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Rohart : « Donner du temps aux joueurs »

Jeunes

11 août 2020

Rohart : « Donner du temps aux joueurs »

Arrivé au Gym au cours de la saison 2019-20, Bruno Rohart vit actuellement sa première préparation à la tête des U17 rouge et noir. Avant les deux premiers amicaux de l’été, contre l’OM et Valence, le coach s’est confié sur la saison à venir et ses objectifs. 

Bruno, tu es arrivé en novembre dernier à Nice, mais être là dès la préparation doit changer pas mal de choses...
Effectivement, c’est plus facile. Nous étions impatients de reprendre parce que frustrés de l’arrêt de la saison. L’équipe était sur une bonne dynamique avec, notamment, une belle victoire à Marseille. Cela nous avait permis de nous relancer dans l’optique d’une qualification pour les phases finales. Dommage de s’être arrêté là, mais bon, au vu du contexte sanitaire, ça se comprend. Du coup on prend encore plus de plaisir à revenir sur le terrain pour débuter la préparation et travailler normalement. Surtout en sachant qu’aucun de nos joueurs et de nos collègues n’a été impacté sur le plan de la santé.

Comment se déroule la préparation ?
Cela fait trois semaines qu’on a repris. On a bien travaillé, le groupe est réceptif, attentif, avec une très bonne mentalité et l’envie de travailler. C’est prometteur car ce sont des valeurs qu’on veut leur inculquer. Jusqu’ici, ce que nous avons vu avec Didier (Digard, entraîneur adjojnt des U17) est positif. Maintenant, on va rentrer dans la période des rencontres amicales, qui vont nous permettre de tirer un peu plus d’enseignements. Dès demain (mercredi), on joue une triangulaire contre l’OM et Valence. Cela va être l’occasion de voir si certains principes commencent à être assimilés et, surtout, si le travail athlétique effectué depuis 3 semaines est bien digéré.

Justement, qu’attends-tu de ces matchs de préparation ?
Sur les deux premiers, je vais procéder à une large revue d’effectif pour donner du temps de jeu à tout le monde. C’est l’objectif des amicaux, quelle que soit la catégorie : faire jouer, observer, noter, avoir un aperçu de l’état physique de chacun… Ces deux rencontres de la semaine vont servir à ça puis, comme tous les coachs, je ferai des choix pour dégager un groupe plus restreint et compétitif par la suite. La seule différence avec ce qui peut se faire en po, c’est que l’on est dans la formation, donc on ne prépare pas un 11 type. On cherche plutôt à regarder l’assimilation de nos principes de jeu et l’état physique des troupes.

Des satisfactions et des points à améliorer ? 
Je ne vais pas m’arrêter sur les cas individuels aujourd’hui car il y a des joueurs qui progressent plus vite que d’autres. Plus de 50% de notre effectif est issu de la pré-formation, avec de très jeunes joueurs qui doivent encore gagner en maturité. Il faut leur laisser plus de temps, c’est pour ça qu’on ne ressort pas d’individualités. Je vais plutôt me focaliser sur l’état d’esprit, les principes mentaux fondamentaux et plus particulièrement l’envie de travailler ensemble. De ce côté-là, nous sommes servis.


Quelles impressions te laisse le championnat U17 ? 
On a eu un peu de tout, avec de très bonnes équipes, mais comme il s’est interrompu prématurément, je ne connais pas tous nos adversaires. Je n’ai pas eu la chance d’affronter Montpellier, par exemple, face à qui il est toujours intéressant de se mesurer. Globalement, il y a des très bons centres de formation. Je constate depuis quelques années que les clubs amateurs ont eux aussi beaucoup progressé. Ce n’est pas toujours un football très chatoyant, c’est même, souvent, plutôt défensif, mais c’est normal. Cela nous apprend à évoluer contre des défenses regroupées, à déséquilibrer des blocs bas. C’est à nous de trouver des solutions. Savoir gérer ces matchs fait pleinement partie de l’apprentissage.

Au niveau de la formation, Johann Louvel, que tu as côtoyé au Havre, a récemment fait son arrivée...
Sur le plan personnel, je suis ravi parce que c’est quelqu’un que je connais depuis de longues années. Johann est à l’origine de mon arrivée au HAC en 2007 donc cela fait déjà 13 ans que l’on se fréquente. Au niveau professionnel, je sais qu’il va être capable, par ses compétences et son expertise, d’apporter un plus à la formation niçoise. C’est quelqu’un qui gère bien son groupe, avec de grandes qualités tactiques. Il va permettre aux jeunes de progresser. C’est une bonne chose qu’il soit arrivé au club.

Vos parcours se ressemblent, puisqu’après une longue période au Havre, vous avez tous les deux exercé à l’étranger. Que retiens-tu des tes années au Sénégal ? 
Sportivement, c’était une expérience magnifique et couronnée de succès. Je venais de passer 9 ans au Havre auprès des équipes de jeunes. Je me suis vu confier les commandes d’une équipe professionnelle à Dakar (Dakar Sacré-Coeur), un tout autre métier. Lorsque je suis arrivé, nous étions en Ligue 2, nous avons été champions, sommes montés en Ligue 1. La première saison de l’histoire du club en Ligue 1, nous obtenons le maintien et la suivante nous terminons sur le podium. Ce fut 3 années incroyables, une belle aventure humaine avec un groupe de joueurs fantastiques. J’ai rencontré des gens magnifiques et j’ai encore beaucoup d’amis sur place. Tout ce que j’ai vécu là-bas m’a beaucoup touché.

Vous aviez prévu dans votre carrière de tenter l’aventure à l’étranger ?
Non, c’est le hasard de la vie. Après 9 ans au Havre, j’avais envie de voir autre chose. Quand on passe autant de temps dans un club, on a peut-être tendance à se relâcher, à moins se mettre en danger. Partir en Afrique a été une révélation et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt. Cette expérience a été une vraie remise en question, cela m’a permis de casser la routine, de découvrir plein de choses. C’était impensable pour moi d’aller entraîner en Afrique et puis à la fin, je ne voulais plus rentrer (rires). Mais de la même manière, je suis très heureux d’être rentré et de ce challenge à l’OGC Nice. Il y a tout pour bien travailler et faire progresser les jeunes.

M.C.