Interview

Jérémy Pied : « Le jeu avant les points »

Impérial à l'Allianz Riviera, moins à l'aise en déplacement, l'OGC Nice réalise en attendant une bonne entame sur le plan comptable. Pas une finalité pour Claude Puel, davantage porté sur le contenu. Ni pour ses joueurs, à l'image de l'ailier de 24 ans.

Imprenable à domicile, le Gym peine à l'extérieur...
Sur nos premiers déplacements, nous avions du mal à nous projeter vers l'avant, à presser haut comme à domicile. Il faut le reconnaître : devant notre public, avec l'élan qu'il nous donne, il est bien plus simple de prendre nos adversaires à la gorge dès les premières secondes. A Nantes, nous sommes complètement passés au travers. A Toulouse puis Bastia, après une grosse remise en question, nous nous sommes en revanche procurés bien plus d'occasions. Certaines hors-cadre, d'autres sauvées par l'adversaire. Mais nous progressons.

Le 1-0 sur les quatre dernières journées est-il significatif ou le fruit du hasard ?
Que l'on ait gagné ou perdu, il y a toujours eu beaucoup plus d'occasions que de but. David (Ospina) a réalisé un grand match contre Marseille. Mickaël Landreau nous en a aussi sorties quelques unes. Les scores auraient pu être plus lourds. Ce n'est que le hasard.

Le constat après onze journées ?
Notre début de saison est déjà meilleur que le précédent sur un plan comptable. Mais justement, le coach nous demande d'oublier un peu les points. De se focaliser davantage sur le projet de jeu, bien mieux assimilé aujourd'hui. Nous en avions une idée l'an passé, mais les joueurs ne se connaissaient pas aussi bien. Les recrues de cet été se sont également fondues dans le groupe ; la machine est en route.

Comment les joueurs se sentent-ils à l'Allianz Riviera ?
Très bien. Au-delà des résultats, on le voit aux efforts fournis. Pour se projeter, grappiller des ballons, le soutien du public nous aide beaucoup. Et dans ce stade à l'anglaise, chaleureux, avec des supporters deux à trois fois plus nombreux, c'est énorme.

« Toute la ville derrière l'équipe »

Le club est-il en train de franchir un cap ?
Notre nouveau stade matérialise complètement la tournure que prend l'OGC Nice, sous l'impulsion du président, qui nous apporte beaucoup de confiance. Notre jeune équipe a accroché l'Europe bien plus tôt qu'on ne l'attendait. Les Niçois qui aiment le foot peuvent aujourd'hui prendre beaucoup de plaisir avec leur équipe. Et j'ai l'impression qu'ils sont très nombreux. Toute la ville semble mobilisée autour du football à Nice. La dynamique est magnifique.

Une pression supplémentaire ?
Beaucoup d'adrénaline, surtout. Et ça nous va très bien.

Les prochains caps ?
A court terme, faire que l'Allianz reste imprenable et commencer à ramener des points de l'extérieur. A moyen terme, se maintenir autant que possible dans le haut de tableau pour encore progresser dans le jeu, l'esprit libéré. Et pourquoi pas ramener un trophée ?

Êtes-vous vraiment plus attendus qu'avant ?
Oui, sans hésitation. On le réalise à travers les médias ou même nos adversaires, qui se méfient et nous respectent davantage. L'effet de surprise dont nous avons pu bénéficier l'an passé s'est estompé. Nos matchs s'en trouvent plus compliqués mais pour une équipe jeune comme la nôtre, ce n'est que du positif.

A titre personnel ?
Mentalement et physiquement, je suis toujours prêt à me battre pour le collectif. Pour la gagne. Je m'en veux toujours pour mon occasion manquée à Toulouse et ma barre contre Marseille. Je veux être plus efficace. Et je travaille pour, même si la victoire de l'équipe passe d'abord.

La Ligue 1 cette saison ?
La domination de Paris et Monaco n'est une surprise pour personne. Et comme l'an dernier, Lille et Saint-Etienne ne sont pas loin. Toujours costauds, en forme. La mauvaise passe de Lyon et Marseille est plus surprenante mais nous n'en sommes même pas au quart du championnat. Beaucoup de choses peuvent encore se passer. Nous, nous sommes un peu au milieu de tout ça, et plutôt vers le haut. C'est motivant. Chaque match, nous avons l'enjeu de laisser notre adversaire du jour encore plus loin, ou le recoller.

Quatre pensionnaires de L1 figurent parmi les vingt-trois nominés au Ballon d'Or...
Une nouvelle preuve de la progression et de la nouvelle attractivité de notre championnat. Mon vote ? Je l'accorderais à Ribéry. Outre sa capacité à faire la différence, il a démontré toute son efficacité. Son palmarès 2013 est impressionnant et si le Bayern a accompli une telle saison, il le doit à vingt grands joueurs, dont un immense Ribéry.

Bordeaux ?
J'ai regardé leurs trois derniers matchs en direct. C'est une équipe en convalescence. Elle s'est bien rattrapée, ne perd plus et s'arrache pour prendre un ou trois points. Chez nous, elle va probablement présenter un bloc solide, bas et chercher à nous contrer. A nous de les étouffer d'entrée. J'espère que le public verra des buts mais face à eux, un nouveau 1-0 ne m'étonnerait pas.

Y.F.