Revue de presse
Ricort : « Mon premier club, ça a été Nice. Mon dernier club, ça sera Nice »
Au lendemain de la clôture du mercato estival, Roger Ricort a longuement pris la parole dans les médias. Le Directeur sportif de l’OGC Nice s’est confié dans L’Équipe et sur le plateau de Gym Tonic, l’émission de Nice-Matin. Mercato, nouveau projet sportif, identité niçoise, Olivier Pantaloni, INEOS, formation : morceaux choisis.
Sur le mercato et le nouveau projet
« On a pris le risque du gros chantier. 22 départs, vous ne vous rendez pas compte, c’est tout un effectif qui est parti. Et ce qu’on voit sur le terrain, ce n’est pas trop mal. Il y a des promesses. On a fait un truc cohérent qui demande à être poli, à être travaillé tous les jours. »
« Ça a été très dur, ça a été très long parce qu’il y avait beaucoup de joueurs qui avaient des gros salaires et qui voulaient leur dernière année de contrat. Avec la Coupe du monde, rien ne bougeait. Il a fallu faire vraiment un sacré boulot. Il fallait parler, convaincre. Le président Maurice Cohen a été très bon. Et je voulais souligner aussi l’appui de Jean-Claude Blanc, qui nous a vraiment beaucoup aidés. J’ai vu arriver les joueurs qu’on voulait. Souvent les premiers choix. »
« Ce n’est pas “je”, c’est “nous”. Il y a la cellule de recrutement qui a proposé des joueurs quand il le fallait. Il y a le centre de formation avec 8 ou 9 gamins qui ont intégré l’effectif professionnel. »
Sur la feuille de route
« Les premières recrues importantes, c’était le coach Pantaloni, le staff technique, le préparateur physique Nicolas Dyon. Ce que les supporters ne voient pas. Tous les matins, quand j’arrive au club à 7 heures, ils sont déjà là depuis une demi-heure, ils travaillent. Et c’est ça qui me rassure. »
« Avec Abergel, on a envoyé un signal d’entrée. Fini les joueurs bling-bling à 300 000 ou 400 000 euros par mois, qui ne parlent pas français et ne se parlent même pas entre eux. »
« On voudrait faire comme Lens, et on va d’ailleurs se retrouver dans leurs eaux en termes de budget. Quand on voit ce qu’ils ont fait l’an dernier, on se dit qu’on n’est peut-être pas plus cons qu’eux. Il faut partir dans cette voie-là en sachant qu’on n’est pas encore prêt. »

Sur l’équipe et l’identité niçoise
« Il faut que ce groupe gagne un match, marque des buts, ça va lui faire du bien. On veut une équipe qui se reconnecte à son public. [...] L’équipe qu’on dirigeait à l’époque avec Frédéric Antonetti était aimée parce qu’il y avait cet esprit. Le type qui n’a pas compris la mentalité niçoise, il peut être en difficulté. »
« En plus de la mentalité, il fallait un peu de discipline. Ce n’est pas le bagne, attention. Mais on a recadré les choses. Le club est dirigé par un président, un directeur sportif, un coach. Ce ne sont pas les joueurs qui commandent. »
Sur Axel Witsel
« Le coach a vu de suite ce qu’il allait nous apporter. Il est tellement agréable. C’est bien aussi pour tous ces jeunes qui voient autour d’eux un type qui a fait 4 Coupes du monde. Il a une telle banane le matin quand il arrive à l’entraînement, ça fait plaisir. Pour nous, c’est vraiment un beau renfort. »
« Quand je l'ai appelé, j'ai dit : "tu vas me régler le problème du vestiaire". Je suis assez content de moi parce que quand on a perdu Laurent Abergel, j’ai dit : “m.....”. J’ai appelé Rudi Garcia. On a fait les choses comme il faut. Et j’étais embêté, je n’arrivais pas à trouver quelqu’un qui m’en disait du mal. J’ai dit : “bon, on va le faire”. »
« Il y a tout dans Witsel : le joueur, l’expérience, la mentalité… C’est notre nouveau Dante. »

