Dans le rétro’

Il y a 21 ans, un maintien officiellement acquis… contre Auxerre !

Printemps 2005. Tous les Niçois croisent les doigts pour que leur Gym sauve sa peau dans l’élite. Ce qu’il parviendra officiellement à réaliser au Ray, lors de l’avant-dernière journée, en s’imposant face à... l’AJ Auxerre (1-0). Petit voyage dans le temps pour mieux se projeter vers le duel capital de dimanche face aux Bourguignons.

Ajaccio, Kamel, le pointu...

La mémoire peut parfois jouer des tours aux amoureux, les années opérant leur œuvre à un tel point que le temps lui-même établit son propre classement, appuyé sur la grande échelle des sentiments. Les moins de 20 ans ne peuvent se rappeler du précédent que nous allons explorer. Les autres, majoritairement, conservent le même souvenir : celui d’un voyage à Ajaccio massivement suivi par les supporters rouge et noir, venus donner de la voix et du coeur dans le secteur visiteurs du stade François-Coty. 

Et récompensés à quelques encablures de la fin du bal. Par qui ? Par Kamel Larbi ! Course d’avant-centre pour le meneur de jeu. Duel gagné avec férocité. Prise de balle. Pointu des ténèbres. Célébration « papillon » devant le parcage. Victoire, maintien, e viva. Le tout emballé et pesé par un gamin formé au centre, sacré champion de France des moins de 18 ans un an auparavant et déjà buteur contre Auxerre et Saint-Etienne…

Mais derrière l’éclair de Kamel se cache une autre vérité : celle des chiffres et du papier. Cette victoire acquise le 14 mai 2005 lors de la 36ème journée a seulement permis au Gym de prendre 3 points de plus que l’ACA, l’un de ses adversaires directs. Le tout dans un bas de tableau surchargé où 7 équipes se tiennent alors en 4 points (voir ci-dessous).

Tout reste donc à faire pour les Aiglons, au moment où ils reçoivent les Bourguignons, le 21 mai 2005. Ces derniers occupent la 5ème place du championnat. Loin du podium mais proches du Stade de France, où les attend une finale de Coupe de France contre Sedan (qu’ils remporteront 2-1 le 4 juin, grâce à des buts de Benjani et Bonaventure Kalou…). Au moment de venir au Ray, le groupe de Guy Roux possède de grands objectifs. Les Aiglons sont quant à eux dirigés par Gérard Buscher, qui a remplacé Gernot Rohr pour les 4 derniers matchs de la saison, avec l’objectif du maintien fixé par le président Cohen et Roger Ricort.

Le point final de Victor

Un objectif à portée de main au moment où Stéphane Lannoy donne le coup d’envoi, à 20h45, dans un stade du Ray plein comme un œuf (15 755 spectateurs recensés). Avec, sur le terrain, les deux compos suivantes :

Nice : Grégorini - Scotto, Cobos, Traoré, Varrault - Bigné, Echouafni, Balmont, Roudet – Vahirua, Agali
Auxerre : Cool - Radet, Mignot, Jaures, Kaboul - Lachuer, Cheyrou, Mathis, Tainio, Akale - Pieroni

D’entrée de jeu, les Rouge et noir capitalisent sur la pression insufflée par leur 12ème homme. Ils pressent fort. Très fort. Marama est à deux doigts d’ouvrir le score une première fois mais ne parvient pas à trouver le cadre. « Tahiti Goal » trouve en revanche les gants de Fabien Cool sur sa seconde tentative, qui repousse dans les pieds d’Agali. Muet depuis 6 mois et un but contre Saint-Etienne, le colosse nigérian arrive lancé et met tout ce qu’il a dans sa frappe… qui se fraye un chemin sinueux sous le portier icaunais (1-0, 29'). L’homme du Rocher, auteur d’un triplé d’anthologie un soir de grâce, inscrit alors sa 6ème et dernière réalisation avec le maillot rouge et noir. Réalisation qui n’arrive pas au sommet de l’échelle des sentiments quand on se souvient d’elle. Et qui, pourtant, demeure la plus importante…

Mémoire de l’amour contre mémoire des chiffres.

Plus rien ne sera inscrit dans ce duel contre l’AJA. Le Gym sauvera sa tête dans l’élite. Quatre jours après ce maintien, Frédéric Antonetti sera officiellement nommé entraîneur en vue des saisons à venir.

Gérard Buscher et les Aiglons concluront à Lyon proprement (0-0), dans un soulagement général, puis boucleront finalement le championnat à la 12ème place du classement.