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« Un beau clin d’oeil du destin »

Caen - Nice

16 août 2018

« Un beau clin d’oeil du destin »

Samedi à Caen, la défense niçoise devrait être confrontée à un avant-centre singulier. Par son attachement à Nice, là où il a vu le jour et été formé. Par son parcours, lui qui a compilé les jobs de serveur et surveillant à Calvi en marge de sa carrière en amateurs. À 29 ans, Malik Tchokounte a découvert la Ligue 1 au Parc des Princes, le week-end dernier. Attaquant emblématique de la Selecioun, il se prépare désormais à affronter le Gym, pour sa première à Michel-d’Ornano.

Comment un Niçois prépare-t-il un match contre le Gym ?
Normalement… Ça fait plaisir, c’est un beau clin d’oeil du destin, c’est sûr. Mais je suis très calme. On verra ce que ça donne sur le terrain, samedi soir.

Tu as grandi à Nice…
Entre Gorbella, Saint-Lambert, Cessole… Toujours à Nice-Nord, oui. Je suis allé à l’école Von Derwies, au collège Valéri puis au Parc Impérial avant d’étudier au centre de formation. Niveau foot, j’ai directement commencé à l’OGC Nice, derrière le stade du Ray. J’y ai effectué toutes mes classes. En moins de 18 ans, je suis parti une première fois du club. Au bout d’une saison au Cavigal, René Marsiglia et Fred Gioria, alors en charge de l’équipe réserve, m’ont fait revenir. J’ai beaucoup progressé avec eux mais objectivement, je n’avais pas le niveau pour passer professionnel. De ma génération, seuls Anthony Modeste, Mahamane Traore et Jimmy Roye (Niort, Gazélec) y sont parvenus. En 2008, j’ai donc définitivement quitté le club, mais sans regret.

En août 2009, lorsque tu signes à Calvi en cinquième division, quel est ton objectif ?
Jouer au foot, parce que c’est ce que j’aime. Et voir où ça me mènera. Je n’étais pas obnubilé par le professionnalisme.

Saison après saison, tu as pourtant grimpé les divisions…
Je me suis accroché. Et à chaque fois, je me suis bien adapté. On m’a donné des opportunités ; je les ai saisies. D’abord à Dunkerque (National) puis au Paris FC, avec qui j’ai découvert la Ligue 2 l’an dernier. Et cet été, j’ai rejoint Caen.

« Avec Romain (Genevois), on parle souvent de Nice »

Qu’est-ce qui change le plus avec un club de Ligue 1 ?
Les infrastructures, les moyens, le monde qui entoure l’équipe. On passe beaucoup plus de temps au centre d’entraînement. Des journées entières, régulièrement. Le club est en Ligue 1 pour la 5e saison consécutive, il se stabilise, aussi. Et je suis tombé dans un bon groupe. J’ai confiance : on peut faire de belles choses.

À l’entraînement, tu dois avoir l’occasion de te frotter à un certain Romain Genevois…
Exactement (rires). Un bon défenseur et un super mec, qui a adoré son passage à Nice. On en parle souvent…

Comment as-tu vécu ta première en Ligue 1, au Parc des Princes ?
Normalement. J’étais content de jouer, de découvrir l’élite. Mais ça ne m’a pas travaillé plus que ça. Je n’ai pas bloqué sur les paillettes, les noms en face ou l’environnement. Il fallait rester concentré.

« ils aimeraient que je marque mais que le Gym gagne »

Moins de deux ans auparavant, tu étais en tribune pour encourager le Gym…
J’y ai repensé après-coup, oui. D’autant qu’une photo de l’époque est ressortie (voir ci-dessous). Ça fait quelque chose, forcément. Mais je ne l’ai réalisé que les jours qui ont suivi Paris – Caen. Le jour du match, j’étais ultra concentré.

Une semaine de Caen – Nice, le téléphone sonne-t-il davantage ?
Oui, c’est clair ! Je reçois déjà beaucoup de messages de soutien. Mes potes de Nice ? Ils aimeraient que je marque mais que le Gym gagne (rires).

Tu n’as pas percé au Gym, mais les Niçois te connaissent par rapport à la Selecioun, avec qui tu as remporté la Coupe du Monde de la ConIFA* en 2014…
Un grand – très grand – moment. Je n’oublierai jamais. Une immense fierté de représenter le Comté. Ce n’était pas des coéquipiers mais des potes, des amis. Une aventure unique, que je n’aurais pas pu vivre ailleurs.

Pour fêter votre titre, vous aviez été mis à l’honneur à l’Allianz Riviera, avant Nice – Toulouse…
Pendant le tour d’honneur, je me disais que j’aimerais bien y jouer un jour. Et j’ai une chance que ça arrive cette année (le week-end du 20 avril 2019). C’est beau…

Combien d’invitations te faudra-t-il ?
Beaucoup ! Je compte sur vous (rires) !

Y.F.

 

*Le 8 juin 2014, la « Selecioun » – équipe exclusivement composée de joueurs nés sur le territoire de l’ancien Comté de Nice – remportait en Suède la Coupe du Monde de la ConIFA, rassemblant les « nations » non-affiliées à la FIFA.