Strasbourg 3-1 Nice

Puel : « On ne doit pas l'accepter »

Voici la réaction de Claude Puel après la défaite subie par le Gym sur la pelouse de Strasbourg ce samedi lors de la 28e journée de Ligue 1 (3-1).

Coach, la première mi-temps est d'autant plus catastrophique que c'est votre équipe qui a eu les premières occasions pour ouvrir le score...
C'est un bon résumé. Je dirais qu'on a fait 15-20 minutes qui étaient prometteuses, avec un bon positionnement, de la qualité. On s'est procuré des situations où l'on doit être plus méchants pour convertir. On se prend un premier but, presque une chandelle, qu'on négocie mal. Derrière, on n'a pas eu le répondant, que ce soit mental, tactique, physique. Cette équipe nous a bougé dans les duels, dans son expression et surtout dans l'impact. Ce sont des choses qu'on ne doit pas accepter. Il sera bien sûr important de mettre les choses à plat et de bien préparer les six derniers matchs en montrant un tout autre aspect de notre personnalité, avec beaucoup plus de caractère dans les moments comme celui-là.

Trouvez-vous que votre équipe joue et défend comme une équipe qui lutte pour son maintien ?
Autant, il y a pas mal de nos matchs que j'ai trouvé intéressants, autant celui-là... On ne peut pas accepter de montrer un tel visage. C'est presque incompréhensible de faire une telle prestation, notamment sur des aspects physiques, dans l'effort et le contre-effort... Ce sont des choses qu'on ne peut pas accepter. Cette équipe a semblé bien au-dessus de nous, pas simplement techniquement mais aussi sur l'aspect physique. On ne doit pas l'accepter. On est tous responsables, on est dans un même vestiaire. Moi le premier, je me dois de trouver les arguments pour les voir se mobiliser et exprimer leurs qualités, pas seulement techniques, mais surtout leur caractère et leurs vertus pour défendre le club et faire plaisir à nos supporters qui se sont encore déplacés nombreux. On est très déçus pour eux, on leur doit autre chose dans notre rendu.

Vous avez commencé le match sans Dante et avec une défense à quatre. Quelle était votre réflexion avec ce système ?
La majorité de nos défenseurs étaient absents (pendant la trêve) pour des joutes internationales et on avait montré des choses intéressantes dans une défense à quatre à l'entraînement. Quand on joue dans une défense à trois qui devient vite une défense à cinq, on perd un élément au milieu ou devant, surtout face à une équipe capable de mettre de la densité dans ce secteur. Après, on peut refaire les compositions ou les systèmes, mais je pense que ça dépasse ce cadre-là.

Avez-vous constaté des manquements dans l'attitude, surtout sur les buts strasbourgeois ?
C'est une situation pas évidente depuis un moment, difficile à assumer pour certains joueurs. Quand on a un potentiel pour viser de meilleures places et qu'on se retrouve dans cette situation-là, c'est de la compétition, quel que soit le niveau au classement. On doit tous faire amende honorable par rapport à cette prestation complètement insuffisante et se forger une mentalité, montrer beaucoup plus de dureté et endosser plus de responsabilités envers beaucoup de monde. On doit montrer le visage qui sied dans ce genre de circonstances. Il reste six matchs à en découdre, quel que soit l'adversaire et les aléas d'un match. Il peut tout arriver à l'intérieur d'un match, n'importe quel évènement. On en a subi et justement, le mot d'ordre c'est de ne pas subir. Après, il m'appartient, avec mon staff, d'être auprès de mes joueurs parce qu'on est tous responsables, et moi le premier, s'il y a des défaillances et elles ont été criantes aujourd'hui (samedi). J'en suis responsable dans la mesure où c'est à moi de rameuter et d'avoir des joueurs qui ne subissent pas, qui font preuve d'un caractère qui sera nécessaire pour les prochaines confrontations, à commencer par dimanche contre Le Havre.

Vous dites que la situation est difficile à assumer pour certains joueurs qui ont du potentiel. Pourquoi ?
Certains joueurs montrent des choses mais un potentiel, c'est une efficacité. Il y a beaucoup de joueurs en construction, qui ont des qualités de base intéressantes mais qui doivent encore beaucoup progresser. Si l'équipe en est là, dans cette situation, c'est qu'il y a eu pas mal de manques tout au long de la saison. À nous, sur ces derniers matchs, de montrer au moins un esprit de bataille, conquérant, même si tout n'est pas parfait, et de répondre à ce qu'on attend de nous dans ce genre de situation. Mais c'est vrai que pour tous, c'est difficile de venir devant vous (les journalistes) après une telle prestation. Ce ne sont pas des choses qui font simplement mal, ce sont des choses qu'on ne doit pas accepter entre nous. Et on est tous responsables, moi le premier, je le répète.

Pouvez-vous tirer quelques enseignements de ce match en vue de la demi-finale de Coupe de France ?
Non, ça sera un tout autre match et il n'y a aucun enseignement à tirer de notre match du jour, sauf qu'on n'a pas été à la hauteur et qu'on ne doit pas accepter, de notre côté, ce genre de performance. Ce n'est pas possible. On est focus sur ce qui nous attend en championnat, qui est costaud, mais c'est de la compétition. Il faut être présent, tout solidaires, collectifs. Que ça fasse mal, c'est une chose, mais il faut qu'on ait tous l'envie de redresser la situation et de montrer un tout autre visage. Après, le score sera ce qu'il sera mais dans les faits, le contenu, ce qu'on attend de nous, on doit être irréprochables et ce soir (samedi), on ne l'a pas été.