Accueil Site officiel de l'OGC Nice

Manu Pires : « L

Entretien (Partie 1)

7 juin 2021

Manu Pires : « L'OGC Nice est le club où il faut être »

En pleine trêve estivale, la saison 2021-22 se prépare, aussi, du côté du centre de formation de l'OGC Nice. Départs, arrivées, montées avec les pros, réorganisation du staff technique : Manu Pires a fait le point sur les dernières actualités de l'académie niçoise. Voici la première partie de l'entretien, consacrée aux mouvements au sein de l'effectif.

Manu, deux joueurs âgés de 18 ans vont signer un contrat élite avec le club : Tom Louchet, Justin Smith. Pouvez-vous nous les présenter ? 
Tom Louchet nous a rejoint il y a deux ans. C'est un offensif, un vrai joueur de ballon, rapide, avec une technique au-dessus de la moyenne pour son âge. Il joue aujourd'hui dans le couloir mais dans le futur il pourra évoluer derrière l’attaquant. À nous de lui apporter ce qu’il lui manque pour le très haut niveau, notamment la rigueur défensive. Il va aussi s’étoffer, se développer physiquement. C’est une fierté car grâce à son état d'esprit, son éducation, il fait l’unanimité au centre de formation. Son papa était footballeur professionnel, il a baigné dans le sport de haut niveau, et sait ce qu’on attend d’un joueur. Ses qualités personnelles et le temps qu’on lui donnera pour les développer, ça fera un bon mariage. 
Justin Smith a été repéré dans les catégories jeunes du Paris Saint-Germain. Il a eu du mal à digérer sa première année à Nice, il a beaucoup grandi et a connu de petites blessures. En tant que milieu de terrain, il avait des qualités mais manquait de vivacité, d’orientation à 360 degrés. Une fois, il a été repositionné en défense centrale lors d’un entraînement puis d’un match : c’est une révélation à ce poste. Il rejouera peut-être au milieu de terrain un jour, mais il est beaucoup plus à l’aise avec le jeu face à lui, grâce à son intelligence de jeu, sa culture, son calme et sa technique. Il a connu une progression incroyable, en passant du groupe formation à titulaire de la réserve. Les coachs ont fait un gros travail avec lui. Il se plaît à Nice et va s’engager chez nous pour le long terme.

Justin Smith et Tom Louchet posent devant le logo de leur club formateur

Déjà membre du groupe pro, Teddy Boulhendi (20 ans) a signé son contrat professionnel. 
Teddy est un gardien de but sérieux, très rigoureux. Il a progressé cette année même s’il a peu joué cette saison en raison de l’arrêt de la N3. Il a découvert les exigences du haut niveau, et est toujours en apprentissage même si c’est un contrat professionnel.

Teddy Boulhendi

Comment êtes-vous parvenus à les convaincre ?
Aujourd’hui, l'OGC Nice est le club où il faut être quand on veut avoir l’opportunité de toucher très vite au monde professionnel. Quand on y est déjà, il n’y a aucune raison d’en sortir. Ils ont compris que le club est en train de grandir et qu’une grande confiance leur est accordée sur le long terme. Ils se plaisent ici et seront amenés à défendre haut et fort les couleurs du club dans le futur.
Notre projet à la formation est de former des joueurs avec le caractère niçois, avec cette identification aux valeurs du club. Aimer le club, c'est un critère obligatoire pour réussir à l’OGC Nice. Tom, Justin et Teddy montrent  leur attachement au club au quotidien. Leur famille, leurs conseillers croient en notre projet et les choses se font naturellement.

« ON NE MENT JAMAIS AUX FAMILLES »

C'est le discours que vous leur tenez dès le départ ?
On a la chance d’avoir une cellule de recrutement au centre de formation dirigée par David Bréro qui fait un gros travail non seulement d’observation mais aussi d’accompagnement des familles. Le suivi et l’accompagnement, c’est ce qui fait la force du club. Sans dévoiler notre méthode, quand une famille vient ici, il n’y a aucun mensonge. On leur raconte la vérité : sur la scolarité, sur la vie de footballeur en formation. On ne leur garantit aucunement une signature de contrat professionnel ou une carrière professionnelle. Par contre on leur garantit un diplôme à la sortie du centre de formation, sans négliger la sensibilisation à la "vraie vie", pour former de bons citoyens.

Les départs de Salim Ben Seghir et Bilal Nadir ont été médiatisés. Comment les avez-vous vécus ?
On ne peut pas s’habituer à voir partir des garçons qu’on est allés chercher, qu’on a fait travailler au club pendant des années et des années. Quand on croit en un joueur, on a une armée de personnes qui s'investissent : surveillants, intendants, personnel de la cantine, staff médical, staff technique… Ce choix de quitter l'aventure, je ne m’y ferai jamais. Mais il faut l’intégrer, on est dans une ère où il ne faudra plus s’étonner de rien, et même de voir partir des joueurs qui se plaisent dans le club, car je suis persuadé qu’ils se plaisaient dans le club.

