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Caddy, le grand saut

Une grande silhouette (1,86m). Des cheveux frisés. Pas de complexe sur le terrain mais une vraie timidité au moment de se livrer. Arrivé en équipe première au tout début du mois de janvier, Dorian Caddy est ce que l'on appelle « un vrai petit de chez nous ». Né à Cagnes, le tout nouveau numéro 27 a grandi à St-Laurent et franchi toutes les étapes au Gym, de la pré-formation au groupe fanion. A 20 ans, le voilà pro. Dans le grand bain. L'occasion de faire la connaissance avec un jeune homme ayant rattrapé par le cou son destin...


« Le gros déclic, c'est quand je n'ai pas signé pro »

L'itinéraire est balisé depuis sa plus tendre enfance. Une belle ligne droite en guise de chemin. A 11 ans, Dorian quitte le club de ses débuts, le Stade Laurentin, pour signer sa première licence au Gym. Le début de l'ascension linéaire d'un grand talent du département, cru 95. Fidèle à sa politique en matière de formation, qui fait la part belle aux forts potentiels locaux, le club mise sur le grand Dorian. Après la pré-fo', le voilà qui intègre le centre, à 15 ans. Enchaîne les étapes sans arrêt aux stands. Du moins jusqu'à la CFA. Car la première saison en réserve de l'aîné des frères Caddy (passé au club en jeunes, son cadet Warren évolue à l'AC Ajaccio) sera celle où il se sentira « stagner ».


Dans les chiffres, le robuste avant-centre n'inscrit que 5 petites réalisations. Ne parvient pas à cadrer ses ambitions et à retrouver ses meilleures sensations. S'éparpille. « J'avais fait une saison moyenne, je n'étais pas assez sérieux », explique avec maturité le jeune homme. Aucun contrat ne vient ponctuer cet exercice mitigé. Cette décision aurait pu agir comme un couperet. L'inverse se produit et l'orgueil ressurgit. « Le fait que je n'ai pas signé pro cet été, ça m'a motivé, ça m'a boosté, avance le joueur. Quand je voyais les autres qui franchissaient le palier et pas moi, je me suis dit qu'il fallait me faire violence. J'avais une revanche à prendre. Il fallait du sérieux et de la rigueur. Pendant la préparation, j'ai écouté attentivement le coach Bonadei. Il m'a fait confiance, je pense que ça m'a aidé. J'ai fait les efforts pour reprendre ma progression. »
 

Carton plein en CFA

La machine se remet donc en route avec une licence amateur en guise de statut. Elle tourne rapidement à plein régime. Durant la préparation, Caddy se met d'entrée à faire trembler les ficelles adverses. Le championnat démarre. Il embraye. Dans son style caractéristique - savant mélange de technique et de puissance -, il bonifie le jeu des jeunes Aiglons. Claque 8 pions en 5 mois, plus spectaculaires les uns que les autres. Offre 4 passes décisives.

La réserve joue les premiers rôles. Il s'éclate et intègre pour la première fois le groupe pro à St-Etienne, au mois de septembre. « J'étais à la fois très content, fier et surpris. Je me suis aussi dit que c'était bien, et que je devais continuer sur ce chemin ». La route se poursuit donc du même pied, et prend un virage décisif avec l'avènement de la nouvelle année. Claude Puel l'intègre dans son groupe d'une manière régulière, et le propulse rapidement en pleine lumière. Sans détour. Caddy débute contre Lorient à une place de titulaire.


 

« Je ne vous dis pas la fierté... »

« Tout est allé très vite. J'ai essayé de répondre présent avec mes qualités. J'avais eu une discussion avec le coach Puel. Il m'a dit que mon jeu, c'était appuis, remises, présence et efficacité devant le but. J'essaie d'appliquer les consignes ». La première est convaincante. Son jeu à une touche séduit et ouvre de belles perspectives. Son premier contrat pro se signe dans la foulée. L'histoire reprend un peu plus loin que là où elle s'était figée.

4 apparitions en L1 ont, depuis, gonflé le bilan d'un enfant du sérail qui attend désormais d'inscrire son premier but dans l'élite, vit un rêve éveillé, mais garde les pieds sur terre grâce à la proximité d'un quotidien familier. « Mon père m'a toujours amené à l'entraînement. Actuellement, il m'amène encore, termine dans un large sourire le jeune homme. Il n'a presque jamais loupé un match depuis que je suis petit. Il m'a encadré, et si je suis là aujourd'hui, c'est grâce à lui, à ma famille et mon entourage. Je sais qu'avec ses amis et au travail, ils parlent beaucoup de foot et ils sont heureux de voir qu'en ce moment, ça va plutôt bien pour moi. Le simple fait de figurer dans le groupe pro est un immense bonheur. Alors jouer devant des gros publics, des équipes comme Marseille, Monaco, Toulouse, et avec toute sa famille dans l'Allianz Riviera, je ne vous dis pas la fierté... »

C.D. / Y.F.

 

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