Paris FC 1-0 OGC Nice

Puel : « On va faire mieux »

Claude Puel s’est exprimé en conférence de presse après la défaite de l’OGC Nice au stade Jean-Bouin face au Paris FC lors de la 24e journée de L1 (1-0).

Quelle est votre réaction après cette défaite, avec le sentiment qu’il y a eu moins d’envie que ces dernières semaines  ? 
Ce n’est pas une question d’envie. On ne joue pas au football avec moins d’envie. Il y a toujours énormément d’envie chez mes joueurs. Ils se préparent bien, ils s’entraînent bien, ils sont à l’écoute, donc ce n’est pas un manque d’envie. Nous avons été un peu moins bien dans notre expression, un peu moins performants physiquement chez certains joueurs. Il manquait de la mobilité, de la tonicité. Je pense que nous avons fait quand même une bonne entame et réalisé de bonnes choses jusqu’au but encaissé. Après ce but, nous avons eu un petit peu de mal : nous avons été moins justes dans notre jeu, avec moins de fluidité et moins de tempo, alors que jusque-là, c’était intéressant. Nous avons repris en deuxième mi-temps et avons essayé, face à une équipe qui ne se livrait pas beaucoup, d’être performants et de prendre les espaces. Je pense que nous avons eu des situations pour revenir au score, mais certaines dernières passes n’ont pas été ajustées comme il fallait. Malgré tout, nous avons ce qu’il faut pour revenir au score. On est très mécontents, on a été moins probants que lors de nos dernières prestations.

Est-ce qu’il y avait des signes avant-coureurs à l’entraînement concernant cet aspect physique ?
Non, pas spécialement. Mais pour certains, ça manquait un petit peu de dynamisme. C’est un constat. On a des joueurs également qui sortent du banc, qui ont failli être décisifs, qui ont eu des situations et qui peuvent apporter. Il nous a manqué un soupçon d’agressivité et de conviction pour conclure des situations que nous nous sommes procurées. Et surtout, avant le but pris, je pense qu’on pouvait leur faire très très mal, et la confiance s’est très vite retournée contre notre équipe. Ça fait râler de ne pas avoir fait tout le nécessaire aujourd’hui pour être encore plus décisifs.

Concernant le changement à la mi-temps, vous imaginiez que Paris allait reculer et que ça allait être difficile pour Mohamed-Ali Cho qui a plus besoin d’espace pour s’exprimer à ce poste ?
C’est un tout, je cherche de la vivacité, des joueurs qui me surprennent et qui surprennent l’adversaire. Encore une fois, tout le monde doit se tenir prêt et on doit pouvoir compter sur tout le monde.

Est-ce qu’il y a de l’inquiétude à multiplier des prestations bonnes, correctes, mais de ne quasiment jamais être récompensés ? 
Ça veut dire qu’il faut en faire plus et ne compter sur personne, car personne ne va nous aider. Il faut chercher les choses par nous-mêmes. C’est encore une leçon que nous avons tirée, parce qu’il y a encore une situation litigieuse qui est toujours à notre désavantage, et ça commence à bien faire. 

Vous avez laissé votre capitaine Dante sur le banc, est-ce une raison physique ou un choix de joueurs ?
C’est un choix. Il y a beaucoup de concurrence. Il y a des joueurs qui évoluent même si ça ne se matérialise pas encore par les points. Il y a beaucoup de joueurs qui progressent et en défense centrale également.

En attaque, il y a encore Kaïl Boudache qui a fait une entrée assez convaincante puisqu’il a amené des choses, est-il possible de le lancer dans un match pour vous ?
Il est intéressant quand il sort du banc. On a moins de profils comme lui à la sortie du banc. Si on mène 4-0 à la mi-temps, ça sera bien. Kaïl, c’est bien car on sait qu’on peut compter sur lui. Je regrette qu’il soit très mal perçu par l’arbitrage sous prétexte d’avoir un petit gabarit. C’est un petit dribbleur, il passe devant les adversaires, il n’a pas le droit de jouer : on le retient, ça ne compte pas, on met un pied, ça ne compte pas, c’est toujours simulation. À un moment donné, il faut revoir les choses et savoir si les petits gabarits comme lui peuvent exister dans notre championnat. On considère que, comme ils sont petits, les fautes n’existent pas sur eux. C’est une bonne question. Mais c’est embêtant chaque fois de sentir que, quand il fait des différences, il ne peut pas aller au bout.

