mentalité, de caractère et de qualité. C’est extraordinaire. Vivre une saison comme celle-là, ce n’est pas une saison dans le ventre mou où l’on assure tranquillement un maintien. Quand on vit une saison comme ça, c’est difficile, mais c’est extraordinaire. Je pense que tous les joueurs ont grandi et ont pris de l’expérience, même Dante à 42 ans. Bravo à tous. Dans quelques années, on retiendra qu’on a fait une finale de Coupe de France et qu’on n’est pas passés loin de faire beaucoup plus contre cette équipe de Lens, où on a fait jeu égal, et qu’on est toujours en première division. C’est ça qu’on retiendra. On ne retiendra pas la saison difficile qu’il y a eu ni la souffrance que tout le monde a pu partager.
Pour finir sur une note un peu anecdotique, comment vous vous êtes retrouvé au sol pour célébrer après le but de Boudache ?
Quand je me retrouve par terre… Déjà j’ai du mal à démarrer maintenant, et je n’avais pas les crampons (rires). Et puis après, Sofiane m’est rentré dedans, il y a eu plusieurs péripéties. Je n’ai pas l’habitude de courir après un but, moi ça m’arrive peu souvent. Mais c’est à la hauteur de tout ce qu’on peut ressentir : de la frustration, des problèmes qu’il faut résoudre au quotidien. Tous les joueurs qui s’entraînent super bien, qui font de bons matchs, et puis d’un seul coup le scénario qui tourne à l’envers… ils prennent un coup de bambou, il faut les remonter à chaque fois et les réinscrire dans la performance. C’est un truc de dingue, avec mon staff qui a œuvré, qui a été uni, et les joueurs qui n’ont pas lâché. Je pense qu’il y a beaucoup d’équipes qui auraient explosé avec tout ce qu’ils ont connu pendant un an. Moi, six mois, c’était déjà pas mal, mais eux sur la saison entière… Les voir comme ça, toujours présents à l’entraînement, bien travailler malgré un environnement parfois difficile au vu des résultats, c’est énorme. Je suis très fier, très fier d’eux et de tous ceux qui ont participé à ce maintien et à cette saison.
Avez-vous la sensation d’avoir fait un coaching gagnant ? Diop est entré et a été plutôt en vue, et Boudache a marqué, c’est une satisfaction ?
Les éléments nous ont un petit peu souri aussi. Ils avaient vocation à rentrer en cours de route, notamment Sofiane, parce qu’il avait été utilisé les deux matchs précédents, donc il fallait essayer de répartir un peu les temps de jeu. Mais encore une fois, on a un scénario où on n’est pas extraordinaire, notamment dans l’entame, cette première mi-temps. Il faut changer deux joueurs sur blessure, qui ont pris deux taquets. Il n’y avait rien, paraît-il, mais ils avaient les traces et les points de suture aussi. Il me paraissait évident de les remplacer par Kaïl et Sofiane. Tom Louchet a reculé d’un cran. Il a eu un peu de mal au début, puis il s’est lancé, que ce soit en fin de première période ou sur toute la deuxième mi-temps, il a été extraordinaire, avec beaucoup d’envie et de détermination. Vraiment, les joueurs étaient à l’unisson. On a recadré certaines choses dans le jeu pour être mieux et pouvoir contourner cette équipe. On a fait une super deuxième mi-temps. Et pour une fois, ça nous a souri, mais quand je dis ça nous a souri, on l’a aussi provoqué. On est allé chercher les choses, on s’est lâchés, et c’était le maître mot par rapport à notre première séquence à Saint-Étienne où on était restés dans nos petits souliers. C’est facile à dire de se lâcher, mais il faut le faire, il faut entreprendre, et c’est ce qu’ils ont fait.
Vous êtes passé sur le banc de Saint-Étienne, vous connaissez ce club, est-ce que ça vous touche de voir ce club rester en deuxième division ?
C’est une bonne question, ça me permet de dire un mot sur Saint-Étienne qui a des supporters extraordinaires et j’espère qu’ils retrouveront très vite leur place, qui doit être en Ligue 1. Quand on joue des barrages comme ça, bien sûr, il y a une équipe qui est très heureuse et une autre qui est très triste. Ça fait mal, bien sûr que je compatis. Je connais certains joueurs que j’ai lancés comme Nadé ou Moueffek. Je connais bien aussi Philippe Montanier. Ils ont une belle équipe et j’espère que dès l’année prochaine ils pourront remettre le couvert et retrouver là où ils doivent être, et qu’ils puissent monter directement.
