Interview
Genevois, un retour et de la joie
S'il y en a un pour qui la victoire acquise à Caen possède une saveur particulière, c'est peut-être lui. Titulaire pour la première fois depuis 5 mois et demi et un tibia fracturé à Geoffroy-Guichard, Romain Genevois a tenu son rang 86 minutes durant, à droite de la défense, retrouvant le plaisir de la compétition. Un plaisir qu'il confie avant la réception de Lille (dimanche 14h), résolument tourné vers l'avenir.
Romain, comment se sent-on quand on démarre un match après 5 mois et demi d'arrêt ?
Bien. On a pris le temps de faire les choses comme il faut, sans précipitations. Ce n'est pas comme si j'avais été arrêté un mois ou deux, 5 mois et demi, c'est beaucoup. Du coup, il fallait déjà que je renoue contact avec le groupe aux entraînements, que je reprenne du rythme. J'ai d'abord pu trouver ça avec la CFA.
J'ai apprécié m'entraîner avec cette équipe, jouer avec elle. C'est déjà un très bon groupe, avec un très bon coach (Laurent Bonadei) qui donne du plaisir à l'entraînement. Ça m'a permis de revenir en douceur. J'ai vu sur les premières séances avec les pros qu'il fallait vite que je me remette à niveau pour espérer faire des bouts de matchs. Avant Caen, je me sentais prêt, parce que je n'avais pas grillé les étapes. J'avais repris l'entraînement collectif depuis 15 jours, fait 1 match et demi avec la CFA. Je n'attendais plus que le feu vert du coach.
Quel regard portes-tu sur ta première titularisation de la saison ?
Je suis content parce que ça s'est bien passé, même si c'était à droite. C'est un poste que je connais mais les repères étaient encore plus lointains que dans l'axe. Il fallait se rappeler les bons souvenirs, et surtout corriger le placement. Tout n'a pas été parfait, mais après tout ce temps, je suis quand même satisfait de ce que j'ai pu faire, et heureux d'avoir pu tenir presque le match entier. Les crampes sont arrivées à 5-10 minutes de la fin, donc il s'en est fallu de peu pour que je termine... Ça fait plaisir de refouler le terrain et de retrouver de bonnes sensations. Cela me permet également de prendre la mesure du niveau, du jeu, de l'intensité et de la concentration qu'il faut remettre dans un match. Avec l'équipe première, forcément, ça va plus vite. Ce n'était pas facile mais ça revient bien, et je suis confiant pour la suite. Il va peut-être me falloir un peu de temps pour retrouver mon meilleur niveau, mais c'est sur la bonne voie.

Qu'est-ce qui fait le plus plaisir, être sur le terrain, ou reprendre sa place dans la vie du groupe ?
Quand tu es blessé, le plus souvent, tu ne fais que croiser tes coéquipiers. S'ils s'entraînent le matin, tu le fais l'après-midi, et vice et versa. Refaire les déplacements, c'est vivre avec le groupe. C'est ma 4e saison au Gym, je suis comme à la maison, donc cette vie collective m'a forcément manqué. On aime bien me chambrer, j'aime bien le faire. Le fait de revivre des moments comme ça, de retrouver toutes les petites habitudes du quotidien, c'est tout simplement bon. J'en ai eu un petit aperçu à Ajaccio, avec le forfait de Maxime (Le Marchand) à la dernière minute, mais ce n'était pas tout à fait pareil car il n'y avait pas la victoire au bout. Ce sont des détails, mais quand on ne le vit plus, c'est difficile. C'est quand on les revit qu'on réalise la chance qu'on a de pouvoir être dans le groupe et faire ce métier.
« Je remercie les supporters »
Après la première apparition, place à ton retour à l'Allianz Riviera...
A mon retour à la maison ! On verra si je suis amené à jouer ou pas, mais ce sera déjà bien de retrouver l'Allianz Riviera et le public. Durant ma blessure, on ne peut pas dire que les supporters aient été avares de compliments à mon sujet. Ils ont toujours eu des petites marques d'affection, de soutien. Ils m'ont toujours demandé comment ça allait, se sont toujours montrés impatients quant à mon retour. Désormais, c'est chose faite.
Ça va me faire plaisir de les retrouver, car ils m'ont soutenu tout au long de cette période de disette où rien n'est facile. Il y a toujours la famille, c'est sûr, c'est la base. Mais le fait d'avoir aussi les amis et les supporters en plus, c'est du bonus. Un bonus qui aide dans les moments où c'est compliqué. Je les en remercie. Maintenant, j'espère qu'en allant crescendo, je vais vite revenir à mon meilleur niveau ; et faire de mon mieux pour l'équipe et le club, comme je l'ai toujours fait.
As-tu été surpris par le début de saison du groupe ?
Oui et non. Durant les matchs amicaux, on avait déjà pu entrevoir la qualité de jeu qu'on pouvait avoir. Ça a toujours été le credo et la philosophie du coach. Cette année, il a les joueurs pour l'appliquer. Je ne suis pas surpris, car je pense que c'est un état d'esprit ; par contre, la qualité collective affichée dès le départ pouvait avoir quelque chose de surprenant. On a tendance à mettre l'accent sur Hatem. On ne va se mentir, il a fait des choses extraordinaires et nous a ôté de belles épines du pied sur quelques matchs. Mais il a été suppléé par Valère (Germain), Alassane (Plea) – qui est blessé et dont on ne doit pas oublier l'excellent début -, par le milieu... On a un très bon effectif. Ça s'est vu à Caen, même si on a fait un « petit hold-up », et ça va se voir tout au long de la saison.

Justement, avant de revenir au championnat, gagner « sans être flamboyant » apporte-t-il de la confiance ?
Aucun match n'est facile. Pour moi, les bonnes équipes sont capables de gagner ce genre de duel. Nous avons été en mesure de mettre les buts qu'il fallait, en affichant une grande solidarité. Il y avait beaucoup de jeunes, des revenants (sourires). On ne va pas se plaindre parce qu'on a gagné et qu'il n'y a pas forcément eu de beau jeu. Je suis satisfait de cette victoire, de l'équipe. Avec le coach, on va garder toute l'humilité qu'il faut et continuer à bosser comme ça. Plus les matchs vont avancer, plus les équipes vont nous attendre, plus ça va être difficile. Il y aura encore des rencontres qu'il faudra gagner comme celle de Caen, à la solidarité. A la gnac. Et avec un brin de chance...
Que t'inspire cet adversaire lillois ?
On va croiser quelque collègues, un récent (Eric Bauthéac) et un d'un peu plus longue date (Renato Civelli). Ça va faire plaisir de les retrouver, comme je pense qu'ils apprécieront le fait de revenir ici. On connait la particularité des joueurs qui croisent leurs anciens clubs... Il va falloir être vigilant. Lille est une équipe difficile à jouer, qui a besoin de résultat, composée d'éléments de qualité. Il va falloir qu'on gère, qu'on ne se laisse pas endormir, qu'on fasse preuve de concentration. Je pense que ce sera un beau match, il faudra le gagner.
C.D.
