Conférence de presse

Puel : « Être plus solide dans tous les aspects »

Claude Puel s’est exprimé en conférence de presse après la défaite de l’OGC Nice au Stadium face à Toulouse lors de la 18e journée de L1 (5-1).

Quelle analyse faites-vous de cette très lourde défaite ?
Ça ne fait pas plaisir, c’est évident. Il y a beaucoup de déception, pour ne pas dire plus. Je pense que le déroulé du match ne nous a pas du tout été favorable. Peut-être avons-nous été trop permissifs, trop friables face à cette équipe. L’entame de match est bonne, intéressante, c’est dommage de ne pas capitaliser sur cette entame. Il faut encore être plus productif, encore plus tenter quand on est en situation et jouer juste. Par le jeu et l’entame que nous avons faite, nous avons des situations qui se créent, mais que nous n’exploitons pas assez, et sur leur première venue, ils nous font mal. Ils marquent ce premier but. On concède un deuxième but juste avant de rentrer aux vestiaires. Je pense que nous sommes bien repartis en seconde mi-temps, pas simplement grâce au but. C’était ce que nous nous étions dit : revenir dans le match très vite, et c’est ce que nous avons réalisé en faisant une très bonne entame de deuxième mi-temps. Mais je pense que le troisième but nous fait très mal. Nous avons concédé des situations à cause de fautes que nous ne devons pas faire. Nous avons donné le bâton pour nous faire battre. Ce n’est pas possible. C’est une défaite importante, mais nous avons d’autres chantiers devant nous et nous allons les entreprendre de la meilleure des manières. Ces joueurs sont à l’écoute, bossent. Nous devons gommer des fragilités qui aujourd’hui étaient trop importantes.

On a l’impression que mentalement, dès qu’il y a un petit couac dans la machine, les joueurs ont du mal à ne pas subir les événements…
Oui, mais à 3-1, nous avons pris un gros coup. Mais jusque-là, nous ne nous sommes pas démobilisés, nous ne nous sommes pas effondrés. Nous sommes restés dans le match. Nous avons pris ce deuxième but avant la mi-temps, qui fait mal, à un moment un peu charnière, et nous revenons quand même dans le match. Cela montre que l’équipe, même à 2-0 à la mi-temps, n’est pas démobilisée, elle a bien répondu. Il faut être plus solide dans tous les aspects, dans les duels, dans les impacts. Je pense que nous n’avons pas eu assez de densité sur ce match pour faire mal, pour récupérer les ballons plus facilement. Nous devons nous employer beaucoup plus dans des phases où il faut plus de densité physique. Nous avons été fragiles, et nous n'allons pas soigner ça du jour au lendemain. Les joueurs bossent, ils sont à l’écoute, et dès lundi nous allons nous remettre au travail par rapport à ce qui nous attend. Nous avons de gros challenges à relever, nous le savions, et ils sont toujours là. Même si nous avons montré du mieux sur les deux premiers matchs, cela reste encore fragile.

Est-ce que vous vous attendiez à vivre ce genre de match en signant à Nice ?
Nous nous attendions à une situation difficile, pour différents paramètres, que ce soit au niveau de l’effectif ou au niveau des résultats. Si je suis venu ici, c’est pour me battre et pour redresser une situation petit à petit. Mais ce n’est pas un coup de baguette magique qui arrive. Nous savions qu’il allait y avoir des matchs difficiles. Sur la largeur du score, ça fait très mal, c’est sûr. Je préfère prendre une rouste et ensuite enchaîner sur du positif, corriger tout ça et avancer. Il n’y a aucune démobilisation. Je connaissais la situation, le challenge, et pour moi, il n’a pas changé par rapport à ce match-là.

Ce qui est étonnant, c’est que sur les buts où il y a des erreurs, ce sont des joueurs expérimentés qui les commettent…
Ça veut dire qu’il faut redoubler encore d’attention, de concentration sur tous les aspects de notre métier. Je compte sur les plus matures comme sur les plus jeunes. Nous sommes tous dans la même barque et nous allons ramer tous ensemble pour nous en sortir.

Quel est votre avis sur votre milieu de terrain ? Il semblait prendre l’eau dans les duels…
J’ai l’habitude de fonctionner dans un ensemble. Nous avons trop utilisé parfois des joueurs qui faisaient des efforts pour récupérer le ballon, des prises à deux, des choses que nous avons essayé de bien réaliser, mais il manque encore de la densité physique pour remporter les duels, se sortir de situations, avancer et gagner. Une fois que nous gagnons les duels, nous pouvons jouer, faire des décalages. Il y a eu pas mal de choses intéressantes sur le plan du jeu. À la perte du ballon, nous avons été trop friables. Dans les duels et la densité physique, c’était trop juste par rapport à cette équipe toulousaine. L’équipe de Toulouse nous a surtout joué dans le dos, elle a couru après le ballon, mais nous n’avons pas su être décisifs quand nous avons fait le bon décalage et que nous avons eu des situations pour enchaîner, frapper ou centrer. Ce ne sont pas des occasions franches, mais toutes ces situations peuvent se convertir en occasions franches. Nous devons davantage entreprendre au niveau des frappes et des enchaînements.

Comment donne-t-on cette agressivité à cette équipe et comment prépare-t-on une équipe qui n’est peut-être pas destinée à jouer le maintien à se mettre en mode commando pour sauver sa peau ?
C’est en connaissant cette situation et en l’affrontant tout simplement. Il y a beaucoup de problèmes à régler, essayer également petit à petit de récupérer un effectif un peu plus normal, mais en attendant, il faut faire encore des choses pour faire beaucoup mieux sur les plans dont j’ai déjà parlé. Je ne pense pas que nous ayons manqué d’agressivité sur le début de match, sur la volonté. Mais nous avons été trop friables. Sur les dernières séquences, la messe était dite, et c’était difficile d’assumer tout ça.