Sur Wahi et Amoura
« J'ai senti que Wahi a été investi dans le projet. Quand vous avez quelqu'un qui vous appelle tous les jours... les dix premiers coups de fil avec le directeur sportif de Francfort, c’était “Nein !”. Là, j’ai senti l’aide d’Ineos sur les salaires. »
« Mohammed Amoura, on sent qu’on peut le faire. Mais le samedi, on me dit que Lyon est en train d’essayer de le faire. Et Rennes. Nous, la visite médicale est prévue le lundi, le billet d’avion est prévu le dimanche soir. Al-Sadd a envoyé, pendant qu’on signait, un avion privé pour prendre le joueur et l’emmener là-bas… »
« Il m’a plu ce gamin. On a fait le call. Je lui ai dit : “tu as la place. Tu peux te faire une saison Wahi et Amoura”… Les 0-0, c’est fini (sourire). »
Sur Olivier Pantaloni
« Il est juste et honnête. C’est important. Qu’on se trompe ou pas, on va aller au bout ensemble. Moi, j’ai fait 4 ans directeur sportif, je n’ai eu qu’un entraîneur. C’était Frédéric Antonetti. Ils ont la même sincérité et la même droiture. J’ai eu un Corse nerveux, là, j’ai un Corse calme (rires). »
Sur INEOS
« Moi je suis très content d’avoir Ineos comme propriétaire du club. Ils nous ont prouvé qu’on a, malgré tout, une équipe qui tient la route. Ils auraient pu s’en foutre. Ce n’est pas le cas. J’ai vraiment eu une aide très précieuse avec Jean-Claude Blanc. Après, il fallait faire des économies. Hier, j’ai reçu un message de Jean-Claude Blanc pour nous féliciter. Ça veut dire ce que ça veut dire. »
« Si Maurice Cohen et moi, on se retrouve là, c’est peut-être qu’il y a une raison. On est Niçois, on veut remettre du bon sens. On ne partira pas à Sunderland. »
« Peut-être que demain, on aura bien rétabli les choses et que le club sera vendable à bon prix. Mais j’aimerais un jour rencontrer le propriétaire pour lui dire : “Restez. On a plein de choses à faire encore.” Si on arrive à le convaincre qu’aujourd’hui, on travaille dans sa direction, qu’on respecte ce qu’il a envie de voir, qu’on crée quelque chose tous ensemble cette année et qu’il se dise “je continue”, moi c’est mon rêve ! »

Sur le club qu’il a retrouvé
« C’est un beau club, qui reste très attractif. Moi, à l’époque, j’avais un problème à 10 heures du matin, je l’avais toujours à 10 heures du soir. Là, aujourd’hui, en 15 minutes, c’est résolu. »
« Franchement, je ne reconnais pas le club, par rapport à il y a 15 ans. Les infrastructures, c’est quelque chose. Quand l’équipe professionnelle ne marche pas, on ne voit plus rien de bien. Alors qu’il y a beaucoup de très bonnes choses autour. »
Sur les jeunes et la formation
« On a des jeunes de grande qualité qui ont des contrats pas en adéquation avec leur valeur. Donc je vais vite appeler leurs agents, essayer de renégocier. »
« Coulibaly et Junior, ce sont des potentiels joueurs de l’équipe de France, peut-être. Avec ce que fait Junior à 17 ans, je suis sûr qu’à la fin de l’année, on va avoir une offre à 45-50 M€ (sourire). »
Sur les interactions avec Manchester United
« Je veux aller à Manchester United. Voir s’il y a la possibilité de faire quelque chose avec eux. C’est sûr, on ne va pas avoir Bruno Fernandes. Mais un super talent d’Amérique du Sud qui n’est pas prêt, tu nous le mets là, on peut finir de le former. »
Sur son retour au Gym
« J’adore manager les hommes. Je me suis dit : “Si je suis largué, je vais le savoir au bout de 15 jours et j’aime tellement ce club que je vais me mettre en retrait”. Et puis je me suis pris au jeu. Je me suis éclaté. Et je me suis dit : “Bon, maintenant, il faut que j’aille au bout”. »
« J’ai signé un an. Je n’ai pas les dents qui traînent par terre. Ma carrière, elle est finie. Mon dernier club, ça sera Nice. Je suis serein par rapport à ça. Je ne suis pas là pour devenir le meilleur directeur sportif du monde. En revanche, je vais remettre de l’ordre. Parce que ce club-là, je n’arrivais même plus à l’aimer. Comme un supporter. »
Retrouvez l’intégralité des entretiens de Roger Ricort dans Gym Tonic pour Nice-Matin et sur l'Equipe.fr