Coupe de France
Nice, Saint-Denis, Lens et le Stade de France…
« L’harmonie suprême est coïncidence des contraires » écrivait Jacques Lacarrière dans l’été grec, pionnier des livres de voyages publié en 1976. Un demi-siècle plus tard, la délicieuse formule pourrait résumer à elle seule l’arrivée des Aiglons à Paris, à l’autre bout de la France, sous un soleil de plomb et 30°, soit 7 de plus qu’au moment du départ (hors taxes). Et le moins que l’on puisse écrire en cette veille de finale, c’est que les contraires ont cohabité au stade de France, au cours d’une riche après-midi où la délégation rouge et noir est entrée dans un théâtre de 80 000 places, 4 ans après la cuvée d’Andy, JC et Khephren, avec une tête remplie de doute et un cœur rempli d’espoir.
Les Lensois, tirés à domicile, eurent le loisir de choisir les timings de la journée. Et le firent avec beaucoup de certitudes, dans le sillage d’une formidable saison bouclée à la 2ème place de L1. Sous le regard de Mèfi, lancée dans sa répétition d’avant-match, les Aiglons furent les premiers à débarquer dans l’enceinte dionysienne. Quatre jours après la dernière journée de L1. Cinq jours avant le barrage aller du maintien contre Saint-Etienne. Entre deux eaux et dans leur bulle, d’où se sont extraits Claude Puel et Dante, pour démarrer une conférence de presse à 14h45, afin de parler conjointement d’un évènement « magnifique qu’on va préparer avec 100% de conviction » et « d’une semaine formidable » « pour le club, pour les supporters, pour toutes les gens qui travaillent et aussi pour les joueurs, dixit Dante. Donc, la perspective doit être positive parce qu'on parle d'un match, on parle d'une finale, un match aussi très important pour tout le monde, pour l'Histoire du club. Et après ces matchs-là, on pourra se concentrer à corriger tout ce que nous avons fait auparavant… »
À côté du coach, le CommanDante, qui vit sa dernière semaine en tant que joueur à 42 ans, a refusé de céder à l’émotion. Légende en quête d’Histoire, il a terminé en un sourire, puis filé sur la pelouse pour débuter la dernière séance collective avant la finale.
Après le premier quart d’heure ouvert à la presse, au bord d’un terrain semblant petit dans une arène immense, ce fut au tour de la conférence lensoise de débuter avec au pupitre Pierre Sage et Adrien Thomasson. L’entraîneur et le capitaine d’une équipe qui se présente comme le grand favori de la finale : « Une finale se joue sur un statut, mais aussi de la folie, a expliqué celui qui vient d’être élu meilleur coach de L1. Même si on nous attribue le statut de favori, il va falloir mettre de la folie car Nice saura le faire. On devra faire l’un de nos meilleurs matchs de la saison pour l’emporter. »
« Il y a forcément une émotion particulière à disputer ce genre de match dans ce contexte-là, a poursuivi le technicien artésien au moment de planter le décor. C’est un match qui oppose deux rivalités. C’est-à-dire que je suppose que le prix du mètre carré à Lens n’est pas le même que sur la Promenade des Anglais. C’est deux mondes un peu différents. On a aussi le devoir de représenter tout un peuple et toute une histoire qui pour l’instant n’a pas abouti dans cette compétition. On a la volonté de porter haut et fort nos couleurs pour réparer cette anomalie. »
Les Lensois se sont ensuite dirigés sur la pelouse pour leur séance de veille de match. La délégation rouge et noir, elle, quittait le Stade de France pour regagner son camp de base.
En pensant à celles et ceux qui s’apprêtent à quitter la Promenade des Anglais et les prix de ses mètres carrés pour traverser le pays et venir les soutenir. En leur souhaitant bonne route et en leur disant « Merci », comme Maurice Cohen, présent au cœur du groupe en cette veillée d’armes.
