Octobre Rose

Solweg Fariello, faire de l’épreuve une force

Aujourd’hui en rémission, Solweg Fariello a transformé l’épreuve de la maladie en engagement. Devenue présidente de l’association Rose Azur, elle œuvre désormais aux côtés des femmes touchées par le cancer du sein, avec une conviction forte : ne jamais laisser une patiente affronter seule les moments les plus difficiles.

Quel est votre lien avec Octobre Rose et qu’auriez-vous envie de nous raconter de votre parcours personnel ?

Aujourd’hui en rémission, je vis Octobre Rose avec une intensité forcément particulière. Ce mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein me tient à cœur car, comme beaucoup de femmes, avant d’être diagnostiquée, je me suis toujours crue à l’abri. Pas concernée. Je pensais que cela n’arrivait qu’aux autres.

Quand le verdict est tombé, mon monde s’est écroulé. Puis, très vite, je me suis accrochée à ce qui me tenait en vie : mon mari, mes enfants, mes amies, et toutes celles et ceux qui m’ont témoigné un immense élan d’amour.

Car, aussi curieux que cela puisse paraître, c’est aussi le plus beau côté de l’humanité qui s’exprime à ce moment-là : un élan de fraternité et de sororité rare, qui vous porte.

Dans votre quotidien aujourd’hui, qu’est-ce qui vous aide et quelles présences ou attentions comptent particulièrement pour vous ?

Aujourd’hui, ce sont ces marques d’amour, d’amitié et d’affection qui m’aident. J’ai eu la chance de bénéficier du professionnalisme d’une équipe médicale particulièrement humaine, et je peux vous dire que cela fait une sacrée différence !

En devenant active au sein de Rose Azur, j’ai aussi tissé des liens très forts avec les adhérentes et les bénévoles.

Vous avez récemment pris la présidence de l’association Rose Azur. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager de cette manière ?

Quand la vie prend une drôle de tournure, on y cherche du sens.

Après la colère, le sentiment d’injustice, parfois le désespoir, les questionnements, la culpabilité, puis enfin l’espoir et cette énergie de vie qui s’impose, j’ai voulu donner un sens à cette épreuve, sans savoir comment.

Puis Rose Azur a fait savoir qu’elle cherchait une présidente. En lisant les missions attendues, j’ai pensé que je pouvais être utile. Comment ne pas saisir cette occasion de mettre mes compétences au service d’une cause qui m’habite désormais personnellement ?

Comme beaucoup d’entre nous, j’avais toujours voulu m’engager dans une association sans jamais en prendre le temps. J’ai très vite candidaté, et me voilà aujourd’hui au sein d’une équipe de bénévoles incroyablement généreuses, au service d’adhérentes qui font l’ADN de l’association tant elles sont puissantes et pleines de vie.

Que souhaitez-vous apporter aux femmes à travers l’association, et comment votre propre expérience nourrit-elle cet engagement ?

En m’engageant au sein de Rose Azur, j’ai d’abord voulu que les femmes isolées, parfois mal accompagnées, que j’ai rencontrées pendant mes traitements reçoivent la considération et l’attention qu’elles méritent.

L’association propose bien sûr des activités physiques adaptées et des moments conviviaux, mais par-dessus tout, une sororité qui porte. Avec les bénévoles et les adhérentes, nous nous entraidons et nous sommes présentes les unes pour les autres.

Nous pouvons par exemple accompagner les femmes qui le souhaitent à leur chimiothérapie, chez l’oncologue ou à la consultation avec l’infirmière d’annonce. Autant de moments angoissants que nous essayons d’alléger.

Avec Evelyne Bellal, ma vice-présidente, nous avons aussi voulu proposer dès mon arrivée une expérience différente, qui sorte des sentiers battus. C’est ainsi qu’est né le Rose Azur Trek.

Bien plus qu’une randonnée, c’est un clin d’œil symbolique à la « traversée du désert » que vivent les patientes pendant leurs traitements. Cette fois, ce sont elles qui ont les cartes en main pour relever leur propre défi et revenir à Nice « plus fortes que jamais ».

La première édition, en 2026, a réuni douze patientes en rémission au Maroc. Nos objectifs, tous atteints, étaient précieux : se réapproprier son corps, retrouver confiance en soi et se ressourcer.

C’est aussi l’occasion de rappeler l’importance de l’activité physique pendant la maladie comme après, et d’adresser un message d’espoir à celles qui sont encore en traitement.

Les patientes comme les équipes médicales ont plébiscité cette aventure. Nous collectons aujourd’hui des fonds pour financer l’édition 2027 et offrir cette expérience à seize femmes.

Le 31 octobre, vous entrerez sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs avant Nice–Rennes. Que représentera ce moment pour vous, et quel message aimeriez-vous porter au nom des femmes concernées par la maladie ?

Entrer sur cette pelouse aux côtés des joueurs, c’est un symbole fort. Je remercie l’OGC Nice de faire une place à notre combat. Quand un club comme le Gym s’engage pour Octobre Rose, le message touche des milliers de personnes.
Cet événement sera aussi l’occasion de porter haut l’ADN de Rose Azur et un message d’espoir que je veux fort.
Ne pensez pas que cela n’arrive qu’aux autres : faites-vous dépister. Plus le cancer est diagnostiqué tôt, plus les chances de guérison sont grandes.
Et si la maladie vous touche, sachez qu’après elle, même si votre vie ne sera plus tout à fait la même, un nouveau chapitre s’ouvre devant vous, au cœur duquel vous serez plus vivantes que jamais.
 

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