Conférence de presse

Puel : « Je voudrais d'abord remercier les fans »

Voici la réaction de Claude Puel en conférence de presse après la victoire de l'OGC Nice face à Montpellier en 8e de finale de la Coupe de France (3-2).

Coach, Montpellier a décidé de titulariser ses plus grosses forces créatives et de les sortir en cours de match. Vous avez fait l'inverse, était-ce la clé de la rencontre ?
On ne peut pas résumer le match à ce fait-là. Par rapport au match précédent, Zoumana Camara avait changé six joueurs. En première mi-temps, on a eu beaucoup de mal à produire du jeu. Ça a été très difficile. Concéder un but dès la troisième minute, ça n'a pas arrangé les choses. En revanche, la deuxième période était très intéressante, on a changé la donne, on a fait évoluer l'équipe. Il fallait répartir les aspects physiques en prévision de ce qui nous attend. Montpellier avait joué cinq jours auparavant, nous trois. Il fallait essayer d'équilibrer les deux mi-temps, ce que l'on a pas réussi à faire en première. Il a fallu s'employer en deuxième, produire du jeu pour revenir au score. Le scénario est magnifique dans ces conditions. On peut tout attendre d'un match de Coupe. Pour moi, la Coupe ce sont des émotions. On en avait vécu à Nantes, on en a vécu là. Comme à Nantes, certains ont débuté le match, d'autres l'ont fini. Tout le monde doit être félicité, quelle que soit la production, parce que c'est la victoire d'un groupe, tout simplement. Il y a beaucoup de joie quand on termine un match de cette manière, avec la conviction d'avoir tout donné, d'avoir renversé un scénario qui ne nous était pas favorable. Bravo à tous mes joueurs.

Pensez-vous qu'il y a eu une réconciliation avec le public quand on voit la communion d'après-match avec les supporters ?
Je voudrais d'abord remercier les fans. Même dans notre période terne en première période, ils sont restés avec nous, ils nous ont encouragés. Ils ne nous ont pas lâchés et nous non plus. On est revenus très conquérants en deuxième période avec beaucoup de pressing, beaucoup de courses, de qualité de jeu également. Le public a été récompensé de ses encouragements et nous par la même occasion. Le scénario est magnifique. L'état d'esprit affiché, après le match de Brest, est superbe. Il faut cultiver ça, continuer dans ce sens. C'est vraiment la victoire d'un groupe. C'était une étape de Coupe de France, il y en aura une autre, on verra le tirage demain (jeudi). C'est important de montrer ce que cette équipe, ce groupe, est capable de faire dans des circonstances très difficiles. En tant que spectateur ou supporter, quand on voit un match comme ça, on vibre, on ne peut pas rester insensible. Même si on aurait pu éviter de se donner autant de mal (sourires). 

Elye Wahi et Sofiane Diop ont fait une très bonne entrée. Commence-t-il à y avoir des indispensables dans ce groupe ?
Il y a des joueurs en progrès de partout, à tous les postes. Même si notre première mi-temps a été très terne, je suis satisfait de la progression d'ensemble. Il y avait encore pas mal de joueurs absents, blessés. Dans ces conditions, jouer un tel match et enchaîner trois jours après la rencontre de Brest où il avait fallu s'employer, c'est très satisfaisant. Je ne veux pas citer des joueurs parce qu'il y en a beaucoup qui passent des caps.

Vous êtes un coach de caractère. Peut-on dire qu'aujourd'hui, l'OGC Nice est à votre image ?
Je n'entraîne pas mon équipe pour qu'elle me ressemble. Ce que je recherche, c'est la progression de chaque joueur, ne jamais lâcher dans n'importe quelles circonstances, les aider, avec le staff, dans les moments difficiles. Ils nous le rendent bien. On a beaucoup ouvert le groupe parce qu'on a débuté avec seize blessés dans l'effectif. Cela a permis à des joueurs de se révéler, de réguler les temps de jeu et de pouvoir avoir cette réaction et ce jeu en seconde mi-temps. On a fait énormément de pressing, Montpellier a eu beaucoup de mal physiquement pour terminer parce qu'on a fait entrer de la fraîcheur en deuxième période. C'est un ensemble, c'est la victoire d'un groupe et j'aime bien ces bases-là. Quand on fait preuve de caractère pour remonter un score et aller chercher une victoire dans ces conditions, c'est fantastique. C'est à cultiver.

La Coupe de France va-t-elle devenir un objectif prioritaire pour aller chercher une qualification en Coupe d'Europe ?
Pour moi, la Coupe, c'est une étape après l'autre. Quand on voit les équipes en présence, il ne va rester que du costaud. Ça ne tiendra à rien. On va se concentrer sur la prochaine étape, ça ne sert à rien de focaliser. Tous les qualifiés se disent : "et si on pouvait aller au bout ?". Ce qui est important, c'est qu'on se concentre pour répondre présent au prochain match, quel que soit le tirage. Step by step !

Avez-vous la sensation que ce parcours en Coupe de France va vous aider pour votre mission principale : le maintien en Ligue 1 ?
C'est un tout, peu importe les matchs, à l'extérieur, à domicile... Il faut garder le fil, répondre présent à chaque fois et jouer. On n'a pas assez joué en première mi-temps, beaucoup plus en deuxième. On a montré des vertus dans le rythme, l'intensité, la récupération du ballon, le pressing... Il y avait tout. Ça dégage une force collective extraordinaire. Il faut le cultiver. La Coupe, ce sont des émotions, on sait qu'il y a un verdict à la fin du match. On continue ou on s'arrête. Ça décuple ce que l'on peut ressentir à la fin, surtout quand on remporte un match dans ces conditions. Les joueurs sont très heureux, ils sont récompensés de tout leur travail depuis plusieurs semaines mais ça ne s'arrête pas là. On est des compétiteurs, il faut le rester et on verra contre Monaco, ça sera encore autre chose.