Plea
« Se sentir important, ça fait du bien »
Il était important avant sa blessure. Il l'est de nouveau depuis qu'il est rentré. Absent des terrains pendants plus de 4 mois, Alassane Plea est revenu « comme une balle » depuis la mi-février, preuve d'une force physique et de bonnes disposition mentales. La marge de progression toujours intacte, l'attaquant revient au meilleur moment apporter sa vitesse et son impact. Porté par la confiance que les autres placent en lui.
Un gabarit solide, une belles pointe de vitesse. Des espaces créés et de la profondeur apportée. A 23 ans, Alassane Plea réalise actuellement son deuxième exercice dans les rangs du Gym. Un club où il est arrivé à l'été 2014 avec le costume « d'ailier prometteur », et dans lequel il s'est rapidement imposé... en tant qu'avant-centre. Dès qu'il s'établit au bord de la Méditerranée, Claude Puel le recentre en effet en 9. Table sur un profil moderne pour dynamiser l'équilibre offensif. En une saison, Plea (3 buts, 7 passes décisives lors de son premier exercice) laisse entrevoir un gros potentiel. Pour sa 2e, ce potentiel apparaît dès l'été comme l'une des grandes armes du Gym 2015 / 2016 .

« En préparation, on a senti que les arrivées d'Hatem, de Valère, de Mika,... ça changeait l'équipe. Dans le jeu, on a rapidement vu qu'on était bien, qu'on se trouvait les uns les autres, et donc qu'on pouvait faire quelque chose dans ce championnat », confie l'intéressé avec recul. Les temps chauds portent l'espoir d'une année faste, tant sur le plan individuel que collectif. Très vite, aux côtés de Valère Germain et Hatem Ben Arfa, Plea s'affirme un peu plus. Profite du système (un 4-4-2 en losange devenu, depuis, une marque déposée...) et du talent de ses comparses pour s'exprimer et franchir des paliers. Claque deux buts et offre deux passes en 6 journées, se sert du vécu engrangé dans son premier exercice en rouge et noir pour s'affirmer... avant d'être éloigné des terrains jusqu'au 26e épisode de la L1.
Plea : « Mes sensations reviennent »
En son absence, les collègues brillent, les jeunes éclosent. Lui doute mais ne s'effondre pas. Claude Puel lui adresse souvent des marques de confiance lors des ses différentes apparitions médiatiques, affirmant que le groupe préférerait « pouvoir évoluer avec tous ses atouts, et notamment Alassane Plea et Mickaël Le Bihan ». Loin des terrains, le joueur travaille et se sait attendu. Ce qui accélère son retour.

Titulaire face à Marseille (le 14 février), le Nordiste se bat d'entrée, se dépense, appelle. Il s'aperçoit également que dans la plus jeune équipe d'Europe, les responsabilités n'attendent pas le nombre des années. « Le coach m'a fait confiance en me remettant directement. Il m'a redonné ma chance, du temps de jeu. Je sens qu'il a confiance en moi, et ça fait du bien, de temps en temps, de se sentir important pour l'équipe. J'essaye de donner mon maximum pour faire de bonnes performances ». L'explication apparaît pudique. Elle résume pourtant assez bien la donne. La blessure pansée, Claude Puel n'hésite pas à le lancer : 6 titularisations et une entrée gonflent son temps de jeu. 2 buts le colorent. Le numéro 14 force, en moyenne, la décision tous les deux matchs. A 6 journées du terme, le voilà qui savoure le fait « de jouer réellement pour la première fois le haut du tableau », déterminé à aller décrocher la plus belle place possible.
Le voilà qui garde aussi de la lucidité au moment d'analyser ses performances. « Je suis plus costaud qu'avant ma blessure, mais je pense avoir perdu un peu de vitesse, je la retrouverai plus tard. J'ai été blessé longtemps. Le coach, le staff et les préparateurs m'ont expliqué que ça allait être dur, qu'il allait falloir du temps. C'est à moi de travailler en-dehors et de bien récupérer. Mais je sens que petit à petit, mes sensations reviennent ».
Preuve que dans la plus jeune d'équipe d'Europe plus qu'ailleurs, le pragmatisme, comme les responsabilités, n'attend pas le nombre des années.
C.D.