Leurs dossiers étaient-ils liés ?
Chaque famille fait ses propres choix, mais ils ont le même représentant : ils ont choisi individuellement de quitter le club car peut-être qu’ils ne se reconnaissaient pas dans ce qu’on leur proposait. On leur proposait un projet sportif unique, qu’ils n’auront pas ailleurs. On parle de l’OGC Nice, mais aussi de Lausanne, avec des possibilités de goûter très très vite au monde professionnel, ce qui est une grande opportunité. A 17, 18, 19 ans, c’est fantastique. Il n’y en a pas beaucoup qui ont cette chance. Evann (Guessand) ou Hicham (Mahou) ont accumulé une trentaine de matchs chacun cette saison en D1 Suisse. C'est une vraie opportunité pour eux.

« ON PEUT TOUS SE REGARDER DROIT DANS LES YEUX »

Vivez-vous ces départs comme un échec ?
Non. Mais c’est une leçon. Une expérience supplémentaire. À partir du moment où le projet proposé est conforme à ce qu’on a mis en place avec l’arrivée d’Ineos, on peut tous se regarder droit dans les yeux. On n’a rien à se reprocher à l’OGC Nice : les choix qui ont été faits, ce sont les bons choix. Si un joueur sent que le projet ne correspond pas à ce qu’il veut, la porte restera toujours ouverte : on ne met pas de pression à un joueur pour qu’il signe absolument au club. On ne reniera jamais nos propres principes.

Est-ce une manière d'envoyer un message pour l'avenir ?
Exactement. Il y a une escalade incroyable, qui s’est accélérée sur ces derniers mois, avec des surenchères sur des jeunes joueurs engagés dans les centres de formation. Beaucoup de joueurs en structure pro ailleurs veulent changer de club, ça concerne même 9 appels sur 10 que je reçois. Nous, nous fidélisons les joueurs sur le projet sportif et humain. C'est pareil pour ceux qui souhaitent nous rejoindre : leur venue ne sera basée que sur des raisons sportives. Et ce ne sera jamais pour des raisons financières.

« LA PORTE EST GRANDE OUVERTE POUR LES JEUNES »

Le Gym a l'un des effectifs les plus jeunes d'Europe, mais ne figure pas en haut du classement lorsqu'il s'agit de joueurs formés au club. Comment l'expliquer ?
On n’a aucun engagement pour faire jouer les jeunes de l’extérieur, et a contrario aucun engagement de favoriser ceux du centre de formation. Si un Niçois joue, c'est une fierté, mais c’est à eux de faire le travail. La porte est ouverte, elle est grande ouverte, je dirais même qu’il n’y a plus de porte ! Mais quand les Niçois vont sur le terrain avec les pros, il faut qu’ils y restent. Il faut montrer, prouver. Les jeunes joueurs venus de l’extérieur dans le groupe pro comme Boudaoui, Daniliuc, ou encore Thuram, ils ont prouvé. Jouer en L1, ça se mérite. 
Le club veut monter d’un cran : la formation doit aussi réhausser son niveau d’exigence dans le recrutement de jeunes joueurs. Peut-être que certains joueurs du centre de formation ne correspondent pas à l’exigence de haut niveau qu’on veut instaurer en équipe première. On doit avoir des joueurs performants, pas des joueurs qui pensent avoir le niveau.

Apparu à 4 reprises cette saison (1 but) en pro, Malik Sellouki quitte le club. Pourquoi ?
Aujourd’hui le club cherche des joueurs à certains postes avec certains critères. Malik partait de très loin : il y a un an il était dans la réserve de l’AS Cannes (en PH). Il a su saisir l'opportunité et il a prouvé, en marquant des buts à l'entraînement comme en match. On pense qu'il a besoin d'étapes intermédiaires pour atteindre le niveau Ligue 1, mais cette année à l'OGC Nice va lui permettre de lancer sa carrière ailleurs. Son histoire est fantastique, ça doit donner envie aux autres de toujours y croire. Malik est à la fois humble et ambitieux, et on lui souhaite beaucoup de réussite.

F.H. (Photos J-M.P.)

Les premiers mots de Smith et Louchet : 

Justin Smith : « C’est une grande fierté, après tout le travail réalisé. Je suis reconnaissant envers le club qui me donne cette confiance et cette opportunité mais conscient que ce n’est qu’une première étape, en espérant que ça soit qu’une parmi beaucoup d’autres avec l’OGC Nice car je me sens bien ici et l’identité du club me correspond. Le Gym est un des meilleurs clubs français, les ambitions du club sont grandes. Le projet de l’OGC Nice m’a marqué et correspond à mes futurs objectifs. Je suis attaché à ce club, c’est mon club formateur donc le choix était évident pour moi. J’aimerai franchir les étapes au sein du club, m’imposer ici un jour, et pouvoir contribuer de la meilleure des manières possibles aux ambitions du projet niçois ».

​Tom Louchet : « Je suis très heureux de signer mon premier contrat avec l’OGC Nice, mon club formateur. Je tenais à remercier l’ensemble du club, les dirigeants, les éducateurs, le staff ainsi que toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis que je joue au football et qui m’ont permis de grandir en tant qu’homme et en tant que joueur afin d’avoir cette opportunité aujourd’hui. Je suis conscient que le plus dur commence, que je vais devoir travailler très dur pour atteindre les objectifs collectifs et individuels. Avec travail et humilité, je ferai mon maximum pour défendre fièrement les couleurs de l’OGC Nice. Issa Nissa »