Interview

Morabito, retour « en enfance »

Le déplacement à Angers avait permis de braquer la lumière sur Dominique Morabito, dernier Niçois ayant fait trembler les filets angevins dans l'élite (saison 80/81), avant Valère Germain. Après un retour sur son but, l'ancien milieu défensif formé au Gym, ayant connu l'élite à Nice, avant d'évoluer à Tours, Dunkerque et St-Raphaël comme joueur (et d'embrasser une carrière d'entraîneur qu'il poursuit toujours en amateur), a accepté de replonger dans le temps. Avec le même regard qu'avait « le petit du centre » lorsqu'il a éclos au haut niveau.

Dominique, quels souvenirs gardez-vous de votre passage au Gym ?
D'excellents ! J'avais eu la chance de jouer aux côtés de grands joueurs comme Katalinski, Baratelli, Jouve ou encore Guillou. J'ai côtoyé une génération formidable qui m’a profondément marqué.  Derrière, nous étions « les petits princes », avec notamment Daniel Bravo. C'était la belle époque. Nous avions un centre de formation superbe, c'est un moment de ma carrière que je n'oublierai jamais.

En quoi ces années vous ont-elles marqué ?
J'ai beaucoup appris, tant sur le plan sportif que dans ma vie personnelle. Lorsqu'on était aspirant au centre, on avait la chance de pouvoir évoluer avec les pros, en bénéficiant de l’aide de Katalinski, qui nous donnait des conseils à l’entraînement ou en match. Nous avons également connu un entraîneur, Koczur Ferry, qui nous faisait même passer les diplômes d'entraîneur. C'est dire... Que ce soit en tant que joueur ou en tant que coach (il entame sa 17 saison sur le banc de St-Georges-les-Ancizes, une DH de la Ligue Auvergne, ndlr) mon passage à l’OGC Nice a joué un rôle capital dans ma carrière.

Quelle était la nature de vos relations avec les supporters ?
Ce sont des passionnés, toujours là pour leur équipe. Je me souviens d’un soir en particulier. J'habitais Antibes et je venais tout le temps en moto. Ce soir-là, au Ray, après le match, elle était tombée en panne. Un inconditionnel du Gym, Jean-Pierre Luporini, a proposé gentiment de me ramener, en emportant la moto également dans son coffre. Ce n'est qu'un exemple, mais vous ne voyez ça nulle part ailleurs...

Avez-vous une anecdote à nous livrer ?
Une à propos de Roger Jouve. On disputait les 16es de finale de la Coupe de France face au PSG (à l'époque, les confrontations se déroulaient sur le format aller-retour). On est tenu en échec à domicile (1-1) et quinze jours plus tard, on assure notre qualification au Parc des Princes, après prolongation (4-4). J'étais jeune, pour moi, c'était extraordinaire d'accéder au tour suivant en éliminant le PSG. A l'aéroport, Roger Jouve sort de son bagage le ballon du match, il me le transmet et me dit : " tu vas le garder toute ta vie ". Ce sont des personnes que l'on ne peut pas oublier, encore aujourd'hui, je m'en souviens toujours avec la même émotion.

Quel regard portez-vous sur le club aujourd'hui ?
Quel que soit le classement, j'ai et j'aurai toujours un regard d'enfant lorsqu'on me parle de l'OGC Nice. J'y ai croisé des entraîneurs remarquables et des joueurs qui l'étaient tout autant. Ça restera ancré en moi d'une manière indélébile.

R.B.