Réaction

Digard : « On le fera devant notre public »

Au terme de la rencontre, Didier Digard s'est livré à une longue analyse en conférence de presse.

Il y avait peut-être la place pour gagner ce soir ?
Dans un premier temps, je me dis qu’il y avait la place pour gagner. Et dans un second temps, je prends un peu de recul, je me rends compte que l’OGC Nice est en quart de finale de coupe d’Europe, fait match nul à l’extérieur et on arrive à être déçu. Ça prouve qu’on a des ambitions, que l’état d’esprit a changé. Il faut aussi savoir que faire ce résultat à l’extérieur, ça reste quand même très cohérent.

Le regret, c’est d’encaisser deux buts sans vraiment être en sous-nombre sur des actions un peu anodines ? Le premier but vient d’un long ballon et le deuxième d’un centre sans un gros pressing…
C’est exactement ça, s’il y a une déception ce soir, c’est les buts encaissés où on doit faire mieux. On ne peut pas faire moins bien ou reproduire ce genre d’erreurs. Je le répète encore une fois, il faut prendre conscience que c’est un quart de finale de coupe d’Europe. En face, il y a un très bel adversaire à qui on ne doit pas laisser le moindre espace et ne pas le laisser espérer.

Le doublé de Moffi est une des satisfactions de la soirée, confirmant sa capacité à jouer au niveau européen ?
C’est l’une des satisfactions forcément, il met deux buts fantastiques. Je pense qu’il y a d’autres joueurs ce soir qui ont rendu des copies plus qu’intéressantes. On a été à la hauteur de l’événement. On aurait espéré mieux mais on le fera devant notre public.

« J’ai été assez positif avec mes joueurs parce que je suis vraiment confiant »

Didier Digard

Qu’as-tu dit dans le vestiaire après le match ? Que tout restait jouable, que tout était à faire ?
Ils ont été un peu à mon image. Au début, je les ai sentis très déçus. Je suis content, c’est très bien d’être déçu, ça prouve qu’on a envie de faire mieux. Mais je leur ai rappelé le contexte, où on était, ce qu’on jouait et surtout ce qu’il nous reste à jouer. J’ai été assez positif parce que je suis vraiment confiant.

Vous jouez contre Brest dimanche (15h), il y a quand même beaucoup de joueurs blessés, est-ce qu’il ne faut pas faire jouer les jeunes et préserver ceux qui restent ?
Je ne sais pas quoi dire car j’ai envie de gagner à Brest d’une part. Je suis persuadé qu’en championnat, on a encore une carte à jouer, tout le monde perdra des points en route. D’autre part, ce qui me rassure, c’est que je peux compter sur tout le monde et que peu importe les joueurs présents, ils vont performer. Je ne vais pas aujourd’hui être dans la gestion car ce n’est pas notre mentalité mais quand on perd pas mal de joueurs, on se doit de faire peut-être attention oui.

Tu as beaucoup de blessés dans le secteur des latéraux, vous prenez beaucoup de buts sur des centres sur ces derniers matchs, il y a une grosse marge de progression dans ce secteur-là ?
Oui. Après, ça reste des buts différents. Celui de Paris, c’est un centre à ras de terre en première intention en une touche et celui d’aujourd’hui, on laisse le temps au joueur et c’est un centre au deuxième et pas fermé donc ça ne se ressemble pas. Mais de toute façon, on sait que quoi qu’il arrive, on va cibler ce poste car on a beaucoup de blessés. Je voudrais insister sur l’état d’esprit de Pablo Rosario aujourd’hui qui est vraiment déçu de ne pas avoir fermé sur le deuxième et je trouve ça fantastique. Je ne lui en veux pas la moindre seconde car pour un joueur qui n’est pas à son poste, il a fait plus que dépanner et il a beaucoup apporté.

Peux-tu nous expliquer ton changement tactique en première période d’avoir fait redescendre Hicham Boudaoui ?
L’idée c’était que Youssouf (Ndayishimiye) avait tendance à glisser en défense et la protéger. Et mon état d’esprit, au contraire, était de sortir chercher l’adversaire. J’ai préféré basculer Hicham qui a l’habitude. Et Youssouf nous a permis par cette position d’aller presser car il n’avait plus en tête d’aider la défense. Je trouve qu’on a eu un meilleur équilibre de cette manière et Hicham pour ressortir les ballons, c’est encore une fois un régal. Je pense que je n’ai pas fait trop de bêtises en faisant ça.

Terem Moffi a inscrit deux buts, comment as-tu vécu ce retourné assez spectaculaire ? Au-delà de ses buts, es-tu satisfait de ce qu’il peut apporter dans le jeu ?
Si aujourd’hui j’avais dû payer ma place pour être au stade, j’en aurais eu pour mon argent et j’aurais été très content d’avoir acheté mon billet. C’est un but comme on en voit très peu. Quand on a la chance d’y assister, il faut profiter. On est là pour offrir du spectacle et c’est une grande fierté. Ensuite, oui je suis satisfait de ce que Terem fait mais il va encore progresser et apprendre. Il est dans un jeu différent, il était plus sur un jeu de transition avec Lorient, il est plus sur un jeu de possession avec nous. Il y a des déplacements qu’il doit travailler mais on ne peut qu’être satisfait d’un attaquant qui marque des buts. J’ai toujours été confiant, vous (en direction des journalistes, ndlr) un petit peu moins (sourire).

Étais-tu dans une volonté de gestion du score en seconde période, notamment à l’heure de jeu ?
Non, absolument pas. En fait, c’est Bâle qui a totalement changé de plan de jeu. On fait une grosse entame de deuxième mi-temps où on les prive totalement de ballons. Et à force de sortir nous chercher, ils fatiguent un peu et ils se mettent plus pas pour contrôler un peu plus et ça nous a gêné. On n’avait pas de danger particulier si ce n’est ce deuxième but donc c’est une déception. Mais il n’y avait aucune volonté de notre part, ce n’est pas du tout le discours que j’ai eu à la mi-temps. C’est simplement Bâle qui a changé de volonté de nous gêner.