Interview
Lionel Letizi : « Le travail se poursuit »
Les absences cumulées des gardiens de but niçois ont permis à Anthony Mandréa de devenir le plus jeune gardien de l'histoire de la Ligue 1. De retour de suspension, Luca Veronese, 22 ans, découvrira à son tour l'élite, samedi au Parc des Princes. Un lieu que l'entraîneur général des gardiens connaît plutôt bien.
Lionel, des nouvelles de David Ospina ?
Il doit garder son atèle quinze jours. La douleur est un peu moins importante et moralement, il gère sa blessure avec philosophie. Cela fait partie du métier et David commence à être expérimenté. Bien sûr, il est déçu de louper les matchs à Paris, contre Saint-Etienne ou encore ceux avec sa sélection. Mais ce n'est pas non plus une trop grosse indisponibilité. Et il s'agit de sa première.
Qu'as-tu dit au tout jeune Anthony Mandréa lors de sa rentrée ?
Dans sa posture, il y avait deux objectifs principaux : ne pas se blesser – donc bien continuer l'échauffement – et ne pas se faire expulser. Mine de rien, il faut en tenir compte ! Après, il n'avait rien à craindre. Il ne jouait pas sa carrière sur cette mi-temps...
Des jeunes à l'élite, quelles sont les différences majeures ?
Tout change. Même Anthony l'a reconnu. Depuis les tribunes, on ne se rend pas compte. On pense pouvoir être au niveau. A l'entraînement puis sur le banc, on comprend un peu mieux. Alors quand on rentre... En termes de vitesse, d'intensité, c'est le jour et la nuit.
Avais-tu déjà connu une telle hécatombe au niveau des gardiens ?
Je ne crois pas. C'est assez rare... Il me semble que c'est arrivé à Toulouse, il y a quelques saisons en arrière (2009/2010 avec les absences cumulées de Pelé, Valverde et Vidal, ndlr).
D'où l'intérêt de former de bons gardiens...
Un bon travail est effectué au centre de formation par Thierry Malaspina et Jérémy Quiez, lui-même passé par le centre de formation. En témoigne le jeune Zacharie Boudersa, arrivé cet été du monde amateur, qui s'est retrouvé titulaire en CFA contre Monaco. Par la force des choses, avec ses qualités et ses défauts, il est bien rentré. On sent quelque chose chez nos gardiens. Lorsqu'ils viennent s'entraîner avec nous, ils montrent des réflexes très intéressants au niveau du placement, du commandement.
Tu restes attentif aux tout petits également...
Le travail mené depuis plusieurs saisons aux différents âges se poursuit. Toujours avec les mêmes éducateurs (Nicolas Gillis, Jean-Louis Marcadal, Aurélien Amoroso). Dès tout petit, ils ont un programme d'entraînement et l'appliquent. De temps en temps, je vais voir ça de plus près.
Comment se passe le prêt de Joris Delle à Bruges ?
Je regarde tous ses matchs : c'est de mieux en mieux. Il a eu besoin de trois-quatre rencontres pour retrouver le rythme et depuis, il est décisif pour son équipe. Il a très bien travaillé l'an dernier et n'avait besoin que d'enchaîner. Qu'il le fasse sur la saison entière et je suis certain qu'il va encore beaucoup progresser.
« Le PSG, une belle petite équipe de copains »
A l'approche de son baptême en Ligue 1, comment sens-tu Luca Veronese ?
Il s'entraîne tout à fait normalement. Il n'y a rien à révolutionner. Une opportunité va se présenter à lui ; il travaille pour depuis des années. Il va avoir sa chance sur plusieurs matchs et je ne me fais pas de souci pour lui.
Ton avis sur le PSG ?
C'est une belle petite équipe de copains (rires) ! Plus sérieusement, je les vois finir loin devant. Lille ou Monaco essayeront de les accrocher mais ils restent la grosse équipe de ce championnat. Solide, technique, expérimentée... Ils savent quoi faire et je leur souhaite d'aller le plus loin possible en Ligue des Champions.

Ce n'est plus le même club qu'à ton époque...
Nous, c'était un PSG aux petits moyens ! Maintenant, c'est énorme. Ibrahimovic, Cavani, Thiago Silva, Thiago Motta, Verratti... Sans oublier leurs Français qui sont tous internationaux. Ce Paris nous ramène plutôt à celui des Weah et Raï.
Quel souvenir gardes-tu de ton époque parisienne ?
C'est un club qui marque à vie. Tout n'y est pas toujours facile. La pression quotidienne est importante. Mais quand tu ne l'as plus, tu réalises qu'elle te manque. J'ai vécu six belles années là-bas (2000-2006). Des matchs de Ligue des Champions, des classicos... Quelques beaux moments de ma carrière.
Le climat du Parc des Princes a changé...
Avec ses bons et mauvais côtés. Il est visiblement plus sécurisé, plus calme et destiné aux familles. La hausse des prix et les décisions concernant les groupes de supporters ont cependant leurs conséquences sur les chants et l'ambiance.
Le point de vue d'un gardien sur l'Allianz Riviera ?
Vu l'acoustique de ce stade, il ne faut pas chercher à parler à un coéquipier à plus de 40 mètres ! Mais cela fait partie du jeu, et met un gardien directement dans son match. Il n'y a pas de temps de latence, tu es immédiatement sous pression.
Y.F.
