Interview croisée

Albert et Honorat : « Notre première »

Déjà apparus à plusieurs reprises en Ligue 1, Albert Rafetraniaina et Franck Honorat ont honoré à Annecy la toute première titularisation de leur jeune carrière. Purs produits du centre de formation niçois, les deux internationaux U18 partagent un autre baptême : celui de l'interview. Sur OGCNice.com, évidemment.

Comment avez-vous vécu votre première titularisation en Ligue 1 ?
Franck Honorat : Lors de la dernière réunion avant le match, nous avons vu notre nom sur le tableau. Nous ne nous y attendions pas du tout ! Ça nous a fait très plaisir. Et personnellement, j'ai immédiatement ressenti beaucoup de pression.
Albert Rafetraniaina : Moi je n'ai rien pensé. J'étais relax (rires). Non sérieusement, j'ai juste essayé de ne pas prendre la tête. 
F.H. : L'important était de tout donner. Saisir notre chance.

Votre premier réflexe ?
F.H. : J'ai envoyé un sms à mon père. "Regarde-moi à la télé." 
A.R. : Rien de particulier.

Entrer en jeu ou débuter titulaire, ça change quoi ?
A.R. : Il faut être prêt d'entrée. Rentrer face à des adversaires qui ont déjà 60-70 minutes dans les jambes, ce n'est pas la même chose. 
F.H. : D'habitude, on rentre pour apporter notre vivacité. 
A.R. : Ou, dans mon cas, bien défendre. Ne pas commettre de fautes et, si je peux, aller vers l'avant. 

Le coach vous a-t-il parlé avant le match ?
A.R. : Pas spécialement.
F.H. : Il nous a juste dit de jouer comme nous savons le faire et que tout se passerait bien. 
A.R. : Fabrice (Abriel) m'a parlé, aussi. Il m'a dit de jouer tranquillement, de rester calme. De garder confiance en moi.
F.H. : Nicolas Benezet (milieu évianais, ndlr) a eu quelques mots sympas pour moi avant le coup d'envoi. Il m'a aussi prévenu que pour eux, ce match était leur Ligue des Champions. 

Selon certains avis, votre titularisation a "faussé le championnat". Qu'en pensez-vous ?
A.R. : C'est n'importe quoi. Depuis l'an dernier, le coach fait jouer des jeunes. 
F.H. : Ça a toujours été comme ça. Les joueurs des autres clubs nous disent que nous avons vraiment de la chance. Que nous avons l'un des meilleurs entraîneurs de France, qui fait confiance aux jeunes. 

Votre sentiment à la sortie du terrain ?
A.R. : Moi, je suis sorti avec des crampes. J'ai forcé, j'aurais bien continué... Mais mon corps a dit stop.
F.H. : J'ai juste envie d'être dans le groupe lors du prochain match. Titulaire ou remplaçant, je travaille pour réapparaître.

Qu'avez-vous fait de votre maillot ?
A.R. : Nous l'avons donné aux supporters.
F.H. : Ils ont fait le voyage, ils nous ont soutenu tout au long du match. Même à 2-0, ils chantaient encore. C'était normal de les remercier.

Et votre tout premier maillot ?
F.H. : Celui de mon entrée contre Bordeaux (3 novembre 2013), je l'ai offert à mes parents.
A.R. : Moi, c'était celui contre Reims, la saison dernière (6 octobre 2012). Je l'ai donné au coach Pires qui a fait beaucoup pour moi aux niveaux football et humain.
F.H. : Moi aussi, je lui en ai donné un.

L'OGC Nice pour vous ?
F.H. : Je ne suis né qu'à une heure de Nice. Cette ville, ce club, ce blason... C'est quelque chose.
A.R. : C'est comme une famille. Je n'avais que 13 ans lorsque je suis arrivé ici. On m'a accueilli. Les intendants du centre, les éducateurs m'ont pris sous leur aile.
F.H. : C'est difficile à décrire, mais je me sens bien ici. Comme chez moi. Chaque matin, je suis heureux de me lever pour aller m'entraîner. Il y a des coups durs, bien sûr. Mais ce n'est que du bonheur.
A.R. : Oui, c'est vraiment l'esprit de famille.

Votre progression ?
F.H. : Tout se passe bien pour le moment. Même plus vite qu'on aurait pu l'imaginer. Je n'aurais pas cru jouer, ni même m'entraîner chez les pros cette année. Mais c'est beau. Il faut savourer et persévérer.
A.R. : C'est allé très vite. Deux ou trois matchs avant ma première entrée chez les pros, j'étais encore ramasseur de balles !

Albert, beaucoup de supporters t'ont découvert sur scène, le soir de la qualification pour l'Europa League, lorsque tu as mis le feu au micro (photo ci-contre)...
A.R. : C'était les hormones (rires). La réserve venait de monter en CFA, les pros avaient terminé quatrième : c'était la folie ! Et effectivement, avec l'adrénaline, j'ai fait tout et n'importe quoi. Mais pour ma défense, je n'étais pas seul (rires).

Vos objectifs pour la suite ?
A.R. : Répéter un maximum de matchs en Ligue 1, faire une carrière à la Fabrice Abriel. C'est mon modèle niveau football, mais également par son comportement. Sans le connaître, les gens peuvent lui reprocher d'être nonchalant. Mais en vrai, c'est un mec en or. Toujours souriant dans la vie, et à fond sur le terrain. Il donne beaucoup de conseils.
F.H. : J'espère apparaître le plus souvent possible en Ligue 1. Continuer de progresser. Inscrire un maximum de buts.
A.R. : Je veux faire le plus de tacles possible en Ligue 1. Sans prendre de carton rouge, bien sûr (rires).

Y.F.