Octobre Rose
Audrey et Marjorie, deux sœurs unies à jamais par la même épreuve
Audrey avait 19 ans, Marjorie 15 lorsque leur maman a été touchée par un cancer du sein. Pendant deux ans, elles ont vécu la maladie à ses côtés, jusqu’à son décès. Une épreuve qui a profondément marqué leur jeunesse, bouleversé leur famille et renforcé pour toujours le lien qui les unit. Aujourd’hui, elles ont accepté de raconter leur histoire pour rappeler l’importance du dépistage, du soutien des proches et, surtout, de profiter de ceux que l’on aime.
Quel est votre lien avec Octobre Rose ou, plus largement, avec la lutte contre le cancer du sein ?
En tant que femmes, nous nous sentons évidemment concernées. Mais cette cause nous touche surtout de manière très personnelle. Nous étions encore très jeunes lorsque notre maman est tombée malade.
Après deux années de parcours médical, elle nous a malheureusement quittées. Depuis, la lutte contre le cancer du sein est profondément ancrée en nous. Ce n’est pas une cause que nous regardons de loin : elle fait partie de notre histoire.
Avec le recul, qu’est-ce que cette histoire vous a appris sur la maladie, mais aussi sur la façon de la traverser en famille ?
Pendant deux ans, nous avons eu l’impression de vivre dans une autre dimension. Il y a d’abord le choc de l’annonce. Tout à coup, on comprend que cette maladie existe vraiment, qu’elle peut toucher sa propre famille et bouleverser toute une vie.
Nous avons découvert le monde de l’oncologie, les traitements lourds, la fatigue, la souffrance, mais aussi ce que la maladie peut provoquer dans le rapport au corps et à la féminité.
Nous avons également découvert le Centre Antoine Lacassagne et des équipes d’une humanité incroyable. Elles ne se sont pas seulement occupées de notre maman : elles ont aussi pris en compte toute notre famille. Cela nous a énormément marquées.
Quelle place la famille et les proches peuvent-ils avoir, selon vous, dans ces moments-là ?
Une place essentielle. Les équipes médicales nous l’avaient d’ailleurs dit dès le départ : être entourée et soutenue peut énormément aider une personne pendant son parcours de soins.
Même si c’était notre maman qui était malade, nous traversions cette épreuve avec elle, du mieux que nous pouvions. Nous voulions qu’elle ressente notre force, notre présence et tout notre amour pour l’aider à garder le courage d’avancer. Nous l’accompagnions aux rendez-vous, aux chimiothérapies, à la radiothérapie… Il était impensable pour nous de la laisser vivre tout cela seule. Nous avions adapté toute notre vie autour d’elle.
Notre père aussi a été très présent. Même s’ils étaient séparés, il a su mettre leurs différends de côté et ne l’a jamais abandonnée jusqu’à la fin.
Cette épreuve nous a fait énormément souffrir, mais elle a aussi renforcé nos liens familiaux et notre relation de sœurs pour toujours.
Est-ce que ce que vous avez vécu a changé votre regard sur la prévention, le dépistage et l’importance d’en parler autour de soi ?
Énormément. Après la maladie de notre maman, nous avons beaucoup essayé de sensibiliser autour de nous : mieux faire connaître le cancer du sein, encourager le dépistage, apprendre à connaître son corps et ne pas négliger son suivi médical.
Pour nous, il est important d’en parler toute l’année, pas uniquement pendant Octobre Rose.
Aujourd’hui, nous sommes également très sensibles à toutes les questions liées à la prévention et à notre environnement au sens large. Nous pensons qu’il faut continuer à mieux informer, mieux prévenir et mieux comprendre les facteurs qui peuvent influencer notre santé.
Le 31 octobre, vous entrerez toutes les deux sur la pelouse de l’Allianz Riviera avec les joueurs. Quel message aimeriez-vous que cette mobilisation fasse passer ?
Plusieurs messages.
D’abord, féliciter l'OGC Nice pour cette initiative. C'est important. Ensuite et surtout l’importance de la prévention et du dépistage. Surtout, la place essentielle de la famille et des proches autour d’une personne qui traverse la maladie. Mais s’il fallait retenir une chose de notre histoire, ce serait peut-être celle-ci : il faut vivre pleinement, essayer de réaliser ses rêves et profiter de chaque instant avec ceux que l’on aime tant qu’ils sont là.
C’est sans doute la leçon la plus forte que notre maman nous ait laissée.
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