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Olivier Pantaloni : « Ce soir, je peux parler d’équipe »

Après la première victoire de la saison en Ligue 1 face au LOSC (2-1), le coach niçois, Olivier Pantaloni, s'est montré satisfait de l'engagement de son équipe.

Coach, quelle analyse faites-vous de cette première victoire de la saison en Ligue 1 face au LOSC ?

On a senti, encore une fois, une progression dans ce qu’on veut mettre en place. Il y a eu une prise de conscience après le match face à Auxerre de ce qu’on devait mettre en termes d’engagement sur le terrain. Et tout au long de la semaine, on a senti, dans un premier temps, que sur les principes, ça commençait à mieux s’ancrer et qu’il y avait une grosse volonté de réagir. Ce soir, on l’a prouvé. On a eu une équipe, en première mi-temps, qui a produit du jeu, qui a posé des problèmes à cet adversaire, qui s’est créé des occasions. On l’a fait aussi en début de seconde mi-temps. Et après, à certains moments, quand on a commencé un peu à manquer d’essence, ils ont mis le bleu de chauffe, ils ont travaillé énormément pour faire en sorte de résister après le deuxième but face à une équipe qui poussait très fort. On a retrouvé véritablement le visage d’une équipe, et ça, c’est important pour la suite. C’est sur quoi on doit s’appuyer pour les prochains matchs, sachant qu’il y a de la qualité dans cette équipe. On sait qu’il y a de très bons joueurs. On n’avait pas encore trouvé véritablement une équipe. Ce soir, je peux parler d’équipe, de travail collectif, de volonté et de détermination pour aller chercher cette première victoire.

Ce soir, vous avez changé de capitaine. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

Ce n’est pas ma volonté de changer de capitaine. C’est Jonathan Clauss qui est venu m’en parler. Il a eu beaucoup de courage et d’honnêteté en me disant qu’il ne se sentait pas véritablement l’âme d’un capitaine. Je l’ai perçu de manière très positive. Il s’est exprimé devant le groupe en disant les raisons pour lesquelles il souhaitait céder le brassard. Tout le monde a apprécié sa démarche.

Le choix s’est porté sur Axel Witsel. Quand est-ce qu’il a été prévenu ?

On l’a prévenu le jour du match. On ne voulait pas se tromper. Axel, étant arrivé cette saison, on s’est posé la question, sachant que c’est quand même un joueur d’expérience qui a une carrière énorme. On pouvait penser légitimement que ça allait être lui, mais on a voulu étudier tous les profils pour ne pas commettre d’impair. Je pense que ça a fait l’unanimité.

« Diouf ? Quand on est sujet à des moqueries ou à des critiques, il faut avoir du caractère pour pouvoir réagir et faire un match comme ce soir. »

Olivier Pantaloni, entraîneur de l'OGC Nice

Ce soir, la paire Wahi-Amoura a été décisive, notamment Mohammed Amoura qui a répondu à vos attentes…

Je suis content pour lui parce que c’est un joueur qui est extrêmement généreux. Ce soir, il a été en plus efficace dans ce qu’il a proposé. On sait qu’avec ces deux profils de joueurs, on peut poser des problèmes face à des équipes qui ont un bloc un peu plus haut. Elye (Wahi) n’a pas été en réussite ce soir. Il n’est pas encore en pleine possession de ses moyens, on le sait. Par contre, on peut voir que même sans être en pleine possession de ses moyens, quel joueur dangereux il peut être et combien il peut faire peur à l’adversaire. Ces trois semaines vont être mises à profit pour faire en sorte qu’il puisse retrouver la plénitude de ses moyens, plus de lucidité, parce qu’il a un jeu très énergivore et fait beaucoup d’appels. Ce qui, à un certain moment, compte tenu du fait qu’il n’est pas encore à son top physiquement, peut engendrer une perte de lucidité. Mais encore une fois, c’est un joueur qui est très important pour nous parce que c’est une arme terrible.

Vous avez choisi de maintenir votre confiance à quelques joueurs qui ont été critiqués. Quand on voit le match de Yehvann Diouf, c’est plutôt une satisfaction ?

Oui, parce que ce n’était pas facile pour lui. Il était sous le feu des critiques. Il y a peut-être l’historique par rapport à la saison dernière. Le début de saison où il a commis quelques petites erreurs, même si je remets le fait qu’on lui a demandé de changer sa manière de procéder. Aujourd’hui, comme Youssouf (Ndayishimiye), je pense qu’il avait une grande envie de montrer les qualités qu’il a. C’est un joueur qui a du caractère, du tempérament. Quand on est sujet à des moqueries ou à des critiques, il faut avoir du caractère pour pouvoir réagir et faire un match comme ce soir. Je pense que ça va lui donner encore plus de confiance et encore plus de motivation pour être tout aussi performant sur les prochains matchs, tout comme Youssouf.

Coach, après quasiment un an sans victoire à domicile, est-ce que vous avez senti quelque chose se créer avec le public ce soir ?

Après, on sait très bien que le public a réagi à ce qu’on a produit. Dans ma causerie d’avant-match, j’ai parlé de tous les principes, de tout ce qu’on veut faire sur le plan tactique, de la discipline, de la rigueur, de l’efficacité. Je pense que toutes les équipes sont prêtes à ça et donc c’est un petit peu la base pour pouvoir être performant. À côté de ça, je pense que ce qui nous faisait énormément défaut, c’est, encore une fois, le comportement, l’intensité d’engagement, l’agressivité qu’on devait mettre sur le terrain. Et à partir du moment où on le retrouve, que ça porte ses fruits et que c’est efficace, c’est indéniable qu’on amène avec nous le public. On a réussi à le faire ce soir et j’espère qu’on arrivera à le reproduire sur les prochains matchs.

Est-ce que cette victoire met en lumière le potentiel de cette équipe ?

Pour les côtoyer au quotidien, je suis persuadé qu’il y a de la qualité dans cette équipe. Je pense que le plus important pour nous, c’était d’arriver à former un groupe, une équipe qui soit prête à livrer les batailles tous ensemble. Créer une unité, une force collective qui permette au groupe de bien s’exprimer. Mais au cœur de ce groupe, forcément, il y a des individualités qui peuvent aussi ressortir. Je leur ai toujours dit qu’en venant à Nice, pour moi, c’était encore gravir un échelon en termes de potentiel de groupe à gérer. Aujourd’hui, on l’a montré, il faut qu’on continue en ce sens et qu’on aille chercher encore plus loin pour être encore plus performant. Le ressenti de la victoire ce soir dans le vestiaire, il faut qu’il nous serve à vouloir le revivre le plus souvent possible cette saison.

Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur le changement de philosophie par rapport au dernier match ?

Contrairement aux premiers matchs, où on a évolué face à des équipes qui nous attendaient pour procéder en contre, ce soir, c’était moins le cas. Maintenant, moi, ce qui m’a plu ce soir, c’est que même face à une formation qui mettait un petit peu plus de pression, on n’a pas hésité à jouer long, ce qu’on avait peu vu sur les dernières rencontres. Et arriver à mettre de la variété dans notre jeu, avoir des temps de possession, mais aussi avoir un jeu beaucoup plus direct, ça, c’est peut-être plus perturbant pour l’adversaire.