Ancien
Cédric Varrault : « Le Gym grandit »
Joueur emblématique de la génération promue en Ligue 1 il y a déjà onze ans (!), le défenseur a fait l'aller-retour express de Dijon pour ne pas manquer le dernier match de l'histoire du Ray.
Cédric, tu étais présent à la der' du Ray...
De Dijon, je suis allé prendre l'avion à Lyon juste pour le week-end, mais ça valait le coup. C'était un plaisir de retrouver tout ce monde. Je n'avais plus vu certains depuis mon départ ! J'avais croisé Cubilier, Scotto, Gagnier, Philippe Boulon (kiné), Nabil (intendant) récemment. Pamarot et Cobos, ça faisait un an. Mais des mecs comme Aulanier, Nogueira, Rool, Laslandes, ... Beaucoup plus. C'était marrant. Et assez symbolique, à l'occasion de la clôture d'un stade que j'ai vraiment apprécié. Ma dernière visite datait du quart de finale de Coupe de la Ligue (victoire du Gym aux tirs au but, le 11 janvier 2012).
Le football moderne a beau être remis au cause, de nombreux amoureux du Gym étaient réunis...
Tout le monde a vécu des moments forts ici. D'autres plus difficiles mais au final, on ne garde que le meilleur. Nous aimons ce stade, nous y avons pris du plaisir ensemble. Et pour être passé du côté de l'adversaire, je sais qu'il était redouté des autres clubs.
Des images qui te reviennent ?
L'année de la remontée était assez fantastique. Beaucoup de matchs à guichets fermés. Contre Paris, Marseille, Monaco... L'engouement du public était à la hauteur d'un début de saison inespéré. On s'arrachait, on ne lâchait rien et les gens prenaient du plaisir. Toute une ville poussait derrière le club.
Que représente-t-il pour toi ?
Je suis quelqu'un qui relativise beaucoup. Oui, j'ai vécu des passes plus compliquées sur la fin. A un moment donné, il y a eu des incompréhensions. Une carrière passe vite, tu te demandes à quoi ressemble la vie dans un autre club et après 9 ans, les supporters ont peut-être envie d'autre chose aussi. Mais avec le recul, je retiens surtout à quel point on a pu s'éclater. J'ai gardé beaucoup d'amis ici, je vois toujours des potes de la Populaire... A Nice, j'ai découvert le haut niveau, dépassé les 200 matchs en L1 et même porté le brassard. Je suis heureux d'avoir apporté ma pierre à l'édifice.

« Jamais je n'aurais imaginé faire carrière »
Les gens l'ignorent peut-être, mais ton parcours était atypique...
Je n'ai rejoint le Gym qu'à 18 ans, oui. Auparavant, je jouais en DHR à Menton. Des anciens pros m'ont vu et m'ont signalé à Nice, où j'ai passé un essai concluant. J'ai signé stagiaire, commencé en CFA avant d'intégrer progressivement le groupe pro. Jamais je n'aurais imaginé faire carrière...
Au final, tu es devenu l'un des joueurs les plus utilisés...
C'est aussi que j'ai souvent joué blessé ! Au bout d'un moment, je l'ai probablement un peu payé. J'ai enchaîné, serré les dents pour l'équipe, au risque d'être parfois un peu moins bon.
A ces belles années n'a manqué qu'un titre...
Nous avons loupé cette finale de Coupe de la Ligue (2006), malgré le statut de favori. Et quand tu vois l'équipe qu'on avait... C'est dommage. Mais nous avons vécu tellement d'autres bonnes choses ! Des supers années, des matchs de fou. Aucun des mecs qui ont vécu le 4-3 à Monaco ne l'oubliera un jour.
Les meilleurs joueurs que tu aies côtoyés ?
Il y en a eu tellement... Vraiment, c'est difficile (il marque une pause). Balmont, Ederson, Pamarot, Rool... Tu imagines les matchs que sortait José Cobos en fin de carrière ? Grégorini, Lloris, Baky Koné, Vahirua, Fanni, Roudet.. Je n'ai jamais vu un attaquant aussi adroit que Lilian Laslandes. Tellement de bons joueurs, et j'en oublie...

« Ma carrière terminée, je rentrerai à Nice »
La suite : Saint-Etienne, Panionios, Dijon...
J'ai dépassé les cent matchs avec Saint-Etienne, goûté à l'Europa League avant de vivre une excellente expérience en Grèce. Je voulais connaître l'étranger et même si j'ai assisté aux débuts de la crise, j'en garde un souvenir très enrichissant. J'ai ensuite rejoint un club promu avec qui nous sommes descendus, mais où il existe un bon projet. Ça se passe bien, je m'entends bien avec les dirigeants, on m'a confié le brassard. Vu comme je m'y sens bien, j'espère y finir ma carrière. Pour quelqu'un qui n'imaginait pas devenir footballeur, je suis fier de mon petit parcours.
Es-tu surpris par la progression de ton ex-coéquipier Eric Bauthéac ?
Il avait déjà réussi une superbe première saison en L1 avec nous. Il a beaucoup de qualités et je ne suis pas surpris qu'il ait confirmé. Il va continuer.
Ton avis sur le Gym actuel ?
Ils ont terminé quatrième là où personne ne les attendait. C'est magnifique. C'est une belle équipe, composée de beaucoup de bons jeunes qui vont encore progresser. Le club grandit ; c'est une bonne chose.
Dix ans plus tard, peut-on comparer la génération actuelle à votre héritière ?
Dans l'état d'esprit, ils peuvent nous ressembler, oui. Après, nos deux styles ne sont pas vraiment comparables. Nous, personne ne nous pensait au niveau. Nous arrivions de D2 et nous battions pour notre survie. Eux sont quand même des talents de Ligue 1.
Un mot pour le public niçois ?
Les supporters ont une équipe qui mérite leur soutien. J'espère qu'ils vont continuer de l'encourager, comme ils l'ont toujours fait. J'ai très envie de voir ce que donne l'Allianz Riviera. Je n'en aurai peut-être pas l'occasion dans l'immédiat mais à l'issue de ma carrière, de toute façon, je rentrerai à Nice. On y est tellement bien...
Y.F.
