Interview

Mathieu Bodmer : « Une période à part »

Plus de 400 matchs professionnels au compteur, le néo-défenseur est devenu le joueur le plus expérimenté du groupe après le départ de Fabrice Abriel. Depuis Divonne-les-Bains, où le Gym effectue son premier stage d'avant-saison, il raconte la quinzième préparation de sa carrière.

Mathieu, as-tu compté le nombre de stages que tu as effectués dans ta carrière ?
Celui-ci est mon quinzième. Ça ne nous rajeunit pas (rires) ! Non ça va, je ne suis pas encore vieux. Mais ça passe vite...

Te souviens-tu du premier ?
C'était à Caen. Je m'entraînais avec le groupe professionnel depuis janvier, sans être encore apparu en championnat. A cause du bac, je n'ai pas participé à l'intégralité du stage. Si j'étais stressé ? J'ai la chance de ne jamais l'avoir été. Puis je connaissais déjà la plupart des joueurs... Ce n'est pas comme si je débarquais pour la première fois. 

Que penses-tu de l'attitude des actuels petits nouveaux ?
Ils sont à l'écoute. Respectueux et travailleurs. Ils font les soins et la musculation comme il faut. C'est le plus important. Quand tu arrives dans un groupe pro, il faut se faire petit. Moi, ma première année, je n'ai quasiment jamais parlé. Mes premiers aînés - Grégory Tafforeau, par exemple - avaient déjà 3-4 ans de plus que moi. Il y avait une grosse différence. Les jeunes niçois, aujourd'hui, ont la chance de débarquer à plusieurs. Ils se connaissent, passent du temps ensemble. C'est plus simple, le stage passe plus vite pour eux. 

« les moyens ont évolué »

La préparation a-t-elle changé au fil des années ?
Beaucoup. A Caen, elles étaient très axées sur le foot. Mais je me souviens avoir beaucoup souffert lors de ma première préparation à Lille, en 2003. Déjà avec le coach Puel. C'était la première fois que je partais 10-15 jours en stage. Beaucoup de physique. Hier et aujourd'hui (lundi), nous avons triplé le entraînements. Mais par le passé, il m'est arrivé de le faire six jours consécutifs. Je crois que les séances sont mieux jaugées aujourd'hui. Les efforts sont mieux répartis sur la journée et la semaine de travail. Les moyens – humains ou matériels – ont également évolué. Nous avons trois préparateurs, chacun son GPS. A l'époque, nous avions une montre pour huit joueurs. C'est plus individualisé, professionnel et pointu.

Le repos a également son importance...
Il fait partie du métier, encore plus lors d'une préparation. Quand tu te lèves à 6h30, que tu enchaînes à 10 heures, une sieste est impérative pour faire une séance de qualité en fin d'après-midi. Il faut manger équilibré, faire rigoureusement les soins. Là aussi, nous avons la chance d'avoir des bains froids et chauds quasiment partout où nous nous déplaçons. Un médecin, des kinés et ostéopathes nous suivent ; ce sont des gages de réussite pour un bon stage. 

Les retrouvailles avec le ballon ?
Personnellement, je ne le quitte jamais plus de deux ou trois jours. En vacances, je joue au futsal, dans le jardin avec mes potes ou au basket. Sinon, ça ne va pas (il sourit).

« On souffre ET on veut jouer ensemble »

Finalement, ces stages sont-ils vraiment la pire période de l'année ?
Avant, j'avais du mal. Mais avec l'âge, ils font partie des moments que j'apprécie. En chambre avec Didier (Digard), à table avec tout le monde, j'échange. On souffre ensemble, on veut jouer ensemble. Les années passent, ces instants sont à savourer. Sans la pression du résultat, ils sont aussi à part dans une saison.

Mine de rien, il ne s'agit que de ta première préparation avec le Gym...
L'an dernier, je n'étais arrivé de Paris qu'en septembre. Mais je connais le coach et ses attentes depuis des années.

Y a-t-il de si grosses différences d'un club à un autre ?
Chaque club a sa touche, ses envies. Mais tout se ressemble plus ou moins. A Paris, au maximum, on faisait deux séances au lieu de trois, mais plus longues.

Une année sur deux, votre stage se déroule en même temps qu'une compétition internationale. Que penses-tu de la Coupe du Monde ?
Je l'ai trouvée très belle jusqu'aux quarts de finale. Beaucoup de buts, de suspense avant que l'enjeu ne prenne le pas sur le jeu. Lors de France – Allemagne ou Belgique – Argentine, le rythme en a pris un coup. Peut-être à cause de la chaleur à 13 heures, aussi. On a vu un beau Colombie – Brésil, mais je préférais les matchs de fous qu'on a pu voir en poules.

« La Coupe du Monde ? Pour l'Argentine, j'espère »

Tu avais des connaissances parmi les différentes équipes ?
J'espérais que David (Ospina) se qualifie. J'ai quelques amis en Equipe de France et j'ai côtoyé certains joueurs du Nigéria, de la Suisse... J'apprécie surtout découvrir des nouveaux joueurs. Ou des équipes, comme celle du Costa Rica ou de l'Algérie. De nouveaux pays arrivent. C'est très bien.

Le carré final ?
On retrouve souvent les mêmes équipes... Et ça va encore être serré. Chez lui, malgré la pression, le Brésil est probablement favori. Ma préférence ? Plutôt l'Argentine. J'aime bien leur style, l'ambiance dans leurs stades. Et s'il soulève la coupe, on ne dira plus que Messi ne gagne rien avec son pays.

Pour en revenir au Gym, vous affrontez Bordeaux samedi...
Finir un stage par un match, c'est important. Cela permet de voir où nous en sommes, même après 13 petits jours. Il fera chaud, nous sommes en altitude et nous affronterons une équipe qui a repris avant nous. Nous serons dans le dur mais ça nous fera du bien. 

Y.F.