Portrait

Julien Vercauteren, le talent brut

Apparu lors des trois dernières rencontres, Julien Vercauteren (21 ans), est en pleine découverte. Le milieu offensif belge, niçois depuis le début de l'été, effectue son apprentissage les yeux grands ouverts.

Il est la première des six recrues du mercato estival niçois. La moins expérimentée, aussi. Arrivé début juin en provenance du Lierse, petit club de première division belge, Julien Vercauteren (21 ans) vient d'enchaîner ses deux premières titularisations en rouge et noir. Aligné sur le flanc droit de l'attaque, le polyvalent milieu « a montré des qualités intéressantes », selon Claude Puel. « C'est un garçon en devenir, qui doit encore travailler collectivement et tactiquement pour donner sa pleine expression. Un joueur talentueux qui va beaucoup nous apporter. »

International belge et ancien coach du néo-Niçois, Eric Van Meir fait référence à « un joueur instinctif, pur sang ». Il s'avoue aussi « surpris » par son envol précoce vers la Ligue 1, « vu sa jeunesse ». « Mais c'est un beau challenge qui se présente à lui. Il peut se révéler comme une belle surprise. »

« En confiance, il peut tout casser »

« Il possède déjà un solide bagage pour son âge », ajoute son ex-coéqupier Rachid Bourabia, passé par Dijon et Beauvais. « Avec un bon suivi et un coach comme Claude Puel, son ascension peut devenir très intéressante. Techniquement, il fait ce qu'il veut. Physiquement, il n'a pas un gabarit impressionnant mais compense par une bonne protection de balle. En confiance, il peut tout casser. »

Contre Bordeaux, le nouveau porteur du numéro 7 a failli être buteur. A défaut de trouver le cadre sur sa tentative, il a finalement été passeur pour Alexy Bosetti. « Le football français va beaucoup plus vite. Et je n'avais jamais connu un club aussi structuré », analyse celui qui a également été bien intégré dans la vie du groupe. Surnommé Bart Simpson en référence à sa coupe de cheveux – Alexy Bosetti a vendu la mèche – Julien Vercauteren se fait sa petite place dans le vestiaire. La question qu'on lui pose le plus souvent ? « On me demande si je mange beaucoup de frites », se marre-t-il.

« Dans le vestiaire, c'est un bon déconneur », se souvient Bourabia. « Les premiers temps, il ne va pas faire le malin parce que tout sera nouveau : le pays, la culture, ses coéquipiers... Mais c'est un garçon très ouvert et attachant. Et par-dessus tout, un gros bosseur. Il est très demandeur, il veut toujours en faire plus. » En témoigne le soir de son arrivée en France. Avant même la reprise de l'entraînement, le transfuge avait enfilé ses baskets pour aller courir sur la Promenade des Anglais à... 23 heures passées.

« C'est un gagneur, un joueur qui veut beaucoup travailler », confirme Van Meir. « C'est le moment pour lui de percer, et il doit s'en donner les moyens. Être à l'écoute, regarder, apprendre. Prendre conscience qu'au foot, les buts et les passes comptent davantage que les petits ponts. "Efficacité" : c'est le mot que je lui ai le plus souvent répété. » Avec une bonne concurrence au milieu et sur les postes offensifs, "Verko" le sait : le plus dur ne fait que commencer.

Y.F.