Qu’avez-vous pensé de la prestation de Sofiane Diop ? Comment pouvez-vous l’aider aujourd’hui à retrouver cette régularité ?
Je ne parle pas des joueurs individuellement, de savoir si un tel a fait son match, un tel a été bon, moins bon… Ça n’est pas ce qui m’intéresse après un match. Un match pour moi, il y a une réponse collective. On traite les aspects individuels à l’entraînement, on les traite tranquillement dans la semaine. 

Quelle influence peut-il avoir sur l’équipe sur le long terme ?
Sofiane est un très bon joueur, il peut nous apporter. 

Ce match est aussi la cruauté d’un poste de gardien, Maxime Dupé a fait beaucoup d’arrêts, mais il y a aussi le ballon relâché qui a coûté le but. Comment était-il dans le vestiaire ?
Ça peut arriver. On est tous sur le même sentiment. Quand on sort d’un match comme ça et que ça se répète un petit peu, avec de la frustration, c’est difficile pour tout le monde. Après, j’aurais aimé qu’il marque l’égalisation sur sa dernière montée sur le corner, il l’aurait méritée.

Au niveau comptable, à 10 matchs de la fin, l’OGC Nice ne s’était pas retrouvé dans une situation comme celle-ci depuis 15 ans. Est-ce qu’au niveau du club, c’est un détail que les gens n’ont plus l’habitude de vivre et qui peut faire une différence ? Faut-il se replonger dans quelque chose que, peut-être, au club, on avait oublié de faire, se battre pour le maintien ?
Ça n’est pas se replonger. Depuis mon arrivée, nous avons conscience qu’on joue le maintien. Jouer, prendre des points, ça n’est pas déjouer, ça n’est pas jouer avec la peur au ventre, c’est répondre présent le jour J avec tous les bons ingrédients pour performer et avoir le plus de chances possibles de prendre les opportunités, de gagner les matchs et de prendre des points. Ça ne sert à rien de se recroqueviller, de penser à ça. C’est quelque chose qui nous accompagne, on le sait. On est bien présents. Les joueurs, le club, tout le monde le sait. Mais on ne va pas se mettre la tête sous je ne sais pas quoi. 

Vous vous attendiez à ce que ça soit aussi difficile quand vous êtes revenu au Gym ?
Je savais qu’il y avait énormément de boulot. Quand on démarre une activité dans un club et qu’il vous manque 16 joueurs, puis 15, puis 14 de l’effectif, vous ne pouvez pas penser que tout va se décanter. Vous perdez quand même deux joueurs offensifs également pour différentes raisons, qui signent à Porto et à la Juventus. Et puis on perd Elye Wahi en cours de route, qui nous solutionnait pas mal de choses. On a des joueurs, on peut faire mieux, on va faire mieux et c’est ça le plus important. Et les ressources, on les trouve à l’intérieur du groupe, à condition de relever la tête, de ne pas la baisser, de répondre présent et de préparer le match prochain en coupe.

Quand vous regardez la qualité de votre effectif au global, est-ce que vous vous dites que le problème est mental ?
Je n’ai pas d’explications à donner. Ça n’est pas le moment de donner des explications sur le groupe. Il se trouve qu’on est dans cette situation et on doit s’en sortir ensemble. Ça n’est pas le moment d’épiloguer sur le groupe, sa qualité ou non.

Depuis que vous avez repris l’équipe, est-ce qu’il y a eu de meilleurs matchs qu’aujourd’hui ? 
Il y a eu beaucoup de bons matchs, de très bons matchs. On a fait beaucoup de bons matchs qui n’ont pas été récompensés. Aujourd’hui, c’était moins bien que d’habitude.

Le match de Coupe de France arrive très vite, quel va être le programme pour ramener un peu de fraîcheur physique, qui a manqué aujourd’hui ?
On récupère, on s’entraîne avec des entraînements individualisés. On se projette très vite dans le match qui arrive, on n’a pas le temps de s’appesantir. Quand on fait un match, il y a toujours des choses à corriger, individuellement, collectivement, mais le plus important est de regarder devant et de se remobiliser très vite.

 


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