Interview

Grégoire, la surprise du chef

Encore dans l'ombre il y a six mois, le latéral droit se distingue comme l'une des révélations de la deuxième partie de saison. Si le plus dur ne fait que commencer, l'histoire du natif de Nice en a tout l'air aussi...Certains croyaient à la boulette lorsque le 15 février dernier, le nom « Puel » s?immisçait parmi le groupe retenu pour Bastia. Non, Claude ne rechaussait pas les crampons le temps d'une pige en Corse. Genevois et Palun out, le coach était contraint de piocher parmi la réserve un arrière droit. Arrivé quelques semaines auparavant sous licence amateur, Grégoire déboulait ainsi chez les pros. Première dans le groupe. Première titularisation. « Je n'y croyais vraiment pas », rapporte celui qui allait étrenner le symbolique numéro 33. « J'ai sacrément cogité... Mais bizarrement, au coup d'envoi, j'ai évacué toute pression. »

Comme un poisson dans l'eau. Peut-être parce qu'en plongeant dans le grand bain, Greg le faisait sous les couleurs de la ville qui la vu naître un jour de février 1992. Sa famille en Principauté, le gamin a goûté au ballon entre Monaco et Cap-d'Ail. A 10 ans, il endossait le maillot du LOSC. « J'ai véritablement pris goût au football là-bas. Les gens vivent pour ça. J'y serais bien resté, d'autant qu'au départ de mon père, je me sentais plus libéré. »

« Plus rien ne me fait peur »

Le joueur à vocation offensive ? entre le milieu et l'attaque ? rejoint cependant l'OL. Il y gagne progressivement sa place en CFA, avant d'y traverser une période plus rude. « Des moments assez désagréables, mais qui ont eu le mérite de me forger. Aujourd'hui, dans la tête, plus rien ne me fait peur. » Un temps hésitant quant à la suite à donner à sa carrière, le titulaire du bac S enchaîne les essais. Ligue 2, Espagne, Suisse, Danemark... Sans succès. « J'ai du mal à tout montrer de suite. D'autant que mentalement, j'étais éprouvé... »

Grégoire reprend finalement le rythme avec la réserve du Gym. Puis s'engage en renfort de la CFA2. « Je ne l'imaginais pas. Et mon père n'y tenait pas tellement non plus. Ce n'était simple ni pour lui, ni pour moi. Seulement, ça s'est très bien passé. Les coachs Pires et Malaspina m'ont beaucoup aidé. » Repositionné dans le couloir droit de la défense, il prend ses repères et effectue ses premières apparitions à l'entraînement du groupe pro. « Le coach et le groupe l'ont accueilli comme n'importe quel autre joueur », rapporte Timothée Kolodziejczak, vieille connaissance (1). « Il s'est vite adapté à son nouveau poste. Même très vite. C'était une très bonne chose, ça l'a remis en confiance. »



Depuis son baptême à Furiani, Greg s'éclate. « J'ai eu la chance de réussir ce match, et cela m'a facilité la suite. Je le dois en partie à Renato (Civelli) ou Didier (Digard), qui ont été énormes avec moi. » Reconduit contre Reims puis à Saint-Etienne, le néo-défenseur a dû se remettre d'une fracture au pied gauche pour revenir contre Troyes (une passe décisive pour Bruins), désormais adossé du numéro 15.

« Jamais je n'aurais imaginé signer à Nice. C'est énorme. Il existe ici un vrai projet, une identité forte. Et en fréquentant les tribunes en début de saison, j'ai été impressionné par leur engouement, l'ambiance qu'ils mettent. Ou ne serait-ce que "Nissa la Bella". C'est énorme. » Sept apparitions en L1 au compteur, Grégoire ne terminera pas sa saison à François-Coty. Appelé avec les Espoirs pour le prestigieux Tournoi de Toulon (2), il aura l'occasion sous le m