Interview
Paisley, histoire d'une reconversion réussie
Il n'est resté que deux saisons au Gym. Deux saisons passées à batailler pour le maintien (de 2009 à 2011), alors qu'il arrivait en fin de carrière, après avoir roulé sa bosse pendant plus de 15 ans au haut niveau. Pourtant Grégory Paisley (37 ans) a laissé une impression impeccable sur la Côte d'Azur. Celle d'un excellent équipier, porté par un état d'esprit irréprochable, et d'un homme intelligent faisant l'unanimité. Devenu consultant pour la chaîne beIN Sports, l'ancien défenseur nous livre ses souvenirs du Gym et les clefs de sa reconversion, la voix joyeuse et le ton pertinent.
Grégory, tu n'as pas perdu de temps pour trouver une reconversion idéale...
C'est vrai, la transition est parfaite, car elle me permet de rester dans le milieu dans lequel j'ai toujours évolué, tout en l'appréhendant différemment. Lorsque j'ai terminé ma carrière de joueur, j'en avais ras le bol du ballon, je m'étais dit que j'avais besoin de couper. Et puis finalement non. J'ai baigné dans le foot toute ma vie, ce sport me rattrapera toujours, quoi qu'il arrive. Là, je commente des matches, je fais également de la radio avec mon ami Pierre Ducrocq (ex joueurs du Paris SG et du Havre, entre autres, ndlr) : je consomme la juste dose de ballon pour être bien, c'est parfait.
Qu'est-ce qui t'a surpris lors de ton passage « de l'autre côté » du terrain ?
Les énormes moyens techniques qu'il peut y avoir autour d'un match. Moi, je n'ai plus qu'à commenter lorsque j'arrive au stade, mais les techniciens fournissent « un travail de fou » pour nous mettre dans ces conditions. Pour faire un parallèle, c'est un peu comme quand on est joueur. On est dans une bulle, et tout le monde oeuvre pour que nous n'ayons qu'à penser au terrain.

Justement, la fin de « cette bulle » dans laquelle le joueur de foot évolue n'est-elle pas trop difficile à gérer ?
Si tu ne commences pas à penser à l'après carrière pendant que tu es joueur, c'est sûr que tu peux te retrouver complètement déboussolé après. D'où l'importance d'être bien entouré. Il ne faut pas perdre de vue que seulement les éléments qui jouent dans de grands clubs sont millionnaires. Sinon, une carrière professionnelle te permet de vivre tranquillement pendant 10 ans, mais il faut de toute manière repartir au boulot à un moment donné. Et quand tu as toujours été joueur, tu ne rentres dans aucune autre case, ce qui peut rendre la suite très délicate...
Pensais-tu à ce rôle de consultant depuis longtemps ?
Non. Au départ je n'avais pas trop d'idée et cela s'est fait par hasard, c'est une chance. Ça métier me plait beaucoup, mais globalement, je ne suis fermé à aucun challenge. Par exemple, l'idée d'intégrer une cellule de recrutement, ou d'occuper une autre fonction au sein d'un club à un moment dans ma vie, ne me déplait pas du tout.

Ce qui serait également un bon moyen de capitaliser sur ta longue expérience de joueur...
C'est vrai que j'ai pas mal bourlingué, connu pas mal de choses sur le terrain (en passant notamment par Paris, Rennes, Le Havre, Sochaux, Troyes, Strasbourg, Guingamp...) J'ai été formé au Paris SG, et pour dire la vérité, je me serais bien vu faire toute ma carrière là-bas. Mais au moment où je commençais à jouer en première, je me suis blessé. J'ai donc dû quitter le club, et à partir de ce départ, j'ai voulu découvrir un maximum de choses dans mes différents clubs. Je pense que ça m'a bien servi, car au final, même maintenant, je croise beaucoup de joueurs avec qui j'ai joué ou de personnes que je connais quand je pars commenter les matches, c'est toujours sympa.
Marqué par le Ray
Quels souvenirs gardes-tu de ton passage sur la Côte d'Azur ?
Humainement, j'ai vraiment « kiffé » mes deux saisons à Nice. Certes, je n'ai pas beaucoup joué la seconde, car j'arrivais en fin de carrière et j'étais surtout là en complément. Mais j'ai rencontré des super personnes au club, avec qui je garde le contact régulièrement, comme le kiné Remy (Garcia), l'incontournable Nabil ou encore Yannick (Faraut, des médias du club). Au-delà du sportif, le cadre de vie est tout de même extraordinaire. Je suis un pur « titi » Parisien (né dans le 15e arrondissement), mais si je devais quitter la capitale, ce serait pour vivre dans cette région...
Si tu devais retenir un seul moment de ton passage sur la Côte ?
(Après un moment de réflexion ) C'est toujours difficile de penser à un unique moment. Cependant, si je devais n'en mentionner qu'un, je dirais l'atmosphère qui régnait autour de la demi-finale de Coupe de France face à Lille. J'étais remplaçant, mais quand j'ai vu l'ambiance au Ray, ça m'a vraiment marqué. C'était hallucinant.

Lors de sa première conférence de presse, Albert (18 ans) t'a cité en exemple, quand on lui a demandé les joueurs qui avaient compté pour lui lorsqu'il a intégré le groupe pro...
Il a dû apprécier ma patte gauche (rires). Plus sérieusement, c'est sympa à lui. Je ne jouais pas trop quand il est arrivé avec nous, mais c'était assez naturel pour moi de l'aider à s'intégrer, surtout que c'est un bon jeune, très réservé. J'ai pu voir Albert lorsque j'ai commenté Caen / Nice, juste avant la trêve. On a pu discuter, et je lui ai encore donné quelques conseils entre nous. On verra s'il les suivra ou pas...
Y a-t-il d'autres joueurs dont tu es resté proche ?
Il y a Lionel Letizi, qui était encore sur le terrain à mon époque, et bien sûr mon ami Didier Digard. Il n'a pas été épargné par les blessures cette saison, et je pense que s'il avait pu être au top, ça aurait pu faire beaucoup de bien au Gym. C'est un joueur d'expérience qui aurait permis de prendre quelques points en plus. Son retour sera profitable à l'équipe.
Propos recueillis par C.D.
