Le témoin
Au bon souvenir de Kev’ Gomis
La semaine qui vient de s’achever a permis de mettre en lumière les derniers « Niçois-Ecossais ». Elle a également orienté notre esprit vers Kévin Gomis, ultime joueur à avoir érigé un pont entre le Comté et le Nord du Royaume-Uni. Kévin, son bon mot, sa bonne humeur et ses 5 saisons passées avec le maillot rouge et noir nous ont convaincus de pousser la réflexion… jusqu’au coup de téléphone. Et jusqu’à quelques souvenirs.
« Tu sais, j’ai un lien particulier avec Nice. J’y ai passé beaucoup de temps, ma fille y est née, j’ai toujours adoré le club et le contexte, même quand la situation était un peu compliquée. Donc franchement, ça me fait plaisir de parler un peu de tout ça. » Au bout d’un fil, la voix n’a pas pris une ride. Gutturale et joyeuse, elle dessine une époque pas si lointaine mais plus si proche. Celle des combats pour le maintien, du Ray, des montagnes russes, d’un championnat brillant, d’un rendez-vous manqué avec le continent, d’une transition et d’un nouveau projet. Kévin Gomis fut un acteur de cette époque.



Venu du Portugal à l’été 2011, il dispute 70 matchs avec les Aiglons, entrecoupés d’un passage à Nottingham Forest. Homme de vestiaire, apprécié dans les bureaux, il quitte le bateau rouge et noir pour le Dundee FC, à l’été 2016, « avec un petit goût d’inachevé, je ne vais pas le cacher, glisse-t-il 4 ans plus tard. Mais c’est comme ça, ça devait se faire. Partir d’ici m’a fait quelque chose, mais il me fallait un nouveau challenge ». Au pays du Chardon, Gomis doit adapter son jeu et ne penser qu’au maintien par le combat. Durant 22 matchs, il s’y applique, sans grand plaisir, si ce n’est à côté : « Je n’ai pas trop aimé la manière de jouer, au contraire de celle dont ils vivent le foot. Ils ne pensent qu’à ça, les supporters viennent tout le temps t’en parler. Quand tu tacles, quand tu sauves un corner, quand tu gagnes un duel, tu sens que ça plaît. Franchement au niveau de l’ambiance, c’est quelque chose. Mais en championnat, si tu ne joues pas au Celtic, aux Rangers, à Aberdeen ou à Hearts, c’est plus compliqué. J’ai connu des beaux stades, Ibrox, Celtic Park. Mais tu veux que je te dise ? Je crois que je préférais le Ray... »
« Le Ray, Paris, le tunnel, les vestiaires... »
Le Ray, vieux compagnon et jeune souvenir. « Des fois, les joueurs m’en parlent, reprend le défenseur formé à Guingamp. Mais on ne pense pas aux mêmes choses. Je crois qu’ils n’étaient pas du bon côté quand ils venaient y jouer (rires). L’ambiance, le but d’Eysseric contre le PSG, le tunnel, les vestiaires... Tu ne peux pas oublier et moi, je me souviens de tout. Du retour à Charles-Ehrmann le soir de la 4e place (2012-13), du public, de l'arrivée à l'Allianz, qui fait basculer le club dans une autre dimension. Au final, je n’ai que des bons souvenirs en tête, y compris lorsque je repense aux moments plus difficiles de l’époque. » Après une saison en Ecosse, Kévin regagne la France et s’engage à Quevilly. Il sort du circuit pro, en conserve les exigences, profite de sa famille, de « la vie normale », et travaille sur différents projets pour la suite de sa vie professionnelle.

Mais l'heure de se retirer des terrains n'a pas encore sonné. A 31 ans, il ambitionne désormais de relever un nouveau challenge, tout en pensant à l’après, inspiré par ses anciens coéquipiers. Notamment un certain Didier Digard. « Ça m’a un peu surpris qu’il devienne coach aussi vite, mais c’est la suite logique. Je l’ai de temps en temps par message. Didier a une grosse présence, c’était un super joueur, il va beaucoup apporter aux jeunes. Je pense que dans le futur, il peut encore aller plus haut avec le Gym ». Une institution que Gomis suit de près et à qui il adresse un dernier message, avant que la discussion se termine. « Merci au Gym pour toutes ces années. Je m’identifierai toujours à ce club et à ce qu’il représente. Je passe un grand bonjour aux anciens qui sont encore là et aux supporters. Je n’ai jamais osé revenir, il faut que je le fasse bientôt. Et puis qui sait, si un jour, on a besoin de moi à Nice, je répondrai présent. »
C.D.
