Nice - Marseille
Et les Varois dans tout ça ?
Entre Nice et Marseille existe une rivalité historique. Culturelle. Un sentiment profond qui se niche autant dans le coeur que les habitudes des habitants de deux villes. A côté des us et des sentiments, une barrière géographique se dresse également entre les deux cités : le Var. Alors que 200 km séparent les deux prochains adversaires, OGCNICE.com s'est intéressé à la manière dont le département « au mitan » vit le derby régional.
Mais pour qui donc sont les Varois quand le Gym défie l'OM ? La question apparaît anodine. Toute réponse tranchée impossible. Et ce pour une raison simple : le 83 demeure également une terre de foot avec son histoire, ses institutions et sa mémoire collective. Une identité propre rendant toujours la bataille des voisins particulière à suivre, mais ne rimant pas forcément avec un soutien marqué pour l'une ou l'autre des institutions. « Les Varois sont un peu atypiques, explique avec empathie Pierre Guibert, le président du District du Var. Pas mal de Toulonnais sont contre l'OM. Mais bon, historiquement, les matchs entre Nice et Toulon ont également laissé des séquelles dans les esprits. Donc franchement, c'est difficile de se prononcer à titre général ».
Un avis donnant de l'épaisseur à ce " problème de coeur " d'un territoire ayant perdu sa place dans le paysage pro au début des années 90. Une époque où le Sporting de Toulon bataillait dur avec ses voisins. Où les coups de sécateurs labouraient le terrain. Où le mot derby valait triple (voire un peu plus, si l'on considère Cannes et Monaco…) Toujours difficile à prendre, Bon-Rencontre n'observe plus de matchs de L1 depuis deux grosses décennies. Le Sporting se trouve en CFA2, Toulon-le-Las en CFA, tout comme le FC Hyères. Et alors que la Rade attend de voir renaître une autre entité forte, le leadership varois s'est déplacé vers l'est du département, où l'Etoile Fréjus / St-Raphaël évolue en National.

Une terre plutôt orientée vers la Promenade des Anglais que la Canebière. « A titre personnel, je viens de Fréjus, donc j'allais voir la grande équipe du Gym quand j'étais jeune, avec les Katalinski et Jouve, poursuit le président Guibert. Les gens de ma génération ont grandi avec ce Gym-là. Et puis quand on vient de Fréjus, Nice est aussi plus proche géographiquement »...
Différences Est / Ouest
Loin de contempler cette proximité avec un oeil immobile, de véritables relations se sont nouées entre le Var et la capitale azuréenne. Ce qui offre « quelques billes » aidant à comprendre le positionnement des frontaliers (français) les plus proches. Porté par la volonté de « recruter local » dans son centre de formation, le Gym n'hésite pas à faire confiance au vivier que représente l'après-Mandelieu. Mouez Hassen et Bryan Constant sont nés à Fréjus, les cousins Mendy et Jordan Amavi (parti à Aston Villa cet été) à Toulon, pour ne citer que les derniers exemples parlants. Même s'il n'est pas formé au Gym, Mickaël Le Bihan a également passé une bonne partie de sa jeunesse à St-Raphaël. En face, aucun représentant du 83 ne fait partie du contingent pro de l'OM...

Depuis deux ans, le Gym est également partenaire de l'EFC Fréjus / St-Raphaël, ce qui contribue à cimenter l'entente, comme le confie Antoine Mancino, secrétaire général de l'Etoile : « Chez nous, il y a les pro-Niçois et les pro-Marseillais, c'est difficile de dire qui domine. Mais l'Est du département est tourné vers Nice. Nous échangeons souvent avec les recruteurs niçois, ce qui n'est pas le cas avec ceux de l'OM. Les meilleurs jeunes de chez nous vont au Gym, ils voient que le club peut leur faire confiance. Au niveau des parents, c'est aussi important de voir qu'il y a un club structuré qui n'est pas loin. Sans parler des joueurs formés à Nice qui évoluent actuellement avec notre équipe fanion (Astier, Dao Castellana, Hennion, Jaziri, Digbeu) ».
« C'est vrai que les bons joueurs du département, et par exemple les jeunes de l'Ecole Pierre Puget de Toulon, sont plus orientés vers le Gym que l'OM » embraye Pierre Guibert. « C'est une question de politique sportive. »
Si la route des échanges sportifs semble à sens unique, celle des coeurs possède ses propres détours. Fiers et propres à chaque passionné. « Entre le Gym et l'OM, chacun fera son choix. Mais quoi qu'il arrive, le Niçois reste niçois, le Marseillais marseillais et le Varois varois », termine le président Guibert.
Seule certitude : dimanche soir, tout une région se mettra à l'arrêt. Peu importe son camp...
C.D.
