Octobre Rose

Danielle : retrouver confiance et prendre soin de soi

Un cancer du sein diagnostiqué en 2015 a bouleversé la vie de Danielle, alors mère de deux enfants et active à plein temps. Soutenue par sa famille et par des associations, elle raconte les traitements, l’après-maladie et la place du sport dans sa reconstruction. Depuis 2016, elle est adhérente et bénévole à SOS Cancer du Sein.

Quel est votre lien avec Octobre Rose et, plus largement, avec la lutte contre le cancer du sein ?

J’ai été atteinte d’un cancer du sein en 2015. Cette cause fait donc partie de mon histoire personnelle. Depuis 2016, je suis adhérente et bénévole occasionnelle à SOS Cancer du Sein, une association qui m’a beaucoup apporté.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours et la manière dont la maladie est entrée dans votre vie ?

Tout a commencé par une mammographie de contrôle, au cours de laquelle on m’a découvert une tumeur maligne du sein. À l’époque, je suis en couple, mes enfants ont 16 et 10 ans, je travaille à plein temps et je me sens en pleine santé. L’annonce de cette maladie, jusque-là silencieuse, rebat toutes les cartes. C’est un grand moment de solitude : quelque chose me dépasse et, soudain, je dois accepter que je suis atteinte d’une maladie grave.
Mon gynécologue m’a aidée à comprendre les priorités dans ma situation : arrêter de travailler, suivre les traitements — une chimiothérapie, puis une intervention chirurgicale — et prendre soin de moi. Il m’a aussi encouragée à me rapprocher d’associations pour être accompagnée dans les moments difficiles qui s’annonçaient.
Pour cette traversée de l’inconnu, j’avais besoin d’être bien entourée. En complément des soins, j’ai bénéficié de différents accompagnements, auprès d’un psychologue, d’un sophrologue et d’un réflexologue, ainsi que du soutien d’une famille aimante.

Quand on traverse une telle épreuve tout en étant mère, quelle place la famille et les enfants prennent-ils dans ce parcours ?

Je tenais à rester une maman confiante et rassurante, malgré des traitements éprouvants et la fatigue. La cohésion familiale a été essentielle à mon équilibre. Nous avons mobilisé les forces de chacun et adapté notre quotidien.
Il y avait des moments où je devais me mettre en retrait et me reposer. Tout le monde en comprenait la raison et respectait ce besoin de pause. Mon conjoint a pris le relais dans les tâches du quotidien et auprès des enfants. Leur présence bienveillante m’a aussi permis de vivre ces moments plus sereinement.
La vie de famille a continué, avec un fonctionnement différent, mais chacun a trouvé sa place. La famille élargie a également été d’un soutien capital. Mon état d’esprit, c’était : je reste confiante, je prends soin de moi et je suis reconnaissante pour l’aide que je reçois.

si cette mobilisation permet de sensibiliser, d’encourager au dépistage ou simplement de soutenir celles qui se battent, alors elle a pleinement son sens.

Comment avez-vous vécu la fin des traitements et la période qui a suivi ?

Les traitements ont duré huit mois. C’est d’abord une épreuve très personnelle, que l’on vit dans son propre corps. Jour après jour, on découvre sa capacité à traverser chaque étape, physiquement et émotionnellement. Quand les traitements se terminent, c’est une libération.
La Ligue contre le cancer m’a aidée à gérer mes émotions dès l’annonce de la maladie et tout au long des soins. Ensuite, j’ai rejoint SOS Cancer du Sein, où j’ai notamment découvert des activités sportives qui ont pris une place importante dans mon après-maladie.

Qu’est-ce que SOS Cancer du Sein vous a apporté, et quelle place votre engagement bénévole occupe-t-il aujourd’hui ?

Grâce à l’escrime, au yoga, à l'aviron -notamment avec le Centre Antoine Lacassagne-, à l’aquagym ou encore au longe-côte, j’ai pu me reconnecter à mon corps de manière positive. J’ai retrouvé un vrai plaisir dans l’effort physique. Constater mes progrès, notamment en endurance, m’a redonné confiance dans mes capacités.
Mais l’association apporte bien plus que des activités sportives. Une solidarité et une bienveillance s’installent naturellement entre les femmes qui traversent ou ont traversé un cancer du sein.
Les bénévoles contribuent à de nombreuses actions tout au long de l’année. Participer à mon tour, c’est prendre part à cette dynamique positive, soutenir les autres femmes et les encourager à prendre soin d’elles.

Le 31 octobre, vous ferez partie des 22 femmes qui entreront sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs de Nice et de Rennes. Quel message aimeriez-vous porter à travers cette mobilisation ?

J’aimerais d’abord rappeler l’importance du dépistage. Mon cancer a été découvert lors d’une mammographie de contrôle. C’est un message que je souhaite transmettre, bien au-delà d’Octobre Rose. En entrant sur cette pelouse, je penserai aussi à ma famille, aux soignants et aux associations qui m’ont accompagnée. Leur soutien a compté pendant les traitements, mais aussi après. Avec mon modeste engagement bénévole, j’essaie de donner à mon tour un peu de ce que j’ai reçu. Participer à cette mobilisation, c’est prolonger cette solidarité et dire aux femmes qui traversent la maladie qu’elles ne sont pas seules. Je trouve aussi très beau qu’un club comme l’OGC Nice mette sa visibilité et sa communauté au service de cette cause. Le football rassemble énormément de monde : si cette mobilisation permet de sensibiliser, d’encourager au dépistage ou simplement de soutenir celles qui se battent, alors elle a pleinement son sens.

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