Octobre Rose

Dr Johanna Souci : « Ne laissez pas la peur vous empêcher de vous faire dépister »

Radiologue spécialisée en imagerie de la femme depuis plus de vingt ans, le Dr Johanna Souci consacre une grande partie de son activité au dépistage et au suivi du cancer du sein. Entre technicité, écoute et accompagnement, elle défend un message simple : ne pas laisser la peur retarder un examen qui peut faire toute la différence.

Pouvez-vous nous présenter votre métier et la place qu’occupe le dépistage du cancer du sein dans votre activité ?

J’exerce depuis plus de vingt ans au sein du groupe Azuradiologie et je suis spécialisée en imagerie de la femme.

C’est une spécialité qui me passionne, d’abord pour sa dimension humaine. J’aime échanger avec les femmes, les écouter. Chaque jour, elles m’enrichissent et me font progresser.

Le dépistage et le suivi du cancer du sein occupent une place majeure dans mon activité. Le radiologue intervient à plusieurs étapes : nous réalisons les examens, posons parfois le diagnostic, organisons si nécessaire des examens complémentaires ou des biopsies, et suivons les patientes tout au long de leur parcours.

Nous travaillons en lien étroit avec les chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes et anatomopathologistes.

Quelles questions ou appréhensions les femmes vous confient-elles lorsqu’elles viennent passer un examen ?

La première peur, évidemment, c’est celle du cancer.

La plupart des femmes arrivent avec une appréhension plus ou moins importante, selon leur personnalité et leur histoire. Nous connaissons toutes une mère, une sœur, une amie ou une collègue qui a été touchée par cette maladie.

Certaines redoutent aussi la mammographie elle-même. La compression du sein n’est pas agréable, je le reconnais volontiers, mais elle est nécessaire pour obtenir des images de qualité.

C’est justement pour cela que nous avons souhaité créer un environnement entièrement dédié aux femmes : un lieu intime, rassurant, avec un personnel formé, où chacune puisse se sentir accueillie et écoutée dès son arrivée.

Comment les accompagnez-vous lorsqu’il faut expliquer les résultats ou envisager des examens complémentaires ?

L’accompagnement commence dès l’accueil et se poursuit tout au long de l’examen.

Après avoir étudié les clichés, je prends le temps d’expliquer les résultats à chaque patiente. Lorsque tout est normal, je rappelle l’importance d’un suivi régulier.

Lorsqu’une image nécessite d’aller plus loin, les choses sont évidemment plus délicates. Il faut expliquer avec calme ce que l’on a observé et pourquoi un examen complémentaire, voire une biopsie, peut être nécessaire.

Ces moments demandent beaucoup de justesse. Les patientes scrutent nos visages, nos regards. Il faut trouver l’équilibre entre douceur, clarté et honnêteté, et adapter ses mots à chacune.

C’est quelque chose qui s’apprend surtout avec les années, au contact des patientes.

Quel message souhaitez-vous adresser à une femme qui repousse son dépistage ou hésite à consulter ?

Je voudrais avant tout lui dire de ne pas laisser la peur prendre le dessus.

Une boule, une sensation inhabituelle, un changement d’aspect… Il ne faut jamais hésiter à consulter, même si le dernier examen était normal.

Plus un cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison sont importantes et les traitements peuvent être moins lourds.

Je sais que la peur ou le déni ne se contrôlent pas toujours. Mais repousser un examen ne fait pas disparaître le risque.

Mon message est simple : venez. Nous sommes là pour vous accompagner, vous expliquer et vous aider à chaque étape.

Le 31 octobre, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs avant Nice–Rennes. Que représente pour vous cette occasion de sensibiliser un autre public ?

Je suis très honorée de participer à cet événement. L’OGC Nice, ce n’est pas rien, même pour une nulle en foot comme moi !

Le football est un sport populaire et rassembleur. Quand un club comme le Gym se mobilise, c’est une formidable occasion de parler du dépistage à des milliers de personnes, de tous les âges et de tous les horizons.

Alors j’aimerais dire aux femmes : venez ! N’ayez pas peur. Venez avec votre fille, votre mère, votre sœur, votre voisine ou votre meilleure amie. Encouragez-vous les unes les autres à prendre soin de vous.

Vous avez encore tellement de belles choses à vivre. Ne laissez pas la peur d’un examen vous empêcher d’en profiter.

Et finalement, comme dans le sport, il faut parfois savoir dépasser ses appréhensions. Nous sommes là pour vous accompagner.

Soutenez la mobilisation du Gym en participant à la tombola

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