Lorient 0-0 Nice (5-6 tab)

Puel : « La preuve qu'il ne faut rien lâcher »

Voici la réaction de Claude Puel après la qualification décrochée aux tirs au but par l'OGC Nice sur la pelouse de Lorient en quart de finale de la Coupe de France (0-0, 5-6 tab). 

Coach, cette séance de tirs au but a été totalement dingue, avec les deux "balles de match" manquées par Lorient... Pensiez-vous que c'était fini ?
C'est comme au tennis, il faut les mettre (les balles de match). Mais non, j'espérais simplement un arrêt pour construire petit à petit. Cette fois-ci, le scénario est très dur pour les Lorientais, ils se sont certainement vus se qualifier mais quelque part, c'est un retour. Je pense qu'ils ont été très heureux d'égaliser chez nous à la dernière seconde (J23, 3-3), ce qu'on a très mal vécu. Aujourd'hui (mercredi), c'est eux qui l'ont vécu. De temps en temps, la pièce tombe du bon côté. Ça n'a pas récompensé ce match-là en particulier, mais ça a récompensé tous les efforts que l'on a faits depuis plusieurs semaines. Je le répète, on a fait des matchs très intéressants mais qui n'étaient pas récompensés. Cette fois-ci, ça a été plus difficile, avec une première mi-temps assez pauvre des deux côtés, avec beaucoup de ballons perdus. Je pense qu'il y avait pas mal de crispation. L'expulsion (de Pablo Pagis) nous a permis d'avoir des situations, Lorient a reculé. On n'a pas réussi à ouvrir la marque mais à la mi-temps, j'ai dit à mes joueurs de ne pas penser que c'était fait parce qu'en général, une équipe à 10 se recroqueville, joue la contre-attaque et c'est toujours très difficile de faire la différence. 

Qu'avez-vous pensé de la performance de Yéhvann Diouf ?
Je suis très heureux pour Yéhvann. Il s'est bien exprimé, il est dans un super état d'esprit. Il a été performant, comme l'a été Max' (Dupé). Je me loue d'avoir deux très bon gardiens.

Vous avez souvent parlé de cette pièce qui ne tombait pas du bon côté ces dernières semaines. Pensez-vous que le scénario de ce soir va vous aider à repartir dans le bon sens ?
La Coupe, ça reste quelque chose de très particulier, avec un verdict. Il y a une pression particulière pendant ces matchs, une volonté de toutes les équipes d'aller le plus loin possible, de passer les tours... C'est très particulier. Bien sûr, j'espère que ce match va nous permettre d'enchaîner en championnat. Mais c'est une compétition à part, où l'on vit des choses folles. Depuis que je suis là, chaque tour est âprement disputé, on est allés chercher les choses. Parfois, comme ce soir, ça a tourné dans le bon sens, donc on vit ça avec beaucoup d'humilité. Mes joueurs connaissent tellement de frustration depuis tant de temps qu'avoir cette récompense, c'est magnifique. Je suis vraiment heureux pour eux, pour mon staff. C'est très costaud ce que l'on vit. Si on faisait des mauvais matchs, que l'on était pas présents... mais non, on s'emploie et on se remobilise après chaque frustration. C'est la preuve que jusqu'au bout, il ne faut rien lâcher.

Les gars ont enchaîné les pénaltys, Yéhvann (Diouf) a fait le nécessaire pour la qualification. On apprend à se battre jusqu'au bout, malgré les vents contraires. On est dans l'adversité et on se bat. C'est une belle réponse mais en toute humilité parce que ça n'a pas lâché des deux côtés, comme c'est souvent le cas en Coupe. Les tirs au but, j'ai connu ça (dans ma carrière). À Lyon, après mon arrivée, on avait joué le Trophée des Champions. On menait de deux pénaltys. C'était presque fait et on a loupé les deux pénaltys suivants. On se dit : "Comment c'est possible ?". Lorient doit se demander la même chose, et ça fait mal. 

Avoir attendu la séance de tirs au but pour cadrer vos premiers tirs, est-ce que cela vous inquiète au niveau offensif ?
J'ai trouvé la première période pauvre des deux côtés, avec beaucoup de déchets. En deuxième mi-temps, on a essayé sans trouver l'ouverture, ils ont très bien défendu en montant sur nos temps de passe, en bouchant nos possibilités de frappe. On n'a pas vraiment eu de situations, à part deux belles occasions : une belle tête de Kevin (Carlos) et la super situation de Morgan (Sanson), qui aurait pu la glisser à bout portant. Dans des matchs de Coupe tendus comme celui-ci, c'est difficile pour les deux équipes. Les Lorientais ont eu quelques situations de contre qu'ils auraient pu mieux exploiter et qu'ils ont vendangées, parce que c'est la Coupe. C'est quelque chose de spécial parce qu'à la fin, il y a un couperet. 

Le PSG et Marseille sont éliminés. Y a-t-il la possibilité d'aller gagner cette Coupe de France ?
Oui, mais il reste des bonnes équipes. Toutes les équipes qui restent ont les crocs. Elles se disent : "Il y a une opportunité d'aller au bout". On va attendre le tirage pour voir où l'on se situe, si c'est à domicile ou à l'extérieur. On est allés se qualifier à Nantes, à Lorient... Ce n'est pas anodin. Et on a fait un clean sheet, ça mérite d'être souligné !

Qu'est-ce qui a motivé ce changement tactique dans votre onze de départ ?
C'était un tout, on voulait essayer quelque chose de différent. Mais il aurait fallu avoir plus de maîtrise en première période, notamment pour mieux utiliser Tanguy (Ndombele). Bien sûr, il n'est pas un avant-centre à mes yeux, mais l'objectif était de jouer avec lui, de former un triangle avec les deux milieux et d'offrir plus de possibilité aux joueurs dans la profondeur. Comme on n'a pas eu la maîtrise, on n'a jamais pu l'utiliser de cette manière. Certains joueurs avaient des ressentis musculaires, ce n'était pas évident de les faire débuter donc je préférais les faire rentrer plus tard. On avait aussi deux joueurs malades et qui ont joué. C'est notre quotidien, on a toujours des choses qui arrivent en cours de route. Il faut essayer d'y faire face.

On a senti que votre équipe avait gêné Lorient physiquement et dans le pressing. Pensez-vous que leur frustration a mené au carton rouge de Pablo Pagis ?
À défaut d'être performants dans notre expression en première période, nous étions au moins solides dans les aspects défensifs, au pressing... C'est le minimum. On peut toujours espérer mieux, mais les matchs de Coupe sont toujours particuliers. On ressentait une certaine fébrilité en face aussi. Ce n'était pas un grand match de football.