Octobre Rose

« Mes enfants ont été mon premier médicament »

Ancienne salariée de l’OGC Nice, Sandrine Thiveyrat a été touchée par un cancer du sein en 2022. Mère de deux jeunes enfants au moment du diagnostic, elle raconte un parcours fait de traitements, de reconstruction, de soutien familial et d’un rapport au temps profondément bouleversé. Aujourd’hui, elle accepte de témoigner pour rappeler l’importance du dépistage, de l’écoute de son corps et de la force des liens qui entourent les femmes confrontées à la maladie.

Quel est aujourd’hui votre lien avec Octobre Rose et la lutte contre le cancer du sein ?

Ayant moi-même traversé cette épreuve en 2022, Octobre Rose et la lutte contre le cancer du sein ont forcément une résonance particulière pour moi. Je pense à toutes les personnes touchées, directement ou indirectement. Chaque fois que je peux en parler, sensibiliser ou agir à mon niveau, j’essaie de le faire.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours, avec vos mots ?

Mon parcours a commencé en 2022, à la suite d’une mammographie de contrôle. Tout s’est ensuite enchaîné assez rapidement : les examens complémentaires pour déterminer le protocole de soins, puis l’opération, la chimiothérapie, la radiothérapie et enfin l’hormonothérapie.   

J’ai eu la chance de pouvoir avancer en confiance avec l’équipe médicale et les praticiens en médecines complémentaires, mais aussi de bénéficier du soutien précieux de mes proches, présents de près ou de loin. J’ai gravi les marches les unes après les autres, en me concentrant sur chaque étape.


Ma première préoccupation a été mes deux enfants, qui avaient alors 4 ans et 6 ans. Comment leur expliquer ce qui m’arrivait ? Grâce à l’écoute et aux conseils bienveillants de l’équipe du service de chimiothérapie, les mots sont venus naturellement, au bon moment. Ils ont compris et se sont adaptés à la situation. Mes enfants ont été mon premier médicament.  
La première année a été consacrée aux traitements, puis la deuxième à la reconstruction mammaire, avec des interventions espacées d’environ trois mois. J’ai repris le travail à temps partiel au cours de cette deuxième année, avant de poursuivre mon chemin et de tourner progressivement la page.


J’aimerais aussi transmettre un message important : rester attentive à son corps, notamment grâce à l’autopalpation, en complément des mammographies de contrôle et essayer de ne pas céder à la panique.  

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans cette période de votre vie ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est le ralentissement du temps. Nous passons nos vies à courir et, soudain, avec la maladie, tout change de rythme.

J’ai appris à patienter, à vivre les choses jour après jour, à davantage m’écouter et à me faire confiance. Surtout, j’ai appris à avancer à mon propre rythme.

Qu’est-ce qui vous a aidée à avancer et à garder de la force ?

Le soutien de ma famille et de mes proches a été essentiel, tout comme la confiance que j’ai accordée à l’équipe médicale et aux différents professionnels qui m’ont accompagnée.

Et puis il y a toutes ces attentions, parfois très discrètes, ces énergies bienveillantes qui vous entourent et vous aident à continuer d’avancer.

Avec le recul, qu’est-ce que cette épreuve a changé dans votre manière de voir la vie ?

Cette épreuve m’a appris à regarder la vie autrement et à apprécier davantage les petits moments du quotidien, ceux que l’on ne voit parfois plus à force de courir.

Elle m’a aussi rendue plus attentive aux autres et m’a fait mesurer encore davantage la valeur des liens humains.

Vous avez travaillé à l’OGC Nice. Que ressentez-vous en voyant le Club se mobiliser aujourd’hui pour cette cause, et que représentera pour vous le fait d’entrer sur la pelouse le 31 octobre avec les joueurs ?

C’est à la fois un plaisir et une émotion de voir l’OGC Nice se mobiliser pour cette cause. Je suis très heureuse de pouvoir prendre part à cette initiative et, aux côtés des joueurs, contribuer à sensibiliser le public à la lutte contre le cancer du sein.

Le 31 octobre sera forcément un moment particulier, mais j’espère surtout que cette mobilisation donnera envie à certaines femmes de prendre soin d’elles et de ne pas repousser leur dépistage.

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