Bosetti suspendu

Jean-Pierre Rivère : « Un abus de pouvoir »

Scandalisé par le maintien de la suspension d’Alexy Bosetti, le président Jean-Pierre Rivère dénonce « un abus de pouvoir » et s’interroge sur le message que passe cette décision.

Quelle est votre réaction après l’annonce du maintien de la sanction à l’adresse d’Alexy Bosetti ?

C’est scandaleux, et à double titre. Sur le fond, comme sur la forme. Sur la forme, parce qu’on a attendu toute la matinée une décision, et qu’on a fini par l’apprendre par des indiscrétions de journalistes à qui le président de la Fédération avait communiqué l’information. C’est irrespectueux vis-à-vis du club et du joueur d’en prendre connaissance de cette manière.

Sur le fond, on a affaire à un joueur qui aime son club et sa ville. Il le démontre à chacun de ses matchs et à chacun de ses buts. Si cela doit entraîner une sanction, cela interroge sérieusement sur l’évolution du football. Avoir un joueur attaché à ses couleurs jusqu’au plus profond de lui-même est une chance pour nous bien-sûr, mais pour tout le monde du foot aussi. Surtout dans une période où l’on ne cesse de regretter que certains joueurs en France et ailleurs adoptent un comportement de mercenaires. Il faut savoir ce que l’on veut. Donc, une sanction comme celle-là laisse forcément perplexe. La prochaine fois, ce sera quoi ? Une suspension pour avoir embrassé son blason ?

 

Vos propos sont forts, craignez-vous qu’ils aient des conséquences sur de prochaines décisions ?

Certainement que mes propos vont déranger, mais si on ne devait parler que pour plaire à tout le monde… Non, vraiment, si on commence à infliger un match de suspension pour ce geste, il va y en avoir beaucoup des suspensions en France… Pour tout dire, on a la sensation qu’Alexy a été ciblé. Alors qu’il est monté s’expliquer devant les membres de la commission d’appel pour enlever toute ambiguïté. Cette décision, aujourd’hui, c’est un abus de pouvoir.

 

Même si la commission d’appel déjuge rarement la commission fédérale de discipline, vous aviez quand même décidé de faire appel cette semaine. Pourquoi ?

Parce qu'on en fait une question de principe depuis le début. Ce n’était pas pour avoir Alexy coûte que coûte sur le terrain à Valenciennes, puisqu’il se trouve qu’il est légèrement blessé (au mollet, ndlr) et que Claude avait prévu de ne pas l’emmener dans son groupe.

Compte tenu de cela, nous n’irons pas au-delà. Cela ne sert à rien. Le match est demain (samedi), et si une nouvelle procédure était suspensive cela ferait peser un risque qu’il manque non seulement Valenciennes pour blessure et Monaco pour suspension si celle-ci était à nouveau confirmée en début de semaine.

Tout ceci n’est même pas une parodie de justice. Ce n’est pas de la justice, tout court. Nous ne pouvions pas ne pas monter au créneau. C’est pour la même raison que nous avons décidé de faire appel de l’amende des 15.000 euros dont nous avons écopé pour Nice – Saint-Etienne (« en qualité d’organisateur »). Nous ne laissons pas passer ça, non plus.