Réaction

Dante : « C'était indécent »

Sollicité par L'Equipe, Dante a livré son point de vue après l'intervention du premier ministre français ce mardi. Le capitaine de l'OGC Nice, qui craignait une reprise prématurée de la Ligue 1, a affiché son soulagement après l'annonce de l'arrêt du championnat*.

Actuellement confiné au Brésil, le défenseur a salué une décision « très raisonnable ». « En tant que footballeurs, on est des privilégiés, a-t-il poursuivi. Mais ce qu’on vit est une crise mondiale et on est tous pareils. C’est un soulagement car les moments de doute sont finis. On se posait des questions sur l’entraînement après le 11 mai, comment on allait rester à quatre mètres de distance pour respecter les consignes médicales, comment on allait jouer ou pas… Là, tout est clair, on peut rester confinés et préparer la reprise proprement ».

« On serait passés pour des guignols »

« Beaucoup de gens sont morts ou endeuillés, on ne sait pas régler un gros problème mondial mais on voulait trouver la solution pour jouer au foot… Au lieu de se concentrer sur ce qui allait améliorer la situation du peuple, on réfléchissait au jeu, a regretté l'aîné du vestiaire niçois (36 ans). C’est notre travail mais ce n’est pas une priorité : des gens vont à l’hôpital, d’autres dépendent de petits boulots qu’ils perdent mais les footballeurs auraient joué ? Alors que ceux qui ont vraiment besoin de travailler ne peuvent pas ? C’était indécent. On serait passés pour des guignols ».

« Donner les tests aux gens importants »

« Est-ce que tu dois avoir des masques et des tests plus qu’un livreur ou un médecin dont la société a vraiment besoin ? Non », a affirmé le Brésilien, qui a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une « question d’envie ». « J’ai toujours envie de jouer au foot, ça me manque de ne pas sentir l’odeur de la pelouse, ça me perturbe (...). Des gens travaillent en se mettant en danger plus que nous, il faut leur laisser la priorité. Tous les tests qu’on aurait utilisés, qu’on les donne aux gens importants. Ce n’était pas non plus une bonne image. Si je joue et que je marque, je vais montrer ma joie, et que vont dire les gens en difficulté qui me voient m’amuser ? »

Celui qui compte 149 matchs avec l'OGC Nice (toutes compétitions confondues) a également expliqué qu'il tenait « le même discours avant celui du Premier ministre, et j’aurais dit la même chose s’il avait annoncé qu’on reprenait le 11 mai. On peut être européens, mais je n’échangerais jamais la santé des gens contre une qualification européenne. Les intérêts des clubs deviennent tellement petits par rapport à ce qu’il se passe ».

Retrouvez l'interview de Dante en intégralité dans l'édition du 29 avril 2020 de L'Equipe.