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Emerse Faé : « Je n

Flashback

17 octobre 2013

Emerse Faé : « Je n'en voudrais pas à Dario »

Il est le dernier à avoir offert au Gym le derby contre Marseille. Le 5 décembre 2010, d'un but à l'arrachée, Emerse Faé faisait exploser le Ray à la 92e minute. S'il a depuis été contraint de mettre un terme prématuré à sa carrière, l'international ivoirien ne s'est guère éloigné des terrains. Pour la deuxième saison consécutive, il apprend le métier d'éducateur auprès des U17 niçois.

Nice-Marseille, le 5 décembre 2010
Un magnifique souvenir. On n'avait plus battu l'OM au Ray depuis un bon moment (le 29 octobre 2006, 2-1). Et avec Monaco, il s'agit sans doute du match le plus attendu de la saison par les supporters. Cette victoire dans les arrêts de jeu garde une saveur particulière...

Nice-Marseille, le 18 octobre 2013 ?
Difficile de pronostiquer. Le Gym n'a pas encore perdu à l'Allianz Riviera et l'OM est très coriace. Peut-être même plus à l'extérieur. Ils ont beaucoup d'individualités, même s'ils passent par plusieurs phases. Le match sera probablement serré. Comme en 2010.

Ton avis sur les Aiglons ?
Ils sont en train de trouver leur rythme de croisière. L'équipe a peu changé cet été, les automatismes vont rapidement revenir. Puis on ne s'en rend pas forcément compte, mais le club vient de réaliser son meilleur départ depuis longtemps. Je ne sais pas si c'est dû au nouveau stade ou à l'extraordinaire saison passée, mais on ne ressent pas tellement d'enthousiasme dans les commentaires. Il faut s'en rendre compte : malgré de nombreuses absences, l'OGC Nice se situe dans le bon peloton.

Quelles ambitions peut-il nourrir ?
Les mêmes que l'an passé, je pense. Paris et Monaco sont logiquement au-dessus mais derrière, hormis Marseille peut-être, les concurrents se valent : Nice, Rennes, Bordeaux, Saint-Etienne, Montpellier... En conservant la même philosophie, la même qualité et toujours autant d'envie, nous avons une carte à jouer. A condition de régularité, bien sûr.

Que penses-tu de l'évolution de tes ex-coéquipiers ?
Personnellement, je suis impressionné par celle de Mahamane Traoré. A mon arrivée au club, il était le jeune espoir qui peinait à confirmer, souvent freiné par les blessures. Il avait besoin de régularité et ses deux prêts successifs à Metz lui ont fait beaucoup de bien. A son retour, il a réussi une saison complète. Celle que tout le monde monde attendait. Un cran plus bas, il a encore progressé et mis à profit sa qualité de passe. Quant à Didier (Digard), Nema (Pejcinovic) et les autres, je ne suis pas surpris. Ce sont des bons joueurs qui ont encore grandi, et à qui le coach Puel a su redonner confiance après des saisons difficiles.

« Je ne m'attendais pas à y prendre goût »

Aujourd'hui et pour la deuxième saison consécutive, te voilà éducateur en compagnie des U17 Nationaux d'Alain Wathelet...
Je découvre d'autres facettes du métier, et je réalise à quel point ça n'a rien d'évident. La formation me renvoie à mes plus belles années de footballeur. L'époque du grand FC Nantes. Nous étions les plus petits de notre championnat et tout le monde nous redoutait. Aujourd'hui, quelque part, je me retrouve un peu 15 ans en arrière. Avec les jeunes que j'encadre, je me projette. Je veux leur donner leur chance. Je ne m'attendais pas à prendre goût comme ça... Puis ils sont attachants. Chacun avec ses qualités, ses défauts, sa part de vice (rires). Sincèrement, je m'éclate.

Une reconversion réussie...
Complètement. Ma famille se plaît ici. Ma femme a ouvert un magasin en centre-ville, mes enfants sont scolarisés au port et moi, j'ai la chance de continuer à l'OGC Nice. L'idéal pour le jeune éducateur que je suis. Pour en avoir encore discuté avec mes camarades de promotion aux diplômes (1), j'ai une chance immense de débuter en centre de formation.

Emerse Faé à la der' du Ray

La panoplie de joueur ne te manque-t-elle pas ?
Un peu, quand même. Pour l'inauguration de l'Allianz Riviera, j'avais du mal à être en tribune. J'ai toujours aimé les stades avec une grosse ambiance, quitte à jouer à l'extérieur. Ce sont des contextes de haut niveau. Contre Valenciennes, il s'agissait d'une grosse fête, et j'aurais préféré être sur le terrain. Mais c'est la vie, et je ne pouvais pas prendre de risque avec la mienne. Voilà deux ans que j'ai arrêté et même si c'est parfois compliqué, je regarde devant.

Un message de plus pour la jeunesse...
Pas plus tard qu'hier, je leur en parlais. Toutes les conditions sont réunies pour qu'ils réussissent. Ils doivent donner tout ce qu'ils ont en eux. A leur âge, forcément, ils n'ont pas le même recul que moi aujourd'hui. Pour l'instant, ils voient surtout que leurs amis profitent de la vie, sortent, ont des copines... Tout ce qu'à mon époque, j'assimilais à des sacrifices. Et qui n'en sont pas. Rien ne vaut le métier de footballeur. J'ai voyagé, affronté des grands joueurs, vécu des instants mémorables... Les jeunes ont une chance d'atteindre leur rêve. Qu'ils y parviennent ou pas, ils ne doivent anéantir la moindre place pour le regret.

La saison en cours des U17 ?
Malgré un mauvais départ, nous avons réussi une très bonne saison l'année dernière. Cette année, nous avons un nouvel effectif. De nouvelles problématiques, de nouvelles solutions à trouver. Après des débuts difficiles, et la perte de confiance qui en découle, nous restons sur trois victoires consécutives. Nous avons réussi des bonnes mi-temps, des périodes abouties et petit à petit, il va falloir mettre la manière.

D'ici là, le Gym reçoit donc Marseille, vendredi 20h30...
Dis à Dario qu'il ne se gêne pas pour marquer. Si vendredi soir, je ne suis plus le dernier à avoir donné la victoire contre Marseille, je ne lui en voudrais pas. Au contraire. Puis, de toute manière, je resterai toujours le dernier à avoir donné la victoire au Ray !

Y.F.

 

(1) Titulaire du BE1, Emerse se présentera en 2014 à la prochaine session du DEF, ou plus exactement de son équivalent, le diplôme étant en cours de refonte.