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Témoin

27 octobre 2020

D'Israël au Gym, les souvenirs de Mizrahi

Seul Israélien à avoir porté les couleurs niçoises, Alon Mizrahi a achevé sa carrière à Beer-Sheva en 2005. OGCNICE.com a retrouvé l’ex-buteur, observateur privilégié de ce premier affrontement du Gym avec un club israélien.

Quand on l‘invite à se définir, Alon use de l’une de ces phrases dont il a le secret : « Je suis le roi des buts d’Israël ». Comment lui donner tort ? Passé par plusieurs clubs de son pays, le Maccabi Haïfa, le Maccabi Tel Aviv, le Beitar Jerusalem et l’Hapoël Beer-Sheva, Alon y a effectivement laissé la trace d’un joueur particulièrement à l’aise dans les derniers mètres adverses. En 1998, deux de ses buts l’ont placé dans la lumière en France. Il raconte : « Lors de la saison 98-99, j’ai joué contre le PSG avec le Maccabi Haïfa en 1/16es de finale de la Coupe des coupes. Au match retour, j’ai marqué 2 buts et on a éliminé Paris (3-2, 1-1 au match aller). C’est à ce moment-là que Nice a voulu me faire venir en France ». Il y atterrira en 1999. « J’ai évolué à l’OGC Nice en D2 sous les ordres de Guy David et avec Daniel Bravo, Lionel Prat, Dominique Aulanier, José Cobos ou encore Damien Grégorini », énumère-t-il.

« J’aurais aimé rester plus longtemps à Nice »

Arrivé à Nice à l’hiver 1999, Alon Mizrahi vit alors sa première - et seule - expérience à l’étranger. Meilleur buteur de l’histoire du football israélien, l’attaquant continue à marquer en France (« 4 buts en championnat, je m’en souviens ») mais ne connaît pas l’aventure azuréenne dont il rêvait : « À ce moment-là, Nice n’est pas l’équipe que c’est aujourd’hui. Quand j’arrive, le club appartient à l’AS Rome et on sait qu’en étant bon on peut avoir des opportunités ensuite. Mais à Nice j’ai eu plusieurs problèmes, notamment avec le Président Primo Salvi. West Ham et Aston Villa ont voulu m’acheter mais il n’a pas souhaité me laisser partir. »

A St Etienne en avril 1999, lors d'une victoire 0-2 face aux Verts alors également en D2.

Après 20 petits matchs, l’ex-international israélien quitte ainsi la Côte d’Azur, retrouve son pays où il continue d’empiler les buts, en conservant un fort goût d’inachevé dans la bouche : « J’aurais aimé rester plus longtemps à Nice. À cette époque, c’était difficile pour les étrangers et notamment les Israéliens de signer en Europe. Quand tu arrives il te faut aussi un peu de chance, je n’en ai pas eu. Je n’ai pas signé à Nice au bon moment. » 21 ans après son départ, son affection pour le club rouge et noir reste toutefois intacte : « J’aime ce club qui a bien évolué depuis mon départ. Il a un très beau stade et joue bien au football. Je suis Nice et je m’intéresse à la Ligue 1 que je regarde toutes les semaines. Je viens souvent sur la Côte d’Azur, j’y ai des amis et j’aime beaucoup cette région. »

Contre l’Hapoël Beer-Sheva « du 50/50 »

En 2005, Alon Mizrahi range les crampons sous les couleurs de l’Hapoël Beer-Sheva, futur adversaire du Gym en Ligue Europa ce jeudi (21h) : « En 2006, Alona Barkat est devenue propriétaire du club et en a fait l’un des meilleurs d’Israël. Depuis, il a été sacré champion à trois reprises, a remporté la coupe la saison dernière et dispute régulièrement la Ligue Europa. L’équipe a aussi un nouveau coach, Yossi Abukasis, avec qui j’ai joué en équipe nationale d’Israël et qui est une grande star au pays. Ils ont de très bons joueurs, la plupart étrangers comme Josué. C’est un milieu de terrain qui possède un très bon pied gauche, marque et fait des passes décisives. Il peut créer des problèmes à Nice (ndlr : testé positif, Josué ne sera pas du déplacement selon RMC). Et puis il y a aussi beaucoup de jeunes joueurs nationaux » Fort de son expérience des joutes européennes (18 matchs continentaux), l’ancien Aiglon se garde bien d’identifier un favori : «  Pour les deux équipes ça va être difficile. En coupe d’Europe vous ne pouvez pas faire de pronostics. Entre Nice et Beer-Sheva je dirais que c’est du 50/50, tout est possible dans cette confrontation. »

Amoureux du ballon rond, Alon ne s’est pas éloigné de sa passion une fois sa carrière de footballeur derrière lui : « Je suis toujours dans le foot. Je travaille à Channel 5, une chaîne de télévision en Israël, et j’entraîne des attaquants, des U12 jusqu’aux professionnels. Je travaille notamment avec Eden Ben Basat (passé par Brest et Toulouse). J’ai aussi fait du beach soccer. En juillet et août nous avons un championnat et j’y ai joué avec l’équipe nationale, comme Eric Cantona. »

Michel Saad