Interview

Papy Mendy : « Encore plus soudés »

En une saison seulement, le milieu de 21 ans a pris du galon sous le maillot rouge et noir. Arrivé l'été dernier en provenance de Monaco, il est le joueur le plus utilisé par Claude Puel sur la saison qui vient de s'écouler. Et entrevoit avec ambition la prochaine. 

Papy, il y a un an, tu t'engageais avec l'OGC Nice. A quel type de saison t'attendais-tu ?
L'équipe venait de se qualifier pour l'Europa League, presque tous les joueurs étaient restés. On aurait pu s'attendre à une saison aussi bonne, voire meilleure. Mais personnellement, je restais quand même sur mes gardes. Je m'attendais aussi à une saison compliquée, comme souvent après un aussi beau championnat.

L'élimination contre Limassol ?
D'un côté, c'est notre premier gros coup dur. Nous avions largement le niveau. Sur le match retour au Ray, je me demande encore comment nous n'avons pas mis ce deuxième but. Mais quand on voit le nombre de points pris en septembre (10 sur 15 possibles), je ne suis pas certain que cet épisode ait vraiment eu des conséquences sur la suite. Finalement, entre la Der' du Ray, l'inauguration de l'Allianz et les autres échéances, tout s'est vite enchaîné.

Qu'as-tu pensé de la transition entre les deux stades ?
Le Ray était un petit stade, les supporters étaient proches du terrain. Je m'y suis très vite habitué. L'Allianz Riviera est une autre enceinte. Plus grande, plus moderne. Un autre style. Et malgré la différence, je ne pense pas que le déménagement ait eu une quelconque incidence sur nos résultats.

L'automne fut plus rude ...
Les points pris en début de championnat étaient précieux, effectivement. Cette fameuse série de sept défaites a été très difficile à vivre. Mais elle s'explique aussi par de nombreuses blessures. Quand les uns revenaient, les autres replongeaient. Nous avons souvent dû faire en l'absence de joueurs cadres.

« Mentalement, ce n'était pas facile à vivre »

Paradoxalement, vous n'avez jamais été relégables...
Ces périodes engendrent beaucoup de frustration et de colère. De quoi faire exploser certains groupes. Mais pas le nôtre. Malgré les défaites, nous ne nous sommes jamais éparpillés. Nous sommes restés unis et fixés sur notre objectif. Mentalement, ce n'était pas facile à vivre. Encore moins pour un vestiaire aussi jeune. A une période – je pense notamment aux buts encaissés dans les dernières secondes – tout semblait contre nous. Mais cette difficulté nous a encore plus soudés. J'espère qu'on le ressentira la saison prochaine.

A titre personnel, tu as été le joueur le plus utilisé...
Je ne m'y attendais pas forcément, mais j'ai tout fait pour. Mon objectif était de disputer le plus de matchs possible. Dieu merci, je n'ai pas eu de blessures. Ça m'a permis d'enchaîner. J'espère que ça va m'apporter pour la suite de ma carrière.

Ta relation avec Claude Puel ?
Il a confiance en moi, je fais tout pour lui rendre sur le terrain. Je ne veux pas le décevoir. Avec Fabrice, Didier, Mahamane et les autres, il y a de la concurrence. C'est très bien pour moi. Mes progrès ? Il m'a fait améliorer mon jeu vers l'avant. Il m'incite aussi à prendre davantage la parole. Au risque de dire des bêtises (rires).

« il faut que je commence à marquer »

Ton avis sur ta saison ?
On me dit que j'ai fait une bonne saison. Mais pour être honnête, je ne suis pas vraiment satisfait de moi. Je pense que j'aurais pu mieux faire. Je pourrais faire des choix plus judicieux dans mon jeu vers l'avant. Et face au but, j'ai loupé trop d'occasions. Même à mon poste, il faut que je commence à marquer.

Tu as tout de même commencé la saison fort, comme l'avaient souligné les supporters en te remettant l'Aiglon d'août...
A l'époque, ça m'avait fait beaucoup de bien. Je me suis très rapidement senti adopté. Cette confiance, celle du coach et de mes coéquipiers comptent beaucoup à mes yeux.

Ton meilleur match ?
A Marseille en championnat (0-1). Je me suis très bien senti. Encore une fois, nous avions une équipe jeune. Et collectivement, nous avons fait un gros match. Nous leur étions rentrés dedans. Nous nous sentions comme chez nous.

Le pire ?
J'ai déjà été moins bien. Mais je ne pense pas avoir été vraiment nul sur un match précis. Du moins je l'espère (rires).

Malgré la difficulté de la saison, retiens-tu un beau moment ?
Pas un moment mais un rôle : celui des supporters. Sans hésiter. Ils ne nous ont jamais lâchés. Nous avions le devoir de nous battre pour eux.