Octobre Rose
Caroline : « Il y a des jours plus difficiles que d’autres, et ces jours-là, ce n’est pas grave »
Caroline a 45 ans. Mariée et mère de deux enfants, elle est infirmière et travaille depuis toujours auprès d’enfants malades. Diagnostiquée d’un cancer du sein en avril dernier, elle est aujourd’hui encore en cours de soins. Elle témoigne avec pudeur de ce que la maladie a changé dans son quotidien, de la force de son entourage et de cette nécessité nouvelle : s’écouter, se respecter et ne plus toujours remettre à plus tard ce qui compte vraiment.*
Pouvez-vous vous présenter et nous raconter ce que vous souhaitez partager de votre histoire à l’occasion d’Octobre Rose ?
Je m’appelle Caroline, j’ai 45 ans, je suis mariée et j’ai deux enfants. Je suis infirmière et j’ai toujours travaillé en pédiatrie, auprès d’enfants malades. J’ai également une formation en naturopathie.
J’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein en avril de cette année et j’ai débuté les soins au mois de juin. Aujourd’hui, j’ai commencé la dernière partie de mon protocole.
À travers Octobre Rose, j’ai notamment envie de rappeler l’importance d’être attentive à son corps. Pour ma part, c’est en observant mes seins et grâce à l’autopalpation que j’ai remarqué qu’il y avait quelque chose d’inhabituel et que j’ai pu enclencher les examens nécessaires.
Dans votre quotidien aujourd’hui, qu’est-ce qui compte le plus pour vous ?
J’apprends qu’il y a des jours plus difficiles que d’autres et que, ces jours-là, ce n’est pas grave. Il faut savoir se respecter, se reposer et faire ce qui nous fait du bien.
La maladie m’amène aussi à faire certaines choses que j’avais peut-être repoussées en me disant : « Ce sera pour plus tard. » Aujourd’hui, je me dis davantage que le moment est venu.
J’essaie simplement d’aller dans la direction dans laquelle j’ai envie d’aller, de respecter ce que je traverse, mais aussi mes envies.
Y a-t-il des présences, des gestes ou des petites attentions qui vous font particulièrement du bien pendant cette période ?
Depuis mon diagnostic, j’ai une chance folle : je suis extrêmement entourée. Mon mari, mes enfants, mes sœurs, mes meilleurs amis, mais aussi un cercle plus large de proches ont été présents pour moi depuis le début.
Ce soutien se traduit souvent par des choses très simples. Des amis m’ont préparé des repas pour les jours où j’étais trop fatiguée. Ma fille a passé plusieurs nuits auprès de moi simplement pour être là. Mon mari a parfois mis son propre quotidien entre parenthèses pour m’épauler et il est présent sans faille. Mon fils aussi est très proche, attentif à ce dont je peux avoir besoin.
Mes sœurs et mes amis ne m’ont jamais lâchée. Quand on traverse ce genre d’épreuve, cette présence est d’une richesse incroyable. Pour moi, ce soutien est presque un médicament.
Y a-t-il quelque chose qui vous tient particulièrement à cœur et que vous aimeriez partager à travers ce portrait ?
J’aimerais mettre à l’honneur toutes les personnes touchées par un cancer ou par une maladie grave, quelle que soit finalement la maladie.
Et j’aimerais aussi remercier les équipes médicales. Lorsque l’on traverse des soins lourds, leur empathie et leur bienveillance sont extrêmement importantes.
Ce portrait est aussi l’occasion de rappeler que l’on peut apprendre à s’écouter davantage. Accepter qu’un jour soit plus difficile qu’un autre. Se reposer quand on en a besoin. Faire des choses qui nous font du bien. Et peut-être ne plus toujours attendre « plus tard » pour faire ce dont on a profondément envie.
Ce soir, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs avant Nice–Rennes. Que représentera ce moment pour vous ?
Entrer sur cette pelouse, ce sera pour moi une façon de représenter toutes les personnes qui traversent la maladie, mais aussi leurs proches et les équipes qui les accompagnent.
Si ce moment peut rappeler à chacun qu’on n’est jamais seul face à cette épreuve, alors il aura beaucoup de sens pour moi.
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