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Ricort, l

Ancien Aiglon

16 octobre 2019

Ricort, l'histoire d'un Monsieur

Ce vendredi, à l’occasion du duel face au Paris Saint-Germain (10e journée de L1), un « Monsieur » de l’OGC Nice sera mis à l’honneur : Roger Ricort. Brillant sur le terrain (1987-90), l'élégant gaucher a écrit les premières lignes de la politique sportive du Gym moderne. Discret, pudique, l'ex-directeur sportif (2002-08) recevra l’hommage qu’il mérite aux côtés de Benjamin Marsiglia, le fils de son grand ami René. En attendant, on a contacté ceux qui l’ont côtoyé, pour qu’ils nous décrivent les 3 visages de Roger Ricort : celui du joueur, du dirigeant et de l’ami. Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par ceux qu’on aime.

« Choyez-le bien, c’est un Monsieur de l’OGC Nice ! » Philippe Camps est le premier à décrocher le téléphone. Malgré les années, le journaliste n’a pas oublié « le superbe pied gauche » du joueur formé au Cavigal. « C’est là qu’on s’est rencontré », raconte Maurice Cohen, président du Gym de 2002 à 2009. « Il était au-dessus du lot. Campora (président de Monaco) est venu le chercher en personne ». C’est donc sur le Rocher que le talent du milieu de terrain éclatera au grand jour. Avant qu’un vilain tacle ne vienne cisailler son genou. « Malheureusement, il n’a jamais retrouvé son niveau », regrette Cohen. « Il a toujours été gêné par cette blessure. Mais ça restait un formidable joueur. Il pouvait jouer partout : ailier, milieu gauche ou dans l’axe. C’était un battant ». « Avec Ricort, Guérit, Jean-Philippe Rohr et Bravo, on pouvait voyager ! », abonde Camps. Les yeux du Chef des Sports à Nice-Matin brillent encore : « Voir ce Niçois de Saint-Roch jouer et finir sa carrière avec le Gym… Quand il marquait, il n’avait pas besoin d'exhiber le blason. Le maillot de Nice, c’était sa seconde peau. Quand il jouait pour Nice il donnait tout ! »

Roger Ricort, Tony Kurbos, Nenad Bjekovic, Daniel Bravo, Milos Djelmas, Marko Elsner et René Marsiglia.

« Il est allé chercher Ospina en Colombie »

« Je me suis battu pour le faire revenir à l’OGC Nice », explique Maurice Cohen, nommé président après le sauvetage du club, et qui compare la politique sportive d'alors à « un désert ». Dans le costume de Directeur sportif, Ricort fixe les bases du renouveau. Recrute des combattants. Y ajoute du talent. Un Gym qui lui ressemble, en quelque sorte. Malgré le manque de moyens, le club rouge et noir relève l'épreuve du maintien - avec mention. « Avec Maurice Cohen, ils formaient un véritable binôme. Ils me font penser à Julien Fournier et Jean-Pierre Rivère », compare Camps. « Oui, on peut faire le parallèle ! », sourit Cohen. « Pas un cheveu ne nous séparait. Il y avait une grande solidarité, nous étions en harmonie totale. Il a un don pour déceler le potentiel d’un joueur. Et quand il en est convaincu, il ne lâche rien. Il est allé chercher Baky Koné et Loïc Rémy en D2, ou encore David Ospina en Colombie… La liste est longue. On n’a commis qu’une seule erreur : Moussilou. Sur 7-8 ans, c’est pas trop mal, non ? ».

L'une des trouvailles de Roger Ricort : David Ospina, ici à son arrivée en 2008, à seulement 19 ans. Le Colombien gardera les cages du Gym à 189 reprises.

« Un dirigeant avant-gardiste »

Dans l’organigramme, Ricort place ses hommes de confiance : Serge Recordier, René Marsiglia, Manu Pires, Frédéric Gioria, Jean-Philippe Mattio.  Pour Cohen, « tous ces choix se sont révélés payants. Il y avait une harmonie entre le secteur sportif et administratif. Quand je vois que Serge et Manu sont de retour, et que Virginie (Rossetti, directrice communication et marque), Nicolas (Bernard, son adjoint), Pascale (Marrel, assistante de direction) sont toujours là, ça fait plaisir. Ça signifie qu’on avait fait de bons choix ! ». Pour Camps, le natif de Nice était  « un dirigeant avant-gardiste, qui a professionnalisé le club. C’était le Julien Fournier de l’époque. Il a le même professionnalisme, la même exigence, et la même manière de travailler. Il bossait beaucoup et bossait bien, même s’il avait des adversaires. J’aurais aimé le voir avec plus de moyens. Pour moi, il n’était pas là à la bonne époque ! »

« Avec Marsiglia, comme deux frères »

« Il est parti en mai 2009, en même temps qu’Antonetti*. Quand il a senti que la tendance était plus à la vente de joueurs qu’à l’achat », décrypte Maurice Cohen, qui a quitté l’institution quelques mois plus tard.

Frédéric Antonetti et Roger Ricort saluent le public niçois après leur dernier match (Nice 0-0 Le Havre, le 30 mai 2009).

« On est resté très proches, on se voit souvent. On déjeune et on refait le monde. Et bien sûr, on parle du club. C’est resté un ami important, Roger ». Si l’homme peut être clivant - « il y avait les pro-Ricort et les anti-Ricort » admet Cohen - ceux qui ont décidé de faire le chemin à ses côtés n’ont jamais été déçus. « Avec mon père, ils étaient comme deux frères, raconte Benjamin Marsiglia, fils du regretté René, disparu en 2016. Sur le plan professionnel, il n’y a jamais eu la moindre interférence. Et en privé, son amitié était indéfectible. Durant les 9 ans de maladie, il a été sans faille. Il l’amenait à l’hôpital, assistait aux rendez-vous chez le médecin, posait les questions… Le matin, les visites étaient interdites. Mais, tous les jours, il lui apportait quand même le café et le journal. Les infirmières n’étaient pas contentes, mais il n’en n’avait rien à faire ».

Roger Ricort et René Marsiglia.

« Roger et René étaient comme 2 frères qui s’aiment et qui s’adorent. Roger l’a accompagné jusqu’au bout. Il a été formidable avec lui comme il sait l’être avec les gens qu’il aime », s’émeut Maurice Cohen. « Il fait partie de la famille, explique Benjamin Marsiglia. Nous sommes restés très proches ». Ce vendredi, dans une Allianz Riviera pleine à craquer, c’est main dans la main que Roger et Benjamin recevront le trophée d’ancien Aiglon. Pour Maurice Cohen, « c’est un beau symbole, et une juste récompense. Nous, Niçois, on sait ce qu'on leur doit ».

Fabien Hill

Rendez-vous à 19h15 au Café des Aiglons :

Avant l'hommage, Roger Ricort viendra à la rencontre des supporters. Le rendez-vous est fixé à 19h15 au Café des Aiglons (Musée National du Sport) pour un moment d'échange avec le public. L'ancien milieu de terrain recevra ensuite son trophée d'ancien Aiglon sur la pelouse. Aux côtés de Benjamin Marsiglia, qui se verra remettre le trophée décerné à son père, à titre posthume. 

* Roger Ricort est aujourd'hui consultant et travaille avec Hydrosonic (assainissement) et Stramigioli (façades)

Photos Collection Oreggia, collection privée et IconSport