Octobre Rose
Virginie : « Au bloc aussi, tout repose sur le collectif »
Infirmière depuis 2012, Virginie Ferri travaille depuis huit ans comme aide opératoire en chirurgie oncologique gynécologique et mammaire. Aux côtés des chirurgiens, elle conjugue technicité, anticipation et présence humaine auprès de patientes qui vivent souvent l’un des moments les plus vulnérables de leur parcours.
Pouvez-vous nous présenter votre métier et votre rôle auprès des patientes ?
Je suis infirmière depuis 2012 et, depuis huit ans, je suis dédiée à l’aide opératoire en chirurgie oncologique gynécologique et mammaire.
Concrètement, je travaille aux côtés du chirurgien pendant toute l’intervention. Mon rôle consiste à anticiper chaque étape, préparer et sécuriser le geste opératoire, participer directement à l’intervention et veiller en permanence au bon déroulement de la chirurgie.
Avec les années et le travail en binôme avec les mêmes équipes, une vraie synchronisation s’installe. Parfois, un regard ou un geste suffit pour se comprendre.
Mais mon métier ne se résume pas à la technicité. Lorsque la patiente entre au bloc, elle vit souvent un moment de grande vulnérabilité. Je suis aussi là pour l’accueillir, la rassurer, lui expliquer ce qui va se passer et parfois simplement lui tenir la main avant l’anesthésie.
C’est cette double dimension, très technique et profondément humaine, qui fait toute la beauté de mon métier.
Dans les moments que vous partagez avec les patientes autour d’une intervention, qu’avez-vous particulièrement à cœur de leur apporter ?
Avant tout, de la sécurité et une présence humaine.
Lorsqu’une patiente s’endort sous anesthésie, elle nous confie son corps et sa vie. À cet instant, notre responsabilité est immense. Avec le chirurgien et toute l’équipe, nous veillons sur elle avec exigence, respect et attention.
En amont, j’essaie surtout de lui apporter de la confiance et de l’apaisement. Le bloc peut être impressionnant. Mon objectif est qu’elle puisse lâcher prise le plus sereinement possible dans un moment déjà très lourd de son parcours.
Qu’aimeriez-vous faire découvrir au public du travail réalisé au bloc opératoire ?
À quel point la chirurgie est une œuvre collective.
Rien ne repose sur une seule personne. Chirurgiens, aides opératoires, anesthésistes, IADE, IBODE, brancardiers, ASH : chaque professionnel est un maillon indispensable.
Ce que l’on voit moins de l’extérieur, c’est cette cohésion très forte qui existe au bloc. Il y a bien sûr une exigence technique extrême, mais aussi beaucoup de confiance, de rigueur et de bienveillance.
C’est cette alliance qui permet d’offrir à la patiente une prise en charge à la fois sûre et humaine.
Avec les années, qu’est-ce que l’accompagnement de ces femmes vous a appris ?
Quand on débute, on pense surtout que l’on est là pour aider, grâce à notre savoir-faire et à notre technicité.
Avec le temps, j’ai compris que c’était un échange à double sens. Ces femmes nous apprennent énormément.
Leur courage, leur manière de traverser l’épreuve et parfois de continuer à penser à leurs proches avant elles-mêmes sont de vraies leçons d’humilité.
Elles nous rappellent que la vie est une chance et qu’au-delà de la technique, notre métier est profondément humain.
Le 31 octobre, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs avant Nice–Rennes. Que représentera ce moment pour vous ?
Ce sera un immense honneur, mais aussi une belle reconnaissance pour toutes celles et ceux qui travaillent dans l’ombre, chaque jour, au bloc opératoire.
Je trouve la symbolique très forte : d’un côté, une équipe de football qui évolue sous les projecteurs ; de l’autre, une équipe de soignants qui travaille dans la discrétion. Et pourtant, les deux reposent sur la même valeur essentielle : le collectif.
Dans le sport comme dans le soin, chaque maillon compte.
Que l’OGC Nice mette sa visibilité au service d’Octobre Rose et vienne ainsi tendre la main à celles et ceux qui accompagnent les patientes au quotidien est un geste très fort. À travers cette mise en lumière, ce sont tous les soignants et toutes les femmes qui se battent contre la maladie que j’aurai envie de représenter.
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