Formation

Manu Pires explique les changements

Alors que les équipes du centre de formation ont débuté leur préparation, plusieurs changements sont intervenus au sein de l’académie rouge et noir. Manu Pires, son directeur, nous détaille toutes ces évolutions. 

Un « groupe élite » a vu le jour. Quel est son rôle ?
Ça faisait un bout de temps qu’on réfléchissait à développer davantage notre post-formation. On estimait que le championnat de N3 ne correspondait plus du tout à un modèle de formation pour nos joueurs, en tout cas sur une saison complète. Nous avons donc souhaité, comme certains clubs, sortir des championnats « classiques » pour aller dans des confrontations qui correspondent un peu plus à ce qu’on recherche. Ça va nous permettre de faire jouer des joueurs un peu plus jeunes.

Quels adversaires va affronter le groupe élite ?
Nous aurons trois volets dans les matchs planifiés. Le 1er contre des équipes « d’adultes » de la région, Grasse, Fréjus, Cannes, Toulon, Martigues… Ces clubs sont ravis d’avoir des confrontations contre nos jeunes. On aura ces matchs, 10 ou 12 dans la saison. Deuxième volet : des confrontations contre des centres de formation : 12 ou 14, face à d’autres groupes élite. Enfin, le 3ème axe, ce sont des matchs contre des académies étrangères, les réserves étrangères. À ce titre, nous allons participer à un championnat qui s’appelle « la Premier League International Cup », créé en 2016 par la Premier League. Quatre matchs sont déjà programmés : contre Leeds, Wolverhampton, Blackburn et Nottingham Forest. Il y a 12 équipes anglaises et 12 étrangères, dont 3 françaises, avec 4 rencontres de poules et d’autres qui s’ajouteront si nous allons plus loin dans la compétition. 

Un tel programme était difficilement conciliable avec une réserve classique…
Notre objectif était vraiment de rajeunir ce groupe réserve et de n’y conserver que des garçons avec qui nous nous projetons. La question des créneaux est également capitale. Ce système va nous permettre de jouer le lundi, le mardi ou le mercredi, mais aussi de moduler notre programme en fonction des pros. Pour faire simple : dès qu’on a la date du match de l’équipe première, on s’organise, ce qu’on ne peut pas faire avec la réglementation FFF, car les matchs sont programmés le week-end. Pour nous, formateurs, c’est vraiment quelque chose de très positif. Pour nos jeunes joueurs, qui sont sur le banc tout en haut, c’est mieux de faire un match complet de compétition le lundi ou le mardi qu’un complément d’entraînement qui peut parfois être frustrant. 

Il y aura tout de même une équipe engagée en R1.
C’est aussi une nouveauté. La descente en R1, la saison passée, n’était pas du tout envisagée ou programmée, mais ça n’enlève absolument rien à notre projet de développement de la formation. Au contraire, cette équipe de R1 va nous permettre de combler le manque de temps de jeu des garçons qui ne joueront pas forcément dans le groupe élite ou en 19 ans nationaux. Ça nous fait une compétition supplémentaire dans la saison, avec 22 matchs à jouer sur les week-end définis par le planning de la FFF. On est contents de garder cette R1. Ça nous fait un bon support de développement contre « le football d’adultes » qui permettra de garder les garçons concernés par la réalité d’un championnat. Nous sommes ravis que le club ait compris notre demande d’aller chercher, en plus de ce modèle classique, un championnat parallèle pour le groupe élite.

Y a-t-il des changements au niveau des U19 et des U17 ?
On repart sur la même chose mais on a rajeuni. Le groupe des U17 intégrera les U15 et les U16 lors de la semaine d’entraînement. Pareil au-dessus : quasiment tous les U17 et les U18 intégreront le groupe U19 la semaine, avant les choix et les compétitions du week-end, où on essaiera de trouver un bon équilibre. La petite différence avec la saison passée, c’est qu’on est sur des catégories d’âge et pas forcément sur des équipes. 

« Quand on est un compétiteur, l’objectif c’est de gagner, tous les jours »

Manu Pires

Quels objectifs peux-tu fixer ?
Quand on est un compétiteur, l’objectif c’est de gagner, tous les jours. On doit amener nos joueurs à avoir cet esprit de compétition. Les sportifs qui réussissent sont ceux qui ont un haut degré d’exigence. Collectivement, on visera bien sûr la première place, car on veut le meilleur. Individuellement, chaque joueur doit ambitionner de monter dans les catégories du dessus. On ne veut pas forcément que nos jeunes soient mis en difficulté mais on ne veut pas non plus les installer dans le confort : on veut qu’ils aillent chercher la complexité de l’étage supérieur. 

Des changements au niveau des formateurs ?
Johann Louvel (entraîneur des U19 nationaux) est parti à Dubaï entraîner une 2ème division. Marama Vahirua (entraîneur de la réserve) est à Grenoble, adjoint de Vincent Hognon, lui aussi un ancien Aiglon. Il aspire à être entraîneur pro, il se rapproche un peu plus de son projet. Il y a eu ces deux départs majeurs et il a fallu recomposer un staff. Didier (Digard) est revenu à la tête du groupe élite. Cédric Colin nous a rejoints, il va prendre en charge la R1. Il était avec nous 2 ans en arrière, avec Didier au niveau de la réserve, et il a vraiment fait du très bon travail. C’est un éducateur de forte compétence, qui colle parfaitement au profil que l’on souhaite chez nous. Christophe Raymond prend la direction des U19 nationaux, où il sera avec Cédric Varrault. C’est un formateur chevronné, avec qui on partage le même état d’esprit et la même philosophie de formation. Romain Lattron garde le groupe des U17. Johan Audel les U16. On forme vraiment un vrai staff de développement pré-formation - formation, avec Titou Hasni qui coordonne les adjoints de la préfo, qui sont également sur les séances du centre le matin. Il y a vraiment un staff uni, on est content d’avoir constitué cette force vive, parce que la formation est une affaire de projet club, mais d’abord d’hommes et de femmes. 

Quelque chose à ajouter ?
On croit à la formation. On veut vraiment que dans le futur, l’OGC Nice se positionne parmi les plus gros clubs formateurs, qu’il fournisse davantage de joueurs à l’équipe première. L’année dernière, grâce à Didier, on a pu voir quelques joueurs pointer le bout du nez.  C’étaient des jeunes joueurs de 18 ans. Ça fait plaisir, on est content parce que ça créé une émulation derrière. Quand on voit un jeune fouler l’Allianz Riviera, les pelouses de la L1 ou de Coupe d’Europe, ça nous donne beaucoup d’entrain, d’optimisme. Ça donne aussi un sens à tout notre travail. 

Tu évoques le retour de Didier Digard à la formation. Que va-t-il vous apporter ?
Les exigences du très haut niveau. En 6 mois de temps, il a vécu beaucoup de choses. Il passe son diplôme cette année, il est en pleine évolution. Sa progression s’est faite rapidement au niveau des pros. Très égoïstement, je suis très heureux de l’avoir. On sait qu’aujourd’hui l’évolution du joueur est très rapide, en termes de puissance, d’intensité, de responsabilisation, de prise d’initiative, de prise de décision. Le très haut niveau, il l’a connu 6 mois. Aujourd’hui l’équipe réserve et tout le centre vont en bénéficier. On est ravi d’avoir aussi Fred Gioria (talent manager). Il nous amène toute l’expérience de ses 15 années passées en L1 en tant qu’adjoint. Les joueurs et les éducateurs de la formation ont de la chance d’avoir des staffs avec cette compétence.


Thibault Rivière