Rencontre
« I came to see Patrick* »
Lundi 17 décembre, 11h. Centre d’entraînement de l’OGC Nice. Au lendemain du duel face à Saint-Etienne (1-1), les titulaires récupèrent en salle. L’autre partie du groupe se présente sur le terrain, pour une série d’exercices devant le but. Posté le long de la ligne de touche, un homme scrute la séance. Casquette à tête plate, costume impeccable, il a tout l’air d’un acteur de la série « Peaky Blinders ». Pourtant, c’est une autre carrière qu’Adrian Heath a épousée. Ancienne légende d’Everton - avec notamment 2 titres de champion d’Angleterre (1985, 1987), une Coupe des Coupes (1985) - l’ex numéro 10 a quitté son île natale pour rejoindre les Etats-Unis, il y a 11 ans.
Après avoir participé à l’éclosion d’Orlando City, le Britannique entraîne la franchise de Minnesota United, qui évolue en Major League Soccer. « J’ai affronté Patrick lorsqu’il était à New-York. Mais je le connais depuis bien longtemps. Nous nous sommes rencontrés via les propriétaires de Manchester City, dont nous sommes proches ».

Profitant de la trêve hivernale, la famille Heath est venue passer quelques jours en France. « J’en ai profité pour venir saluer Patrick. Le club m’a très gentiment ouvert ses portes. J’ai pu découvrir ce formidable centre d’entraînement. Je suis dans le football depuis longtemps : croyez-moi, c’est comparable aux meilleurs clubs du monde. Tout est réuni pour réussir ». La veille, l’ancien meneur de jeu a assisté à une affiche qui lui a rappelé sa jeunesse « J’ai 57 ans et quand j’étais jeune, Saint-Étienne avait une grande équipe avec Platini, Rocheteau… Et Nice était l’un de ses principaux rivaux. Ce match avait donc une saveur particulière ».
Bercé par la ferveur de Goodison Park (Everton) ou encore de Maine Road (l’ancienne enceinte de Manchester City), Adrian Heath pratique actuellement un public moins averti, dans le tout nouveau « Allianz Field » de Minnesota.
« Les supporters niçois connaissent le foot »
« La MLS n’a que 20 ans. 16 nouveaux stades ont été construits lors de la dernière décennie, et des internationaux de plus en plus jeunes nous rejoignent. Le championnat progresse chaque année. Mais les spectateurs ne perçoivent pas encore l’importance qu’ils peuvent exercer sur une rencontre ». Alors, l’ancien international Espoirs a forcément apprécié la ferveur de l’enceinte niçoise : « L’atmosphère était incroyable, vraiment c’était First class**. Ici, les supporters connaissent le foot, et savent quand ils faut pousser. J’étais venu plusieurs fois au Ray voir Eric Roy, qui a évolué sous mes ordres à Sunderland. J’adorais ce stade ».


Un faible pour Atal
Après la séance, Heath a longuement échangé avec « Patwick » et ses adjoints, Kristian Wilson et Matt Cook notamment. « Je savais qu’il était très heureux à New-York. Ce n’a pas dû être une décision facile à prendre pour lui. Prendre la suite de Lucien Favre, ce n’est pas évident. Mais je connais le caractère de Patrick. La difficulté ne l’effraie pas. Au contraire, il aime relever des challenges. Je suis sûr qu’il va faire un travail fantastique. Pour moi, il peut devenir aussi grand coach qu’il a été joueur ». « Quand j’ai vu le stade, les installations, et la qualité de son effectif, j’ai compris » sourit l’Anglais, qui avoue avoir eu un coup de coeur pour Youcef Atal. « ll est fantastique. Sa rapidité est impressionnante. Il est petit, mais il saute plus haut que tout le monde ! C’est un sacré athlète. Nice a de bons joueurs. Really*** ».
Fabien Hill
* « Je suis venu voir Patrick »
** Première classe
*** Vraiment
