Numa
Andoire

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Milieu

Aiglon de 1925 à 1932

46

matchs

4

buts
Date de Naissance 19 mars 1908
Lieu de Naissance Coursegoules (France)
Date de Décès 26 novembre 1994
Poste Milieu
Club formateur Nice

Biographie


Numa Andoire

L’évocation de son nom renvoie aux « 50 glorieuses ». Entraîneur de l’OGC Nice de 1950 à fin novembre 1952 où, pour raisons de santé, il laisse sa place à Mario Zatelli, Numa Andoire a fait partie de la dynamique victorieuse du club au commencement de cette illustre décennie. Champion de France en 1951 et 1952, il soulève la première Coupe de France du Gym cette même année.

Son nom fait aussi émerger un nombre incalculable d’anecdotes pour ceux qui l’ont côtoyé. Des moments d’une vie riche, nourris par une force de caractère et un sens de la repartie hors du commun qui ont forgé son personnage.

Malgré un second passage plus difficile comme entraîneur de 1962 à 1964, Numa Andoire, disparu en 1994, n’a laissé que de bons souvenirs dans la capitale du Comté. Né en 1908 au cœur du paysage montagneux de Coursegoules, c’est au Gym qu’il a écrit les plus belles pages de sa légende.
Mordu de ballon, il a transmis sa passion à son fils lequel, pour OGCNICE.com, raconte Numa Andoire, son mythe de père.

« Mon père, il était pire que Cantona » rigole Gilbert Andoire, le téléphone à peine décroché. Si le fils du mythique entraîneur du Gym s’amuse à raconter certains accrochages de son paternel : « alors joueur au FC Antibes, il était monté dans les tribunes pour s’expliquer avec un supporter qui l’avait insulté pendant tout le match », il n’oublie pas d’insister sur ses qualités balle au pied : « c’était quelqu’un de très adroit, très technique. Un bon footballeur ».

Débuté à Nice, le parcours de cet élément polyvalent le conduit à Antibes à l'avènement du professionalisme, au Red Star et à Nancy avant un retour dans la région, à Cannes puis de nouveau au FCA : « Mon père aimait Paris mais c’était un gamin de la région, il avait un esprit très provençal et il était trop frileux pour jouer dans l’est » s’amuse Gilbert qui se souvient que le passage de son père au FC Nancy n’a duré que 6 mois avant le retour dans sa région natale.

Uruguay : après la colère, la révélation

Numa Andoire, personnage au sang chaud et au tempérament très fort comme l’illustre son expérience contrastée à la Coupe du Monde 1930 : « Il est dans le groupe et se rend en Uruguay en bateau depuis Villefranche-sur-Mer. Avant le troisième match, le sélectionneur promet d’aligner ceux qui n’ont pas joué dont mon père. Finalement il aligne la même équipe, sous la pression de Jules Rimet à qui mon père jette au visage son maillot. Il est exclu de l’équipe et reste 6 mois en Uruguay pour jouer au football ».

Un évènement qui marque doublement Numa Andoire, 22 ans à l’époque, si l’on en croit son fils. Ce périple sud-américain aiguise son appétit pour le football « à la Brésilienne » : « Il voulait une équipe portée vers l’attaque, il disait toujours que plus tu tirais au but plus tu avais de chances de marquer ». Il renforce aussi ses convictions. Homme de valeur, il accordait une grande importance à la sincérité, à la confiance et à la parole donnée : « En 1952, à Metz, à quelques jours de la finale de Coupe de France, il met au repos Pär Bengtsson et Désiré Carré, deux des meilleurs joueurs de l’équipe, et promet aux remplaçants, Victor Nuremberg et Luis Carniglia, une place de titulaire en finale en cas de victoire ». Nice gagne 2-0. Numa Andoire, en souvenir de cette expérience au Mondial 1930, fait fi des critiques de la presse et des supporters et maintient sa parole. Quelques jours plus tard, le Gym s’impose contre Bordeaux (5-3) à Colombes et s’offre sa première Coupe de France. Le Luxembourgeois et l’Argentin sont tous deux buteurs : « Cette histoire c’est tout Numa Andoire. Il était sûr de lui et savait user de toutes sortes de stratagèmes pour motiver ses joueurs » relate Gilbert. « Il disait qu’il n’était pas un entraîneur mais un manager et qu’il n’était pas là pour apprendre à ses joueurs à jouer au football. Lorsqu’il les autorise à faire la fête la veille de la finale, il le fait parce qu’il sait qu’ils en ont besoin. Même chose quand il réussit à convaincre tout son groupe que Yeso Amalfi n’a pas besoin de courir autant que les autres parce qu’il est le meilleur et qu’il fait gagner les matchs. Il les convainc même de faire plus d’efforts pour compenser ».

« Un personnage comme on n'en voit plus »

Connu pour sa rigidité et sa ténacité, l’entraîneur aux 165 matchs sur le banc du Gym savait s’y prendre et avait toujours un temps d’avance d’après son fils : « il était très malin et obtenait presque systématiquement ce qu’il voulait ».

Malgré sa poigne, Numa Andoire « réputé pour ses traits d’humour » était très apprécié. Gilbert se souvient : « À sa mort, la cérémonie fut arrêtée parce que tout le monde riait en se remémorant les souvenirs et les nombreux moments que nous a fait vivre mon père Numa André Andoire ». André comme le prénom inscrit sur sa tombe : « À l’époque Numa n’était pas un prénom reconnu par l’Église catholique donc pour les actes religieux c’est André. Pour tout le reste c’est Numa qui est un prénom romain ».

Signe supplémentaire du particularisme d’un personnage « comme on n’en voit plus » assure son fils.